Par Hervé Makré

17 ANS DE GESTION COMMUNALE ET UN JOLI BILAN ÉCLABOUSSANT 

 Le sort a voulu, malheureusement, que le dossier consacré à la rayonnante gestion de Noël Akossi Bendjo, à la tête de la mairie du Plateau, ouvre le bal de la gestion des élus locaux durant les décennies passées. Nous n’y avons rien pu ! Allons-y donc par cette petite pérégrination émaillée de petites fouilles dans les poubelles de la commune du Plateau, avec comme guide, de furieuses bonnes volontés. A couper le souffle, en attendant la seconde partie! Bonne lecture…

Plateau-Carte postale !

Le Plateau est une des communes de la ville d’Abidjan, elle est entourée par la commune de Yopougon à l’ouest, au sud par la lagune Ébrié, la commune de Treichville. En tant que quartier d’affaires, il rassemble la majeure partie des activités administratives et commerciales de la ville. La plupart des grandes firmes ivoiriennes ont leur siège social au Plateau. Il est également doté d’un marché très animé.

Surnommé par certains le petit Paris ou petit Manhattan, le Plateau avec ses tours et ses immeubles surplombe la lagune Ébrié. Depuis la création du quartier ferroviaire, pour accueillir le terminus de la ligne de chemin de fer Abidjan-Niger, le Plateau s’est rapidement développé pour devenir le centre administratif, commercial et financier de la Côte d’Ivoire, et détient une place importante dans l’Afrique de l’Ouest. On y trouve aussi le stade Félix Houphouët-Boigny et la Cathédrale Sainte Paul. Une de ses caractéristiques étonnantes est d’accueillir des milliers de chauve-souris à la nuit tombée, qui se rassemblent au-dessus de la lagune pour y chasser moustiques et autres insectes. Son maire, élu aux municipales de 2001 puis réélu en 2013, était Noël Akossi Bendjo, il y a quelques semaines ! Nous sommes en août 2018.

        

Juillet 2018 Noël Akossi Bendjo, maire du Plateau est révoqué de son poste. Il rejoint la jeune liste de maires révoqués en Côte d’Ivoire. Il peut se réjouir de ne pas être le seul ou encore le premier. Ouf !

Selon quelques archives ivoiriennes, en 1983 : Lanciné Gon Coulibaly, maire de Korhogo est révoqué en conseil des ministres. En 1985, Emmanuel Joseph Dioulo, maire central d’Abidjan et PDG de la COGEXIM (Compagnie générale d’export-import), qui fait du négoce du cacao et du café. La Banque nationale de développement agricole (BNDA), une entreprise d’Etat, révélait que la COGEXIM lui devait 19 milliards de francs CFA, plus 10 milliards d’agios prêtés entre 1980 et 1983, et attaquait la société de M. Emmanuel Dioulo en justice. En 1989 Me Mondon Konan Julien, maire de Koumassi et patroon du stade d’Abidjan suit. A l’air du multipatisme, en 1990 Denis Ossey Gnassou, maire d’Agboville est démis. En 1994 Louhoues Essoh Vincent, maire de Dabou, viré  pour avoir rejoint le Rdr alors qu’élu Pdci. Il est remplacé par Albert Kacou Tiapani. En 2000 Amidou Sylla, maire d’Anyama est déposé. Ou encore, en 1995 Grah Claire Elizabeth, maire de San Pedro aux heures chaudes du boycott actif est débarquée. L’empire Akossi Bendjo peut se consoler.

Par cette petite incursion impertinente dans l’univers des dirigeants, «ledebativoirien.net » se fait l’amer plaisir de mettre au grand jour quelques exploits, qui ont poussé le maire élu PDCI hors gestion. Le contenu des lignes qui vont suivre est déjà su de l’Inspection générale d’Etat. C’est juste un minuscule bilan de dix-sept années de gestion de main de fer à la mairie du Plateau, siège du pouvoir d’Etat, par un homme aux ambitions nationales. Une fouille à la prétention de faire partie de la série des dossiers que «ledebativoirien.net» se permet de consacrer, contre son gré, à la gestion du pouvoir,  décentralisé ou concentré. Et ce, pour le triomphe du combat contre la mauvaise gouvernance. Sans prétention aucune, pour le bien-être des populations. Quel horreur !

Attention, pour cette première partie du dossier consacré à la «cité lumière», jusqu’à sa mise sous presse, l’équipe du maire sorti se refuse tout commentaire en l’absence u premier concerné. Normal non ! Ben, ils n’ont pas assez de temps, il y a mobilisation pour apporter soutien au martyr. Bon, ils le feront peut-être pour l’Acte 2.

 FIN   2012, QUELQUES ASTUCES DE GESTION DÉNONCÉES 

Un beau courrier atterrit sur le bureau de l’Inspecteur général d’Etat. Que révèle-t-il ! Mise en place d’un vaste réseau d’enrichissement illicite et personnel ? Existence d’un imposant trafic d’influence et de corruption ? Prise illégale d’intérêts, délit d’initiés, conflits d’intérêt ? Dissimulation, faux en écriture publique et usage de faux ? Emplois fictifs, travaux payés et non réalisés en réalité ? Prévarication, détournements de fonds publics, concussion et corruption ? Abus de confiance et escroquerie ? Abus de biens sociaux, favoritisme ? Et quoi encore ! Qu’ils ont du culot à la municipalité du Plateau, la «cité lumière». De petites récriminations qui feront plaisir à l’auteur de ces belle petites phrases très aimables : «En dehors du Président Alassane et Bédié, personne ne peut me convoquer et m’inquiéter». Et concernant les inspecteurs qui conduisent les missions d’audit, il rassure : « J’en fais mon affaire personnelle». Propos accueillis avec un immense plaisir par les directeurs et autres responsables des services de la mairie du Plateau. Bienvenue dans l’empire et très serein de l’immense maire, «NAB» !

Petit valse de soupçons au Plateau

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Et les journaux se rebellaient :«Commune du Plateau : Akossi Bendjo accusé de mauvaise gestion» (« Notre Voie »,26-12/12) ; «Soupçon de scandale financier à la mairie du Plateau : des conseillers municipaux saisissent l’Inspection générale d’Etat», («Le temps»,26-12/12) ; encore, «Mairie du Plateau :Akossi Bendjo accusé de détournement de fonds, corruption, abus de biens sociaux » («Le Quotidien d’Abidjan», 26-12/12) ou encore, «Soupçon de Malversations à la mairie du Plateau, Akossi Bendjo dans de beaux draps »(«Le Nouveau Courrier »,27-12/12). La réplique est fatale : «Ce sont des agitations de quelques égarés » ! Bien dit.

Le 5 novembre 2012, un groupe de Conseillers municipaux de la mairie du Plateau, dans le district d’Abidjan saisissait l’Inspecteur général d’Etat d’alors, Gnamien N’goran. Pour quoi faire ? Diligenter une autre inspection dans la gestion de ladite municipalité, passée celle du 6 janvier au 20 février 2003 dont les résultats sont, toujours attendus. Comme s’ils se croyaient dans un pays normal. Ils ont osé rapporter dans leur courrier  au «surveillant» de la bonne gouvernance ceci:

«Depuis la mise en place, le 20 avril 2001 de la municipalité de la commune du Plateau dirigée par le maire Noël Akossi Bendjo, des pratiques frauduleuses inspirées et orchestrées sont, monnaie courante dans l’exécution et la gestion des budgets successifs. Ce qui soulève de sérieuses questions et réelles inquiétudes quant à l’ampleur de ce qui paraît à nos yeux comme étant de la délinquance économique et financière». Message bien transmis ?

«Par le passé, sur plainte de certains Conseillers, des missions d’inspection avaient été diligentées ; 2003 et 2005, par l’inspection, et par la tutelle, le ministère de l’Intérieur», lit-on. Malgré les complaintes, les missions ont pris une autre direction.

Depuis, les habitants de «la cité lumière», ne cessent de récriminer devant la gestion décennale de l’indéboulonnable maire, Noël Akossi Bendjo. Une situation qui ne pouvait laisser indifférent le régime actuel. Nous avons donc cherché à savoir. Les documents transmis à l’Inspection générale d’Etat que, «ledebativoiien.net» a pu consulter, seront précieux pour le précipice en 2018. Quelques visites inopinées  ont permis de saisir ce qu’il s’est passé durant CES 17 années à la mairie du Plateau. 

NAISSANCE ET MISE EN PLACE DU SYSTÈME «BENDJO»

Tout commence, le 20 avril 2001, au terme des élections municipales de mars de la même année, avec  la victoire de la liste conduite par Noël Akossi Bendjo du PDCI, dans la commune du  Plateau. La municipalité du Conseil Municipal de la Commune est mise en place et Akossi Bendjo, est élu Maire de la Commune du Plateau. La belle gestion va alors commencer ?

Dès sa prise de fonction, avec l’aide de son ami fidèle Claude Tiberi, des contacts sont pris avec le Bureau National d’Etudes Techniques et de Développement (Bnetd) pour exploiter les données relatives au «Projet d’aménagement du centre-ville d’Abidjan» (PACA), réalisé en 1998 par le BNETD, en collaboration avec le ministère du Logement et de l’Urbanisme de l’époque. Devant cet ambitieux projet, le 26 juin 2001, par une correspondance au directeur général du BNETD,  l’heureux «élu» manifeste son intérêt pour ce projet. Il désigne Claude Tiberi, comme l’interlocuteur des services du Bnetd, pour le compte de la Mairie du Plateau. Qui pouvait-il désigner d’autre !

Claude TIBERI, de nationalité française, est donc le conseiller technique que se donne Akossi Bendjo dès sa prise de fonction. Jusqu’à la date de son décès en 2008, il dirigeait un bureau d’études qui assure «l’Assistance conseil en gestion de la Mairie du Plateau», selon les archives très secrètes de la mairie. Mais de quel bureau d’études s’agit-il en réalité ? Cette question reste non moins pertinente car, nos recherches montrent que  ledit bureau d’études n’est autre que la société SECORESO (Société d’Etudes, de Conseils et de Relations Socio-Economiques), très bien montée par le nouvel «Elu» et dirigée par le très cher TIBERI, un ami de longue date.

Plus enthousiasmant dans cette petite histoire, c’est que la SECORESO a été créée exactement, le 20 avril 2001, c’est-à-dire le jour même où Akossi Bendjo est investi maire de la Commune du Plateau. Il n’y a qu’à consulter son registre de commerce n°940 et  avec pour gérante, dame Assi Chia Clémentine. Qui croyez-vous qu’elle est ? C’est la charmante épouse du très cher Tibéri. La SECORESO peut démarrer donc ses activités en mai 2001. Dans la période des discussions entre le BNETD et la Mairie, dont le représentant tout désigné est Tiberi,  les informations tirées du BNETD sont réutilisées par SECORESO, pour les études «socio-économiques» pour le compte de la mairie (du maire comme le montre la suite). Le lundi 21 janvier  2002, la Socoreso peut alors signer son premier contrat avec le Conseil municipal, facturé à la Mairie, à 30 millions FCFA, dépense imputée au compte fonctionnel 6006/7.

Ainsi donc, de l’intérêt manifesté par Akossi Bendjo, suivront des discussions au terme desquelles le dégé du BNETD accepte d’inscrire dans les travaux de ses services, «l’élaboration du document stratégique de développement économique et local de la commune du Plateau ». Akossi Bendjo lui adressera, le 9 Septembre 2003, une correspondance de remerciement. Dans la foulée, il désigne ses six représentants auprès du Bnetd ; trois conseillers techniques (avec bien attendu TIBERI comme son représentant) et trois autre,  architectes.

Ceci dit, dans l’intervalle, en attendant l’élaboration du beau document stratégique, et avec le concours très apprécié de Tiberi,  Akossi Bendjo, selon les témoignages de ses collaborateurs, conçoit et bâtit son premier budget en sa qualité du nouveau Maire. Il le fait voter par «son» Conseil Municipal, le 27 juillet 2001 et approuvé par le Ministère d’Etat, ministère de l’Intérieur et de la décentralisation, le 9 octobre 2001. Au passage, ce premier budget de l’ère Bendjo, d’un montant global de 5.334.901.000 FCFA (cinq milliards trois cent trente-quatre millions neuf cent un mille), qui comprend un budget spécial dédié aux investissements de développement d’un montant de 1.086.085.000 FCFA (un milliard quatre-vingt-six millions quatre-vingt-cinq mille), est totalement bâtit en s’appuyant sur les données contenues dans le PACA cité plus haut.

 Au terme des travaux avec le BNETD, le plan stratégique de développement économique et local de la commune du Plateau est élaboré, validé par le Conseil Municipal et la population de la commune du Plateau, avec la participation des opérateurs économiques. L’intérêt dudit plan stratégique réside dans le fait qu’il est un condensé de tous les projets validés et accompagnés de leurs programmes d’investissements pluriannuels, qui s’élèvent à 126.890.000.000 FCFA (cent vingt-six milliards huit cent quatre-vingt-dix millions) avec une contribution financière de la commune du Plateau estimée à 42.492.0000.000 FCFA (quarante-deux milliards quatre cent quatre-vingt-douze millions) soit une contribution de 33,50%. Tout ce budget spécial d’investissement sera majoritairement réalisé par des entreprises désignées sans commission interne d’attribution des marchés. Mais lesquelles? Nous le verrons plus loin…

  • Il faudra des hommes et des femmes pour la mise en route du gigantesque plan quinquennal qui sera décennal.

CAFOUILLAGE DANS LA GESTION DU PERSONNEL

Il s’est passé des choses à la mairie du Plateau, dans l’ombre. L’état nominatif du personnel de la Mairie du Plateau affiche pour l’année 2012 un effectif de 472 agents contrairement à celui de 452 agents prévus au budget 2012 et voté par le Conseil Municipal. 20 agents fictifs dans les rangs du personnel? Ces 472 agents représentent une masse salariale annuelle de 1.115.672.000 FCFA (un milliard cent quinze million six cent soixante-douze mille). Selon nos sources, tout le personnel en service au domicile du Maire émargerait au budget de la commune. Dire, une vraie gestion «communale». Que de mauvaises langues dans la cours de la mairie qui font de petites révélations! «C’est le cas que rappelle celui de Mlle Kouman Adja Clarisse recrutée le 4 décembre 2006. Il y a des agents qui sont recrutés, payés par la mairie et qui travaillent ailleurs dans d’autres entreprises, comme par exemple, Mlle Franceline Nangu-Se, recrutée le 1er juin 2001 en qualité de secrétaire de direction et qui a longtemps travaillé dans l’entreprise SIGC, dirigée par Mobio Serge, un neveu du Maire ». Les inspections ayant découvert cette supercherie, elle a dû revenir à son poste à la mairie.
«Le maire a récidivé, puisque, Mlle Franceline NANGU-SE était en poste à la SIR, au secrétariat de M. BENDJO en sa qualité d’ex-PCA de la SIR». Il a vraiment la main sur le cœur ce maire. «Il y a eu  aussi Mme Oyorou Marie Paule Bernard épouse Dua, recrutée le 3 février 2003 et qui a occupé le poste de Conseiller Technique du Secrétaire général actuel de la Mairie. Elle a rendu sa démission, depuis la crise postélectorale, mais elle continue d’émarger au budget de la Mairie »

Mme ZUNON née K.K.Maïmouna Achoumkchaud, recrutée le 11 avril 2003 en qualité d’agent de recouvrement, a abandonné l’écurie pour  belle reconversion du Plateau Dokui à son propre compte.  Un certain Gnonan G.R. embauché le 2 janvier 1986 et qui, depuis la crise postélectorale est réfugié au Ghana percevrait  régulièrement tout son salaire jusqu’à la découverte des largesses du bon maire. On n’abandonne pas ses amis à la mairie du Plateau ! N’Guessan M, chef du service discipline et règlement de conflit, recruté à la mairie depuis le 14 juillet 1988, s’investit beaucoup plus dans sa fonction de chef de village et a déserté depuis la mairie, mais attention, sans oublier de prendre son salaire tous les mois. On n’oublie personne de ce côté…Avec Bendjo !

Mlle Brou A.A, à l’époque maîtresse adjointe d’éducation permanente, détachée par la tutelle à la mairie où elle est censée travailler, «a été affectée par le maire à la SDPP (Société de Développement et de Promotion du Plateau), société d’économie mixte où le maire est le PCA », indique-t-on. (Nous y reviendrons). T. Salim, éducateur est dans la même situation que Mlle Brou A. A., à la SDPP…confidences !

C’est comme cela que les choses se passent dans la galaxie Bendjo. Nos investigations montrent qu’au regard des enjeux mis en évidence par le PACA et le plan stratégique de développement économique et local de la commune du Plateau, plusieurs entreprises vont être créées entre 2001 et 2003. Par qui? Pas besoin de  chercher midi à quatorze heures. «L’Elu éclairé» n’est-il pas lié à Tiberi Claude, son français le conseiller technique ?

LES ENTREPRISES POUR LA RÉALISATION DES PROJETS

Les projets économiques rentables identifiés dans le plan stratégique, la première entreprise créée sera donc le cabinet SECORESO (Société d’Etudes, de Conseils et de Réalisations Socio-Economiques) qui deviendra l’outil par excellence de réflexion et de conception au service du Maire. Ensuite viendront : ETIC (Etablissement Technique Industriel et Commercial), CIVES, NEG-COM (Négoce Communication), SCPE (Société de Conseils et Promotion de l’Environnement), SIGC (Société Ivoirienne de Génie Civil), et plus tard en 2010 la SDPP (Société de Développement et de Promotion du Plateau donc les bases ont été posées depuis 2003), etc.

«La galaxie économique» peut  se mettre ainsi en place, avec  Claude Tiberi comme chef d’orchestre. Et qui en est le maître d’œuvre ? Pour tout dire, nous avons perçu sans gros efforts selon les informations en notre possession que le plan stratégique de développement économique et local de la commune du Plateau qui est une œuvre collective est devenu un outil au service des ambitions financières personnelles d’un seul. ‘‘Monsieur  le maire’’. L’enjeu financier est donc horriblement total !

 LA SDPP POUR  BIEN COMMENCER

La création de la Société de Développement et de Promotion du Plateau est conforme dans son principe, au programme  pluriannuel d’investissement et de développement contenu dans le plan stratégique de développement économique local de la commune du Plateau. C’est donc sur cette base que naïvement, en son temps, sans débat pour en saisir tous les contours, le Conseil Municipal avait marqué son accord en 2003 pour sa création, indiquent les mauvaises langues dans l’entourage du maire Akossi Bendjo. Une enveloppe de 20.000.000 F CFA (vingt millions F FCA) sera dégagée pour son budget, en guise de prise de participation à la constitution de la société d’économie mixte.

Depuis ce vote intervenu en conseil en 2003, les Conseillers municipaux n’ont plus de nouvelles relatives à la  SDPP. A quoi s’attendaient-ils eux ! Alors qu’ils ont voté un crédit pour la prise de participation de la SDPP, ils ne savent même pas où se trouve son siège social, quel est en définitive son capital, qui sont les actionnaires, quels sont les administrateurs, quels sont ses statuts et règlement intérieur, et ce, à ce jour. Et cela depuis 15 ans ? Terrible !

Ainsi, tout comme le cas de la SDPP d’autres sociétés, NEG-COM et de la CIVES, n’échapperont pas à la même procédure.  Aujourd’hui, très discrètement «ledebativoirien.net » a réussi à obtenir quelques informations sur la SDPP. Le siège se trouverait il y longtemps à l’immeuble Nour-Al-Hayat au Plateau au 1er   étage escalier C. Pas dans la cours de la maire ?  Pas surprenant non, c’est le Maire Akossi Bendjo qui en est le président du conseil d’administration. C’est son outil personnel.

De petites fouilles, alors là, très discrètes de documents du conseil d’administration de la SDPP, convoqué le 27 mai 2010, sept ans après l’accord de création en 2003, c’est courageux tout de même que nous avons pu consulter, soulèvent de terribles questions de fond. D’abord, en prenant connaissance des documents du conseil d’administration, l’on constate que le projet tel qu’il a été conçu, écrit, adopté par le Conseil Municipal et présenté dans la fiche projet n°3, du plan stratégique de développement local de la         commune du Plateau,  est totalement dévoyé. Dans le projet initial, il s’est agi de la création d’une cellule de promotion économique, tel qu’inscrit dans ladite fiche projet n°3. Cette cellule de promotion économique devait être financée à 100% par la Commune, puisque faisant partie des actions pouvant être prises en charge par la Commune.

Ensuite, à la lecture des paragraphes consacrés au «besoin en formation continue» et à la «mission pour recherche de financement» tel que présenté dans les documents du conseil d’administration, on apprécie mieux les dérives que prend le projet tel qu’il a été approuvé par le Conseil  Municipal. On y lit, en effet, que la SDPP gérera les projets, réalisera des projets nouveaux, réhabilitera le patrimoine, gérera les biens immobiliers de la Commune etc. «Cela est totalement contraire aux activités d’une cellule de promotion économique », tousse-t-on dans la cours de la maire. Que devient alors le Conseil Municipal dans une telle affaire ?

Nos investigations montrent que cette orientation conçue par le Maire,  et inconnue du Conseil et non approuvée par lui, vise à permettre à l’heureux « élu » de s’assurer une gestion paternelle de la mairie par le biais de la SDPP. Un petit schéma et on comprend mieux: Noel Akossi Bendjo est le Maire de la commune du Plateau ; Noel Akossi Bendjo veut se donner les moyens de contourner les conseillers municipaux ; Noel Akossi Bendjo est par ailleurs le Président du conseil d’administration de la SDPP avec des actionnaires et des administrateurs sous influence qu’il a copté selon ses propres critères; la SDPP réalise tous les projets de développement de la commune, à travers des entreprises qui seront choisies sous l’inspiration et avec la bienveillance du président d’administration autrement…voilà !

Un tel schéma, place alors en état de givre le Conseil Municipal, et les dispositions de l’article 27 de la loi Municipale, relative à la gestion. C’est comme si le chef de l’Etat Alassane Ouattara qui est le premier magistrat de ce pays, créait le CEPICI que nous connaissons tous comme le Centre de promotion économiques et qu’il s’arrogeait le titre de Président Directeur Général et que le CEPICI était chargé, dans ses activités, de réaliser des projets nouveaux, de réhabiliter le patrimoine de l’Etat, de gérer les biens immobiliers de l’Etat, etc. tout cela au profit de  son pédégé, contrairement à sa mission qui consiste à rechercher des opérateurs au profit de la Côte d’Ivoire. La Commune  est un démembrement de l’Etat, en tant que tel, le maire en est le premier magistrat, et au terme des dispositions de l’article 65 de la loi N°95-608 du 3 août 1995 relative à l’organisation municipale, il est  le représentant de l’Etat et du pouvoir exécutif.  C’est tout dire !

DYSFONCTIONNEMENT INTENTIONNEL ? A SUIVRE

ACTE 2

PAR HERVE MAKRE

© 2018, herve_makre. All rights reserved.

Un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.