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CPI-Procès Gbagbo-Blé-Goudé : «LAURENT GBAGBO N’EST PAS UN ENNEMI DE L’ORDRE MONDIAL; LAURENT GBAGBO EST UN AMI DE SON PAYS », Bernard Houdin

Invité par la chaîne en ligne lafriquenouvelle.info, Bernard Houdin, conseiller du président Laurent Gbagbo démontre les limites de la CPI où est incarcéré Laurent Gbagbo, l’ex-chef d’Etat ivoirien. Pour Houdin, le procès qui se déroule à La Haye ne devrait pas connaître une longue durée au vu des soi-disant témoins à charge présentés par Fatou Bensouda qui perdent leur latin devant la cour.

  Bernard Houdin vous êtes connu pour être l’ami personnel du président Laurent Gbagbo. Alors à cette reprise du procès quel est votre sentiment ?

Mon sentiment est que ce procès à trop duré. La dernière séquence qui a lieu au mois de mars, avec le témoignage de Sam l’Africain, a démontré, parce que c’était un témoin de l’accusation, rappelons quand même que Sam l’Africain venait au nom de l’accusation, et qu’il a totalement volontairement où involontairement, mais de façon tout à fait spontanée, je pense démontrer que le cas du président Gbagbo à La Haye, est un cas qui n’aurait pas dû exister. Nous allons nous replacer dans une perspective historique. Ce procès je le vois très mal se prolonger. D’abord à cause de la situation en Côte d’Ivoire et puis du fond du dossier.

houdin berVous dites à cause de la situation de la Côte d’Ivoire, vous pouvez être un peu plus explicite ?

Vous savez, derrière les grands mots de la croissance, de l’émergence etc., on a une Côte d’Ivoire qui s’enfonce, une population qui se paupérise, une crise sociale et politique qui est en train de se développer. Je dirais de se métastaser, que tous les dangers sont en face de nous. La voix du président Gbagbo est une voix prépondérante et cette voix-là, qui peut apaiser la situation dans le futur, parce que je vois mal, l’évolution de la Côte d’ Ivoire dans les semaines et les mois à venir.

Cette décomposition de la Côte d’Ivoire ne profiterait-elle pas aux multinationales, comme cela se passe au Congo depuis plusieurs années ?

Vous savez, il est évident, on le répète régulièrement souvent, l’Afrique a été colonisée, décolonisée. Mais cette décolonisation était en trompe-l’œil,  c’est une décolonisation ‘‘à caractère politique’’, mais le fond du problème reste. Vous parlez du Congo, c’est évident mais on pourrait parler du Nigeria, Niger, etc. Et le cas de la Côte d’Ivoire est fondamental.

Le président Gbagbo n’est pas un ennemi de l’ordre mondial. Laurent Gbagbo est un ami de son pays. Il souhaite que son pays soit respecté comme n’importe quel autre pays. Je vous donne un exemple français. Quand le président De Gaulle est venu au pouvoir en France, jetais gamin, je revenais souvent d’Afrique, je voyais sur les murs des bâtiments en banlieue Parisienne ‘‘US go home’’. Les Américains dehors. C’était le parti communiste qui écrivait ça depuis la fin de la deuxième guerre  mondiale. Quand De Gaulle est arrivé au pouvoir, il a chassé les bases américaines en France. Ce n’est pas un communiste.

Mais quand les Américains ont eu le problème de Cuba, l’histoire des fusées, Kennedy contre Khrouchtchev, le premier homme politique, le premier chef d’Etat qui a dit si les Américains rentrent en guerre je serai avec eux, c’est le général De Gaulle. C’est-à-dire qu’au même moment où il demandait sa souveraineté, il préservait son amitié avec les Américains. Le président Gbagbo, c’est dans cet état d’esprit. La souveraineté de la Côte d’Ivoire, les bonnes relations y compris avec la France et en particulier la France.

Rappelons-nous que sous le président Gbagbo, que ce soit le groupe Bolloré, le groupe Bouygues y compris les pétroliers de Total, n’ont jamais perdu leurs intérêts en Côte d’Ivoire, mais dans des conditions ou on respectait la souveraineté nationale.

 Alors selon vous aujourd’hui, sans être des prophète, n’avez-vous pas le sentiment que le procureur cache quelque part des témoins de taille qui pourraient accabler le président Laurent Gbagbo. Tel que le général Mangou qui a été déjà dévoilé par la CPI?

Pour des raisons historiques, j’ai eu à connaitre le procureur actuel de la CPI, il y a très longtemps, je l’ai écrit dans un livre. Si la Cour pénale, si le procureur avait aujourd’hui des témoins clés, il aurait sorti les témoins clés au moment l’enquête préliminaire, et du procès préliminaire alors que procès préliminaire s’est terminé, avec un renvoi du président Gbagbo dans des conditions extrêmement précaires.

Parce que je rappelle qu’une des juges, la juge belge qui n’a pas changé d’avis entre 2013 et 2014, a quand même écrit noir sur blanc dans son opinion, le dossier de la cour, le dossier du procureur n’était que des ouïes-dire anonymes, des coupures de presse, des rapports d’ONG sans valeurs juridiques, et que si la CPI faisait un procès à Gbagbo dans ces conditions elle ne pouvait que le perdre. On avance vers ça.

S’ils, avaient eu de vrais témoins il y a longtemps que ces témoins seraient là. Vous m’avez parlé du général Mangou, je peux vous parler du général Kassaraté, vous avez parlé de Sam l’africain, il est venu et on a vu. Et il a perdu le procureur. Comment Kassaraté, comment Mangou vont venir, alors que le 7 avril, ils étaient dans le bureau du président à parler de la défense d’Abidjan. Comment ces gens-là, puisque Gbagbo est soi-disant le co-auteur, ils deviendraient des auteurs. Comment se fait-il que les auteurs soient des ambassadeurs du Gabon et du Sénégal, ils devraient être à la CPI. Alors faire venir monsieur Mangou et monsieur Kassaraté, j’attends avec beaucoup de sérénité et beaucoup d’intérêt. Puisque la France est pointée comme étant le pays qui a fait emprisonner le président Laurent Gbagbo.

Quel pourrait être le rôle de la France dans la libération du président Laurent Gbagbo ?

Quand on parle de la France, parlons des gouvernements. Le gouvernement  de l’époque, c’est le gouvernement du président Sarkozy. On sait ce qu’il en a été en 2011. Aujourd’hui Sarkozy n’est pas au pouvoir, les gens qui sont au pouvoir, moi je peux vous dire que je les croise régulièrement, ils sont très partagés au niveau du pouvoir actuel sur la position par rapport au président Gbagbo et pas que les socialistes en particulier. Ce n’est pas la France, mais une certaine France, certains intérêts français. Je dirai que c’est là qu’on va voir cette forme de continuité de l’Etat.


Comment le pouvoir français actuel va se sortir de l’ornière dans laquelle s’est installée le pouvoir de Sarkozy. Comment Sarkozy a mis la France dans cette affaire. Je prends un exemple, il y a un livre qui vient de sortir qui critique la Cour pénale et l’auteur dit à un moment donné, qu’en pensant envoyer  un président en titre Laurent Gbagbo à la CPI.  La CPI croyait pouvoir donner le coup de départ. Il dit en fait, les conditions dans lesquelles a été envoyé monsieur Gbagbo et les conditions du dossier, font que selon celui, c’est un cadeau empoisonné.

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