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Affaire “la CEI sera réformée selon les recommandations de la CADHP”, Sylvain Takoué, (R.F.I.) réagit

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Le  Président du Rassemblement des Fiers Ivoiriens (R.F.I.), Sylvain Takoué au gouvernement : « Vous avez voulu vaincre au lieu de convaincre, et vous voilà déjà vaincus… »

« Pour ce qui concerne la réforme de la CEI, je voudrais faire cette précision. Je voudrais donc relever que des discussions sont en cours avec la société civile, les partis politiques de l’opposition et le gouvernement, actuellement. L’objectif, en la matière, selon l’orientation prise par le gouvernement,  c’est d’aboutir à une CEI qui est conforme aux recommandations de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples », a dit le ministre Sidi Tiémoko Touré, porte-parole du gouvernement ivoirien. C’était à la conférence de presse qu’il a tenue à l’issue du conseil des ministres hebdomadaire du mercredi 20 mars dernier.

Mais on se souvient de la fraîche sortie de presse musclée que le même ministre, et porte-parole du gouvernement, avait préalablement faite, le 13 mars passé, sur cette question de réforme de la CEI, en martelant ceci : « En référence à la déclaration du chef de l’Etat, dont vous vous souvenez, le gouvernement travaille exclusivement à la mise en œuvre de ses instructions, en l’occurrence, la recomposition de la CEI, qui est l’unique et principale observation de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples. Donc, nous ne ferons pas plus que ça ». Ainsi, la CEI, de la bouche de l’envoyé du gouvernement ivoirien, sera donc réformée en profondeur, comme le proposent, depuis, l’opposition ivoirienne et la société civile de notre pays, qui parlent pour le peuple, et ne sera pas seulement recomposée en surface comme avait voulu l’imposer le gouvernement.

Mais mieux, le chef du gouvernement lui-même, Amadou Gon Coulibaly, à l’occasion de sa conférence de presse du 21 mars dernier, a confirmé ces propos de rétropédalage, en disant aussi ceci : « Il s’agit pour nous de voir comment prendre en compte les recommandations qui ont été faites par la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples. C’est ce que nous allons faire (…) Nous reprendrons les discussions avec la société civile et les partis politiques dans l’esprit d’avoir une commission plus équilibrée selon les recommandations de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples ». Alea jacta ! (les dés sont jetés, disent les romains anciens). Pourquoi donc avoir voulu faire les choses autrement que par le consensus ? Pourquoi le gouvernement ivoirien a-t-il voulu préférer une simple recomposition de la CEI, en lieu et place de la réforme proposée ? Pourquoi avoir mené les choses (le refus d’écouter l’opposition ivoirienne et le peuple de Côte d’Ivoire) en narguant en fanfare le pays pour sembler finir, maintenant, à voix basse et convenir à ce qu’il est normal de faire ? Pourquoi le gouvernement se comporte-t-il comme un groupement d’opposants politiques au peuple qu’il dit pourtant gouverner ?

Un gouvernement ne se suffit pas intelligemment, à lui seul, car à elle toute seule, dit l’adage occidental, une hirondelle ne fait pas le printemps. Un gouvernement n’a pas la science infuse en politique. Ils ont voulu vaincre, au lieu de convaincre, et les voilà déjà vaincus ? Les voilà qui baissent maintenant le ton pour parler à voix basse, alors qu’ils étaient chauds, chauds à crier plus que quiconque, donnant l’impression que jamais ils ne feraient ce qui est bon à faire pour que le peuple vive en paix ? Un gouvernement ne fait pas ce qu’il veut du destin d’un pays qu’il tient en main. Un gouvernement ne fait pas ce qu’il veut de la vie d’un peuple qu’il dirige. Un gouvernement ne fait pas ce qu’il veut de l’avenir d’une nation qu’il oriente. Non. Si un gouvernement fait ces écarts de gouvernance, ce n’est plus un gouvernement légitime, mais un groupement impopulaire qui se satisfait, seul, de ses propres fantasmes. Un pays, un peuple, une nation n’ont pas besoin d’un tel groupement quelconque qui se substituerait à un gouvernement sérieux et honnête, qui a la confiance du peuple.

L’élection présidentielle de 2020 qui arrive, se présente, en vérité, comme la renaissance de la République ivoirienne, ou, tout simplement, son péril sous l’émergence d’une monarchie présidentielle dont nous vivons déjà les signes avant-coureurs. C’est cette renaissance de la République ivoirienne que la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) souhaite à la Côte d’Ivoire. C’est pourquoi, elle a pris un arrêt supranational (qui s’impose à notre nation, puisque l’Etat de Côte d’Ivoire est partie signataire de cette Cour) pour recommander au gouvernement ivoirien une réforme équilibrée de la future commission électorale, c’est-à-dire consensuelle, acceptable et démocratique, qui garantira, à l’élection présidentielle de 2020, une légitimité irréprochable, quel soit le vainqueur.

Où était donc, vraiment, le mal à aller ensemble (gouvernement, opposition, société civile et peuple) dans ce sens, dans cette voie du salut national ? Pourquoi le gouvernement fanfaronne-t-il au lieu d’aller à l’essentiel en travaillant plus sérieusement, avec l’opposition politique et la société civile, sur le gros chantier qui est celui de réformer tout le dispositif juridique, politique et institutionnel électoral du pays, à savoir, refonder le mécanisme de la CEI, le Code électoral, le Conseil constitutionnel, le découpage électoral, le dressage du linsting électoral, les cartes d’identité nationale, les cartes électorales. C’est donc tout ce corpus de notre système électoral national qu’il faut rendre conforme à l’esprit de la réforme en profondeur, et non pas s’arrêter à une simple nomination pour la recomposition (c’est-à-dire le placement de pions favorables au pouvoir) de la commission électorale.

sylvain Takoue tacle Alassane ouattara LEDEBATIVOIRIEN.NETDu travail attend donc le gouvernement ivoirien (qui parle pour le pouvoir qu’il gère et préserve) face à l’opposition politique et la société civile (qui sont, à la fois, l’émanation et l’expression du peuple de Côte d’Ivoire). Qu’attend-t-on donc pour y plancher dès maintenant et gagner du temps ? Nous espérons vivement que le gouvernement, malgré ce langage mielleux qu’il vient d’employer en faveur d’une réforme en profondeur de la CEI, ne méprisera pas l’opinion publique au point de faire tourner le pays en rond, jusqu’au jour (à l’approche de la présidentielle 2020 ?) où bon lui semblera de sortir, brusquement, une mouture unilatérale de Commission électorale faite sur-mesure, en sa seule et unique faveur. Ce serait alors tout à fait inacceptable et le peuple se réveillera pour dire : Non !

Sylvain Takoué,

Président du

Rassemblement des Fiers Ivoiriens (R.F.I.),

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