S’il y a l’un des innovateurs qui a attiré l’attention du grand public, lors de la semaine de promotion de la recherche scientifique qui s’est tenue récemment à Abidjan, c’est bien le français Quesnel François. Celui-ci a mis à la  disposition des consommateurs plusieurs liqueurs faites à partir du koutoukou. L’équipe de reportage de ledebativoirien.net s’est rendu sur son lieu de travail. Découverte!

Au Sud-Ouest de la Côte d’Ivoire. Le ‘’koutoukou’’, boisson obtenue à partir  de la fermentation du vin de palme  est une liqueur eau de vie  à l’ivoirienne. Elle  très prisée dans cette partie du pays, mais également dans tout le pays. Et même dans tous les pays du continent où poussent des palmiers.

Si pendant longtemps cette liqueur a été considérée par les Ivoiriens comme un bon apéritif et comme la boisson des démunis, dont la vente ne se  limite qu’aux bas peuple,  aujourd’hui,  grâce à ses recherches, le français Quesnel François  tente de la valoriser. Et ce, en la faisant sortir de  son stade de boisson africaine dont la dose et la qualité ne sont pas maitrisées vers  les  normes aux  standards internationaux.

C’est à Yaou, un petit village situé aux encablures de Bonoua, ville située à 40 km d’Abidjan non loin de  la capitale  touristique  ivoirienne inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco, Grand-Bassam ; que Quesnel François, qui a foulé  pour la première fois le sol ivoirien, en 2013 a installé sa petite unité de transformation et d’autres produits dérivés. Ce Français, qui pendant dix ans a fait les beaux jours de grands restaurants à Paris et à Rome, est  aujourd’hui Chef-Exécutif du Wafou à Biétry, dans la capitale économique  ivoirienne.

Son hobby

Grand professionnel de l’alimentation et connu sur l’échiquier international pour avoir animé plusieurs conférences sur ce sujet : ‘‘l’innovation et la provocation d’émotion en matière de cuisine’’, ont été les maîtres-mots qui l’ont  toujours guidé dans ses recherches.

Vainqueur du prix de l’Innovation du patronat 2015 que lui a décerné  la Direction de la Promotion, de la Valorisation des Résultats de recherche et de l’Innovation Technologique (DPVRIT), il a déjà concilié les mets ivoiriens aux mets européens, lors des grandes cérémonies. Installé à Yaou, ce cinquantenaire s’est vite rendu compte que le ‘’koutoukou’’ qu’il appelle comme les ‘’noussi’’ (pratiquants de  l’argot ivoirien), ‘’Gbêlê’’, était une boisson qui ne quittait pas le verre des ivoiriens.

C’est ce qui l’a motivé à utiliser cette liqueur comme matière première dans la fabrication d’autres liqueurs. Dans son restaurant l’Eléphant Gourmand situé en bordure de route dans ledit village, se  trouvent exposées toutes ses liqueurs obtenues de la macération du ‘’koutoukou’’ et d’autres jus de fruits locaux.

 Ainsi, à partir du jus d’ananas, de citron, orange, gingembre, bissap, et de soumara, ajouté au koutoukou,  il a fabriqué des liqueurs dosées à 25° et des eaux de vie à 42°.

Cette boisson est contenue dans des bouteilles de 0.75 cl, le tout recouvert d’un bouchon rouge identique à la Cire de France ou à la Cire du roi,  donnant un cachet international à cette liqueur faite à base de produits locaux.  A travers leurs bouchons, ces différentes liqueurs se rapprochent de la culture européenne et à travers leur goût, elles restent de purs produits ivoiriens qui ont été récemment présentés à Paris par la Côte d’Ivoire, lors du salon de l’agriculture 2017.

 Enfin le degré connu

Au maquis rôtisserie de  l’Eléphant Gourmand, le client découvrira également les eaux de vie comme le  Brandy de Palmier, qui est du koutoukou  à 42°, passé en fût de chène. La liqueur chocolat (koutoukou + chocolat), le Nectar Hibiscus (citron+bissap+koutoukou), le cocktail (coco dur + koutoukou), liqueur de Brandy, BLA koutoukou obtenu comme un cognac à base d’une double distillation réalisée avec son alambic en cuivre, sont autant de liqueurs et eaux de vie que propose l’inventeur à sa clientèle en dégustation gratuite.

Mais le chef-exécutif du Wafou n’a pas pensé seulement qu’aux consommateurs d’alcool.  Sont disponibles dans son restaurant toute la famille des cocktails sans alcool. Une variété de sirop faite à base de produits locaux (sirop de tamarin, hibiscus…) est mise à la disposition des clients. Le responsable du restaurant s’est réjoui du chiffre d’affaire qu’il a réalisé l’an dernier. Cette année, il compte doubler ses ventes.

Outre la liqueur et la limonade, le technicien culinaire et en charcuterie, propose à sa clientèle une cuisine africaine  de bonne qualité. Son objectif aujourd’hui est d’agrandir la gamme de confiture faite à base d’ananas, de citron, papaye, mangue etc. L’expert en gastronomie souhaite également avoir un atelier, pour accroître sa production de piment en poudre, de production de charcuterie. Produire des conserves et pâtés à base d’agouti, ou de viandes de brousse, sont autant de projets qu’il aimerait  réaliser pour le bien de la cuisine ivoirienne.

Vue comme la boisson des  pauvres, le ‘’koutoukou’’ sort de cette zone. Mais quel  prix ?

Aka JM

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