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Abidjan-JULIEN KOUAO : «LA COTE D’IVOIRE EST UNE DÉMOCRATIE A PENSÉE UNIQUE ; DONNER UNE VALEUR COUTUMIÈRE A L’AFFAIRE COMPAORE; LES ÉCOUTES TÉLÉPHONIQUES POURRAIT INFLUENCER NÉGATIVEMENT…»

juriste politiste

Il est connu pour ses positions et décryptages sur la vie sociopolitique, tranchant avec l’opinion répandue sur la scène sociopolitique africaine et particulièrement ivoirienne. Sa dernière sortie-ci, en dit encore  long sur une trajectoire inchangée du libre penseur. Décryptage à travers  un entretien avec ‘’ledebativoirien.net’’ qui vous emporte dans l’esprit et  pensée d’un politiste-analyste spécialiste de la science  politique internationale et constitutionnelle. Entretien !

 

Geoffroy Julien Kouao, dans une de vos chroniques sur votre page Facebook, vous parliez «du crépuscule des temps impolitiques en Côte d’ivoire en 2016».  L’actualité politique ne va-t-elle pas dans ce sens ?

L’intellectuel est moins un diseur d’avenir qu’un lanceur d’alerte. Parce que lecteur de la littérature politique et observateur de la vie politique, l’intellectuel a assez de recul pour analyser et saisir l’évolution politique dans son environnement. En m’essayant à cet exercice,  j’observe que 2016 sera une année, politiquement, mouvante et novatrice.

Pouvez-vous être plus explicites et simplistes pour nos lecteurs ?

La politique est d’abord et avant tout l’affaire des porteurs d’idées. C’est quand vous avez des idées bien structurées que nous venez sur l’espace public. Et, dans cet espace,  vous cherchez à avoir la légitimité des populations pour  la concrétisation de vos idées. C’est ça la politique. Or, en Côte d’ivoire, depuis deux décennies, on assiste à une dévalorisation des idées politiques au profit des antivaleurs.

Ce qui influence négativement le casting politique. L’élection présidentielle de 2015 est une lueur  d’espoir pour le retour aux idées politiques. Encore faudrait-il rapidement faire de l’espace public, un lieu de débats politiques contradictoires. Puis-je vous posez une question M. Le journaliste ?

décryptage de Julien KouaoAllez-y, je vous en prie.

Merci. Avez-vous une fois vu ou écouté, de mémoire de journaliste, MM Bédié, Ouattara, Gbagbo, Fologo, Soro, Duncan, Affi, Seydou Diarra, Patrick Achi  etc. Dans un débat public contradictoire à la télévision, à la radio?

Non, mais quel rapport avec la démocratie ?

Et justement, c’est là, l’abîme de notre démocratie. L’absence de débat contractoire. Seul le débat contradictoire enfante l’intelligence politique. Le débat public contradictoire est, par excellence, l’instrument de sélection de l’élite politique dans un Etat. Notre pays est une démocratie à pensée unique. Nos gouvernants et opposants n’aiment pas la contradiction. Et cela est manifeste à travers le monopole de la RTI nonobstant les alternances politiques obtenues.

Regardez bien, quand M. Bédié était au pouvoir il était le seul visible à la télévision, et audible à la radio. Guei en fut de même, M. Gbagbo également, M. Ouattara perpétue la tradition. C’est pourquoi, je ne cesse de  dire et d’écrire que, la première revendication démocratique à faire actuellement, c’est l’ouverture de l’espace audiovisuel. Pour écouter et voir un débat contradictoire entre politiques, intellectuels et acteurs civils ivoiriens sur les thématiques ivoiriennes, il faut aller sur les chaînes de télévisions et de radios étrangères. C’est ridicule. Pour un Etat qui se veut démocratique.

Geoffroy-julien kouao en faisant référence à votre chronique, je voulais faire allusion à l’actualité politique avec le mandat d’arrêt lancé par le Burkina contre Soro Guillaume. Qu’en pensez-vous ?

julien  kouaoC’est une affaire complexe parce que se situant au confluent du droit et de la politique. Et l’affaire connait des rebondissements avec la diffusion,  par RFI, de nouvelles conversations impliquant le patron de l’armée ivoirienne. Vous savez, en droit pénal, la personnalisation des  inculpations et des sanctions fait que l’affaire, en principe, ne concerne que M. Soro, M. Soumaila, personnes physiques de droit privé. Il leur appartient d’organiser leur défense.

 Cependant, on ne peut occulter les hautes fonctions exercées par ces personnes au niveau de l’Etat.  Les faits qui leur sont reprochés l’ont-ils été  à titre individuel ou ont-ils reçu mandat de l’Etat de Côte d’ivoire pour le faire ? Sont-ce des allégations mensongères pour ternir l’image des personnes mises en cause ?  Seul un procès judiciaire peut apporter les réponses idoines. Mais, est-il nécessaire d’y aller ?

La diplomatie ne peut-elle pas s’en charger ? Personnellement, je penche pour cette dernière option et il faut faire vite juriste politistecar, on ne sait pas ce que nous réservent d’éventuelles nouvelles écoutes téléphoniques.

Quelles sont, selon vous, les conséquences  de cette affaire ?

D’abord, des conséquences diplomatiques. Vous savez la Côte d’Ivoire et le Burkina sont deux Etats siamois historiquement, géographiquement et sociologiquement. Tout ceci peut voler en éclat. En sus, cette affaire, mal gérée peut ternir, considérablement, l’image de la côte d’ivoire auprès de l’opinion publique africaine qui pourrait classer notre pays parmi les Etats voyous.

Ensuite, des conséquences politiques.  Rappelez-vous, l’affaire du mandat d’amener contre M. Soro, en France, a fait tomber le gouvernement Duncan II. L’affaire des écoutes téléphoniques pourrait influencer négativement la
vie politique nationale. Et même sous régionale. Mais, je pense que la présence M. Compaoré en Côte d’ivoire influence considérablement l’attitude des autorités de Ouagadougou.

julien  kouaoEt, justement, concernant la demande d’extradition de M. Compaoré,  comment le président Ouattara peut-il régler ce problème ?  

Vous savez, on règle les problèmes d’ordre judiciaire en faisant référence, de préférence, à la jurisprudence. Quant aux problèmes politiques, c’est la coutume qui nous donne, souvent, la solution.

Et relativement à l’affaire Compaoré, Abidjan peut prendre le cas de l’empereur Bokassa, qui a séjourné en Côte-d’Ivoire après sa chute, et lui donner une valeur coutumière. C’est simple. 

La rédaction du ‘’le debativoirien.net vous remercie  pour vos analyses M. julien Kouao !

C’est  moi qui vous remercie  pour cette ouverture suer la liberté d’expression et d’opinion.

REALISEE

PAR HERVE MAKRE

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