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Exécution sommaire de Traoré Mamadou dit Zama-Des ONG des Droits de l’Hommes réclament une enquête : «Nul n’a le droit de se faire justice soi-même.»

Gnenema CoulibayExécution sommaire de Traoré Mamadou dit Zama-Des ONG des Droits de l’Hommes réclament une enquête : «Nul n’a le droit de se faire justice soimême.»

  1. LES FAITS

Le mardi 14 avril 2015, le nommé Traoré Mamadou dit ZAMA, présumé chef de gang des « microbes » a été appréhendé dans la commune de Yopougon par des habitants de la commune d’Attécoubé. Transporté dans cette dernière commune, il a été par la suite pris à partie par une foule en colère qui l’a égorgé, découpé, et brûlé.

La presse qui a largement rendu compte de cet évènement tragique dont les images atroces et barbares ont inondé les réseaux sociaux, fait état de l’absence de la police sur les lieux du drame, qui s’est même déroulé sous les yeux d’une foule nombreuse et particulièrement excitée constituée majoritairement d’enfants et de jeunes.

  1. ANALYSE DES FAITS 

Le nommé Traoré Mamadou dit ZAMA, bien connu des services de la police est soupçonné d’être à l’origine des nombreuses agressions à main armée dont sont victimes, depuis environ cinq ans les populations du District d’Abidjan et notamment de la Commune d’Attécoubé.

La police nationale, en dépit les moyens légaux et logistiques dont elle dispose, n’a pu jusqu’alors mettre la main sur cet individu jugé dangereux au regard des nombreux crimes qui lui sont attribués.

Il a fallu des populations au comble de l’exaspération devant la récurrence des agressions dont elles sont victime pour mener une battue, le retrouver en quelques jours et lui faire connaître le sort qui lui a été réservé le 14 avril 2015.

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Cet acte qui relève d’une justice populaire absolument expéditive, résulte selon les témoignages des habitants de cette commune de la passivité de la police et de toutes les forces commises à la sécurité des personnes des biens et des personnes devant la persistance du phénomène des « microbes ».

Une telle perception de l’attitude de nos forces de sécurité nous fait craindre une multiplication de telles sentences populaires ; pourtant, non seulement elles sont de nature à soustraire ces malfrats aux rigueurs de la justice mais elles contribuent aussi à brouiller les pistes visant à démanteler les réseaux criminels, créant ainsi les conditions de l’impunité pour leurs commanditaires et complices.

Ainsi, se fondant sur l’Article 102 de la Constitution ivoirienne du 1er août 200o qui stipule clairement que : « La Justice est rendue sur toute l’étendue du territoire national au nom du peuple par des Juridictions suprêmes(…) des tribunaux » et qui suggère dans la conscience populaire que «2  nul n’a le droit de se faire justice soi-même », les organisations signataires de ladite déclaration recommandent :

 

  • RECOMMANDATIONS :
  • A la police
  • Ouvrir une enquête diligente et approfondie sur :
  • les circonstances de l’exécution sommaire de Traoré Mamadou dit ZAMA ;
  • les commanditaires, les complices et tous ceux qui entretiennent ces réseaux criminels dont « les microbes » constituent la face visible, afin de démanteler le réseau et en réprimer tous leurs auteurs ;
  • Faire preuve de présence, de professionnalisme et d’efficacité afin d’assurer la sécurité des populations, les rassurer et leur éviter de se rendre justice ;

 

  • Au gouvernement
  • Equiper la police et multiplier les brigades de mineurs ou les équipes de police de proximité ;
  • Lutter contre le chômage des jeunes, « l’oisiveté étant la mère des vices ».
  • Rendre l’école obligatoire conformément aux recommandations du Pacte international relatif aux droits économiques et sociaux cultuels (PIDCP), et la charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant…. auxquels la CI est partie
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  • Aux populations :
    • Eviter de se rendre justice pour ne pas s’exposer à la rigueur de la loi ;
    • Recourir et collaborer avec la police et toutes les forces régaliennes sur toutes les questions de sécurité.

Abidjan, le 20 avril 2015

Ont signé :

L’ACAT CI : L’Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture de Côte d’Ivoire ;

  • Président : Paul ANGAMAN

L’Action pour la Protection des Droits de l’Homme ;

  • Président : Denis YORAUBAT

Le CIDH : Le Comité Ivoirien des Droits de l’Homme ;

  • Président : FONDIO Bazoumana

La LIDHO : La Ligue Ivoirienne des Droits de l’Homme ;

  • Président : Pierre Adjoumani KOUAME

L’OIDH : L’Observatoire Ivoirien des Droits de l’Homme ;

  • Président : Eric-Aimé SEMIEN

 

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