Les victimes des déchets toxiques de Côte d’Ivoire annoncent une grève  illimitée de la faim, dès le mardi 20 juin 2017 devant l’Assemblée nationale   pour exiger la levée de l’immunité parlementaire de l’ex-ministre Adama Bictogo. C’est ce qu’a déclaré, jeudi 1er juin, le Bureau exécutif national du réseau national pour la défense des droits des victimes des déchets toxiques de côte d’ivoire (Renadvidet-ci), par la voix de son président Charles Koffi.

«Nous voulons d’abord et avant tout remercier solennellement M. Alassane OUATTARA, Président de la République de Côte d’Ivoire pour l’avancée de notre dossier et pour cause :

Courant l’année 2012, suite à la parution du mensuel «Jeune Afrique» dénonçant l’implication de M. ADAMA BICTOGO, alors ministre de l’Intégration Africaine du gouvernement ivoirien dans le détournement des fonds alloués à l’indemnisation des victimes des déchets toxiques, ce dernier a été débarqué dudit gouvernement par le Président Alassane Ouattara pour répondre de ses actes devant la justice», explique Charles Koffi à sa sortie du Tribunal de Commerce d’Abidjan.

«Aussi poursuit-il, suite à une manifestation des victimes des déchets toxiques devant le siège du RDR sis à Cocody pour s’insurger contre la nomination de KONE Cheick Oumar, prévenu dans le procès relatif au détournement de l’indemnisation des victimes des déchets toxiques au poste de Président du comité d’organisation du tournoi ALLASSANE OUATTARA, ce dernier l’a également débarqué dudit poste à l’effet d’éviter d’entacher la crédibilité de cette manifestation sportive.

Et depuis lors, exception faite de l’intérêt personnel de certains magistrats dans la gestion de ce dossier au profit des bourreaux des victimes, l’affaire a connu pourrait-on dire son épilogue judiciaire sur la responsabilité pénale et civile des mis en cause à travers l’arrêt de la cour d’appel d’Abidjan en date du 27 Juillet 2016 condamnant à 20 ans de prison ferme et à 3 millions de F CFA d’amende tous les prévenus dans cette affaire ».

Et de  marquer son étonnement : «Mais curieusement et contre attente, ces individus sont en liberté pendant que les victimes, leurs victimes continuent de faire le siège de la justice pour espérer rentrer en possession de leur indemnisation foulée au pied par des décisions grotesques de justice prises en violation flagrante de toutes les règles de droit et du bon sens.

C’est pourquoi, nous sollicitons une fois encore qu’il plaise à M.  le Président de la République en sa qualité de premier Magistrat de notre pays  de faire en sorte que la justice, notre justice puisse rassurer les justiciables que nous sommes ce, par le respect des décisions prises ; cela suppose l’arrestation immédiate de KONE Cheick Oumar, GOHOUROU Ziallo Claude François et autres condamnés en dernier ressort par les juges de fond de la cour d’ appel du Plateau et le remboursement de l’ indemnisation des victimes des déchets toxiques ».

Pour rappel, suite à la cession par le cabinet d’Avocats Anglais dénommé LEIGH DAY AND CO   de la gestion des fonds destinés à l’indemnisation des victimes des déchets toxiques à la prétendue Coordination Nationale Des Victimes Des Déchets Toxiques de Côte d’Ivoire (CNDVT-CI), des malversations criardes sur ladite gestion ont été constatées par leur bénéficiaire.

Une plainte a été déposée devant le procureur de la République par les victimes courant l’année 2009 puis réactivée le 27 Juillet 2011 après la crise postélectorale.

Au terme de l’enquête préliminaire relative à ladite plainte diligentée par la Direction de la Police Economique et Financière, M. Adama BICTOGO a été mis en cause dans le détournement de la somme de 600 millions de F CFA destinés à l’indemnisation de 824 victimes des déchets toxiques anciennement clientes du cabinet LEIGH DAY AND CO, membres du RENADVIDET-CI.

«Aussi, pendant cette enquête préliminaire KONE Cheick Oumar l’un des mis en cause aurait affirmé avoir remis en mains propres la somme de 400 millions de F CFA à M. Adama BICTOGO, ce qui pourrait porter le montant du détournement dont il est auteur à 1 milliard de F CFA au préjudice de 1374 victimes étant entendu qu’officiellement à ce jour 6.624 victimes des déchets toxiques membres du RENADVIDET-CI n’ont pas encore reçu leur indemnisation.

Eu égard au résultat de cette enquête préliminaire, une information judiciaire a été ouverte par le Procureur de la République au 1er Cabinet d’Instruction du Plateau courant l’année 2012.

Au terme d’une déclaration en date du 25 Juillet 2012 faite par le Procureur de la République à travers l’organe de presse « FRATERNITE MATIN », celui-ci a affirmé qu’eu égard à l’immunité parlementaire dont jouit M. Adama BICTOGO, député à l’Assemblée Nationale, laquelle immunité n’ayant pas été levée par cette institution, ce dernier ne pouvait pas être pénalement poursuivi. Toutefois, il a indiqué à son encontre une action en répétition de l’indu, c’est-à-dire en remboursement de ce qui ne devait pas lui être dû ».

Mais pour que cette action puisse valablement prospérer il aurait fallu que les victimes eussent attendu la dernière décision des juges de fond, c’est-à-dire la décision de la Cour d’Appel confirmer la responsabilité pénale des autres auteurs, Co auteurs ou complices dudit détournement en l’occurrence M.M. Koné Cheick Oumar, GOHOUROU ziallo Claude François, DIGBEU Léocadie, AWA N’DIAYE épouse M’BAYE et ACCESS BANK CÔTE D’IVOIRE devenue AFRILAND FIRST BANK CÔTE D’IVOIRE.

Et depuis le 27 Juillet 2016, la Cour d’appel du Plateau en sa première chambre correctionnelle a confirmé le jugement du Tribunal en date du 13 Janvier 2015 en condamnant en dernier ressort ces derniers à 20 ans de prison ferme et à 3 millions de F CFA d’amende  chacun  pour abus de confiance, complicité d’ abus de confiance et blanchiment de capitaux portant sur la somme de 4,658 milliards de F CFA dans laquelle M. Adama BICTOGO a indument reçu la somme de 600 millions de F CFA et ACCESS BANK devenue AFRILAND FIRST BANK à 21 milliards de FCFA d’amende pour méconnaissance des préventions de blanchiment de capitaux.

Sur le fondement de cet arrêt, 824 victimes des déchets toxiques, membres du RENADVIDET-CI concernées par ledit détournement ont décidé d’assigner M. ADAMA BICTOGO, la MLBA CONSULTING dont il est le représentant légal, société commerciale sur le compte duquel a été viré cet argent détourné et autres en remboursement de la somme de 600 millions de F CFA sans préjudice des dommages et intérêts ce, depuis Avril 2010 date prévue pour l’indemnisation des victimes susvisées.

«Les victimes voudraient une fois encore réitérer leur confiance en la justice et solliciter qu’il plaise au Tribunal de Commerce de faire diligence dans le traitement de cette affaire afin d’arrêter ces morts en cascade dans le rang de ces victimes abandonnées sans soin et suivi médical.

Enfin, pour exiger la levée de l’immunité parlementaire de M. ADAMA Bictogo, une grève illimitée de la faim sera simultanément entamée par les victimes  à la gare de la société des transports lagunaires et devant l’Assemblée Nationale sises respectivement à Treichville et au Plateau à partir du mardi 20 Juin 2017 à 1OH», conclue, Charles KOFFI.

H.M.

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