L’hebdomadaire le  journal d’Abidjan (JDA), dans son numéro 50 classait Geoffroy-Julien Kouao parmi les 50 jeunes qui font bouger la Côte d’Ivoire. Le confrère voyait juste. Le juriste-politiste a été le porte flambeau de la dénonciation intellectuelle du projet constitutionnel qui allait donner naissance à la troisième république.

Dans son livre, désormais célèbre, « Côte d’Ivoire : La troisième république est mal partie », l’analyste politique a mis à nue les insuffisances juridiques et démocratiques qui ont structuré l’élaboration de la constitution. Dans les nombreuses libres opinions et conférences qu’il animait,  il ne cessait de poser la question suivante : « dans une démocratie, qui a raison : le peuple ou un homme ? ».

Certes, les professeurs  Bléou Martin, Francis Wodié et Faustin Kouamé ont fustigé, sporadiquement, le projet constitutionnel, mais le fondateur « d’Intelligence Politique » a été le plus prolixe et le plus constant dans la résistance intellectuelle contre le projet présidentiel.

Tout récemment,  il a été un des rares intellectuels à avoir soutenu les journalistes dans leur combat contre le projet de loi portant régime juridique de la presse. Dans un article intitulé « Emprisonner un journaliste, c’est abîmer la démocratie »  il fit sensation.  Toute la presse reprenait sans modération cette contribution d’une rare pertinence juridique et intellectuelle.

Essayiste prolixe et engagé, l’analyste politique, sort, huit mois après son premier essai, un deuxième au titre évocateur et provocateur « Et si la Côte d’ivoire refusait la démocratie ? ». Dans ce livre d’une centaine de pages, il se fait l’avocat du débat public contradictoire tout en fustigeant les turpitudes  de la classe politique ivoirienne.

Le succès de Geoffroy-julien Kouao procède de la grande objectivité qui traverse et irrigue  ses écrits. Contrairement aux autres intellectuels ivoiriens dont les écrits épousent aisément les couleurs politiques, l’enseignant de sciences politiques écorche dans ses textes toutes les chapelles politiques. Sans exception.  Dans sa dernière tribune publiée sur sa page Facebook, il affirme que «2020 reste une page blanche où rien n’est encore écrit et où tout reste à écrire».

Il n’hésite pas à fustiger la paresse intellectuelle de la classe politique nationale qui manque de véritable vision politique. Geoffroy- Julien Kouao invite les hommes et femmes  politiques   à tourner le dos à la force et à l’argent pour adopter les idées comme instruments  de l’action politique.

Le problème, c’est qu’une seule hirondelle ne faisant jamais le printemps, Geoffroy-Julien Kouao paraît, aujourd’hui,  un intellectuel esseulé.

N’est pas, cet handicap qui fait pourtant de lui, aujourd’hui, une figure intellectuelle majeure? Une réelle chance vers la quête de la démocratie de savoir, qu’un esprit éclairé est encore en éveil dans la cité !

HERVE MAKRE

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