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Immigration clandestine: La Méditerranée, une «vaste fosse commune» des africains!

Francis Taky
Francis Taky

Affamés, persécutés, blessés, exploités, victimes de guerres. Ils cherchaient une vie meilleure, ils cherchaient le bonheur.” . Pape François.

Et oui ! Ils cherchaient le bonheur. Mais quel est ce bonheur qui finit par les emporter dans les tréfonds de la méditerranée ? Les arguments avancés pour certains pourraient être justes. Cependant, pour beaucoup d’entre eux, ce ne sont que des subterfuges pour quitter un continent marqué par la corruption, la mal gouvernance, la gabegie, la collusion au sommet des Etats. Il n’existe pas assez de mots pour exprimer les maux de l’Afrique. Nous ne ferons pas de polémiques autour des motivations réelles de ces candidats à la mort. Ils connaissent très bien le danger d’une telle aventure. Mais que pouvons-nous faire pour dissuader quelqu’un qui croit absolument que son bonheur se trouve sur le vieux continent ? Difficile mais pas impossible. Si seulement si, nos dirigeants prenaient la peine de penser à un partage équitable de nos ressources et une juste redistribution des richesses nationales, nous n’en serions pas là. Hélas ! Dans la nuit de samedi 18 à dimanche 19 avril, «  jusqu’à 700 migrants en quête d’une vie meilleure auraient trouvé la mort au cours du naufrage d’un chalutier à environ 130 km des côtes libyennes. Cette catastrophe serait l’une des plus meurtrières de toute l’histoire de l’immigration. Un lourd bilan qui vient s’ajouter à celui des 450 migrants disparus en mer la semaine dernière. Le bilan pourrait être bien plus lourd. Selon le parquet de Catane (Sicile), l’un des 28 survivants de la tragédie a mentionné la présence de 950 personnes à bord de l’embarcation, dont environ 200 femmes et 50 enfants ». Triste réalité. Le bilan de l’hécatombe pourrait être plus lourd. Ce naufrage est considéré comme la plus grande tragédie de l’immigration clandestine. Combien de jeunes   africains n’ont-ils pas échoué comme des baleines sur les rives l’île italienne de Lampedusa ? Et ce, par la faute des passeurs : véritables marchands de la mort. Des “terroristes” selon le mot du président Hollande. « Ceux qui mettent des personnes sur les bateaux, ce sont des trafiquants, ce sont sans doute même des terroristes, parce qu’ils savent parfaitement que ces bateaux sont pourris et qu’ils vont même les détruire en pleine mer et mettre des centaines de personnes en danger, en l’occurrence, là, en danger de mort », a-t-il dit. La faute est aux passeurs qui de toute évidence en sont des responsables de ces tragédies, certes. C’est d’ailleurs pour cela qu’ils mènent leurs activités de manière clandestine. Etant donné qu’ils sont conscients du danger et du caractère illégal de leur activité. Sans cœur, ils agissent à sang froid. Pauvre Afrique ! Quittons cependant, un instant, l’émotion pour nous projeter dans un passé récent. Quand sous les balles assassines de Nicolas Sarkozy, on mettait à mort le guide libyen, que devront-nous attendre en retour ? La déstabilisation de cette partie de l’Afrique a ouvert la porte à l’immigration clandestine. Le contrôle et la garde des côtes pouvaient-ils se faire dans un climat d’instabilité ? Alors que chacun assume sa part de responsabilité. Les chefs d’Etats africains en premier.

Francis Taky

Journaliste-Ecrivain

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