Les Journées médicales d’Abidjan, ouvertes à Grand Bassam, ce mercredi 10 mai 2017, ont permis au professeur Maurice Kakou Guikahué de passer le flambeau à la jeune génération de cardiologues,  qui  ont été faits Maîtres de Conférence Agrégés pour certains et Professeurs Titulaires pour d’autres. Le privilège lui est revenu de donner cette année, la Conférence Inaugurale du Congrès, une charge traditionnellement dévolue à un cardiologue invité, le Professeur Edmond Bertrand en 2013 et le Dr Jean Jacques Monsuez de la Société Française de Cardiologie, en 2015.

La Société Ivoirienne de Cardiologie et les Congressistes venus d’Europe plus précisément de France, d’Afrique et des Caraïbes avec Dr HEDREVILLE de Guadeloupe, leur chef de délégation, aux assises de AFRICARDIO, prennent part. au 3ème Congrès International de Cardiologie d’Abidjan -AFRICARDIO 2017, avec pour theme: « Cardiologie en Afrique Subsaharienne. Défis et Perspectives en 2017 ».

Le professeur  Maurice Kakou Guikahué à rappelé que, depuis avril 2013 a été décidé de l’organisation dudit Congrès International d’Abidjan avec le concours de la Société Tunisienne de Cardiologie. Ce congrès soutient-il s’est transformé en une biennale de retrouvailles autour de thématiques précises.

En 2013, à Abidjan, les congressistes ont échangé autour de la Pratique de la Cardiologie en Afrique Subsaharienne. Au cours de ce premier congrès, a été  établi clairement que les bases des bonnes pratiques cardiologiques existaient en Afrique.

En 2015, à Yamoussoukro,  capitale politique ivoirienne a été    scanning  de la pathologie coronaire dite jadis rare chez le Noir. A ce Congrès également la preuve des ravages de la pathologie coronaire a été faite. Un consensus s’est alors dégagé dans la prise en charge de première intention dans les situations difficiles par l’utilisation de l’Aspirine.

“Cette année à Grand-Bassam, cite balnéaire, ville historique classée au Patrimoine de l’UNESCO, nous avons décidé de parler des Insuffisances cardiaques, fléau cardiovasculaire du 21 ème Siècle. Nous gardons l’espoir que les échanges au cours de cette troisième rencontre, nous permettront de mesurer nos capacités réelles pour la prise en charge de ce syndrome”, soutient Pr Maurice Kakou Guikahué.

Les Défis sont multiples car inhérents à l’exercice même de la médecine et de surcroît de la cardiologie. Ces  défis sont humains, financiers et organisationnels.

Les défis humains: c’est l’insuffisance du personnel spécialisé dont la repartitIon spatiale dans un même pays est déséquilibrée.

En Afrique  subsaharienne peuplée de près d’un milliard d’habitants, nous n’avons que cinq cents(500) cardiologues soit un ratio de un cardiologue pour 1.942.000 habitants tandis que  la France compte cinq mille (5000) cardiologues soit un ratio de un cardiologue pour 13.600 habitants.

La Cote d’Ivoire avec ses soixante (60) cardiologues a un ratio de un cardiologue pour 383.335 habitants.

Les défis financiers. Notre situation de pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire ne nous permet pas d’acquérir à profusion des équipements obligatoires pour une pratique performante et sécurisée de la cardiologie qui est une spécialité chère.

Le coût moyen actuel d’un bon traitement anti hypertenseur qui répond aux objectifs de réduction des chiffres tensionnels et de protection des organes cibles est en moyenne de vingt cinq (25) mille FCFA par mois soit presque la moitié du SMIG en Côte d’Ivoire.

La prise en charge d’un Infarctus du Myocarde soigné dans de bonnes conditions (diagnostiqué avant la 6ème heure, ayant bénéficié d’une thrombolyse et ensuite d’une Angioplastie coronaire) est de un million (1. 000.000) FCFA. L’intervention chirurgicale d’une cardiopathie congénitale simple d’un nourrisson ou enfant est de un million cinq cents mille (1.500.000) FCFA. La Pose d’un pacemaker revient à deux millions cinq cents mille(2.500.000) FCFA.

 Les défis organisationnels. Le manque de systèmes de couverture santé organisés pour la mutualisation du risque maladie.

 Les perspectives  

Le rayonnement des Sociétés savantes, l’accélération de la formation, la création de centres régionaux et le développement des systèmes de couverture médicale.

Le rayonnement des Sociétés savantes par la poursuite des réunions internationales thématiques pour un meilleur partage d’expériences et le renforcement des campagnes de sensibilisation contre les Facteurs de Risque.

L’accélération de la formation. La formation d’un cardiologue est longue car c’est une spécialité qui nécessite onze(11) années d’études.

La Côte d’Ivoire compte soixante(60) cardiologues et également cinquante quatre (54) Ivoiriens  actuellement inscrits au Certificat d’Etudes Spécialisé (CES) de Cardiologie. Si la cadence de dix(10) cardiologues par an est maintenu, le pays sera près du but avec quatre vingt- dix(90) cardiologues, qui amènera à un ration de un cardiologue pour deux cent soixante onze(271) mille habitants.

“Le projet de couverture médicale universelle constitue pour nous, un espoir. Le financement particulier de la cardiologie est devenu obligatoire, car en 2030, selon l’Organisation Mondiale de la Santé, l’Afrique subsaharienne sera le berceau des Maladies cardiovasculaires qui auront décliné dans les pays industrialisées”, termine  Pr Maurice KAKOU GUIKAHUE, Président de la SICARD.

Grace Ozhylly

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