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TERREUR DANS LES ÉCOLES-LE PRÉFET D’ABIDJAN VINCENT TOH BI IRIE INTERPELLE: ‘‘A QUI LA FAUTE, SI NOS ENFANTS SONT DEVENUS VIOLENTS, DU PRIMAIRE A L’UNIVERSITÉ?’’

UN APPEL À LA RESPONSABILITÉ DES FAMILLES

Au cours d’une rencontre avec les parents d’élevés le préfet Vincent Toh Bi Irié tire la sonnette d’alarme en interpellant, parent, élèves, instructeurs, formateurs et l’Etat sur la perte de valeurs dans  l’école ivoirienne. Cette violence de  plus  quotidienne observée dans  les couloirs des écoles rendent tristes  les parents. Le Préfet Vincent Toh Bi Irié très conscient de la terreur indique : «Ces dernières semaines, des fouilles des sacs d’élèves aux entrées des écoles ont permis une collecte d’armes aussi impressionnantes que dangereuses. Réfléchissons y ensemble et proposons des solutions».

son décryptage

«Les parents d’élèves ont donc été invités par nos soins à venir voir les armes, les photos et les vidéos des violences de certains élèves contre d’autres élèves et enseignants et contre les forces de sécurité. Oui, l’Ecole traverse quelques turbulences dans ma circonscription, le Département d’Abidjan. Oui, les revendications de la communauté éducative appellent attention et résolutions rapides pour certaines d’entre elles.

Mais, il est inadmissible que des élèves transforment leurs écoles en lieux de terreur et champs de violence. Par ailleurs, des élèves, devenus violents, agressent des élèves et les blessent. Ils s’organisent en bandes pour aller perturber d’autres écoles dans d’autres communes.

Il y en a encore qui agressent des enseignants et éducateurs et les menacent de mort. Un enseignant à Adjamé a reçu d’un élève une grosse pierre en plein visage, qui nécessitait une chirurgie maxillo-faciale lourde. D’autres enseignants ont été battus et déshabillés, sous la huée populaire et l’indifférence. D’autres élèves encore prennent un plaisir à affronter et à lapider les forces de l’ordre, pre-positionnées pour assurer la sécurité des écoles. Les forces de sécurité font preuve de maîtrise et de sang-froid, en appliquant les règles conventionnelles de maintien de l’ordre. Les parents d’Abidjan s’interrogent-ils le soir venu à quoi se sont occupés leurs enfants pendant la journée? Fouillent-ils leurs sacs dans lesquels sont dissimulées des armes et de la drogue ?

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A qui la faute, si nos enfants sont devenus violents, du Primaire à l’Université?

Nous ne pouvons ni ne devons plus déléguer nos rôles de parents exclusivement à la seule institution Ecole. L’esprit de douceur, d’amour, de calme, de respect des règles communautaires, de vénération des aînés, de préservation de nos valeurs ancestrales est infusé aux enfants par la famille, au sens communautaire. L’Ecole a un rôle important mais ne peut faire toute l’éducation de nos enfants. Un enfant ne passe pas plus de 8 heures par jour à l’école, 5 jours au maximum sur 7. En volume horaire, l’enfant n’est à l’école qu’un tiers du temps au maximum toute une journée. Les 2/3 restants, il est sous la responsabilité des parents, qui doivent jouer leur rôle.

L’Ecole n’est pas une usine à fabriquer des Diplômés, mais une institution qui a pour vocation de modeler l’esprit de l’Homme, de le mettre en harmonie avec l’environnement, la société, son temps présent, son passé et son avenir, afin d’en faire le début et la finalité de la quête sociale. Nous ne pouvons pas assister passifs à la chute de valeurs cardinales. Il est irresponsable de laisser le Gouvernement seul gérer tous les aspects de l’éducation de nos propres enfants.

L’Etat assure en toute responsabilité et capacité son rôle régalien de mise en place des infrastructures, du personnel et des moyens d’une Éducation de masse, moteur du développement et du bien-être individuel et communautaire. Mais l’Etat, sous tous les cieux, ne remplace pas la famille et la communauté comme matrices primordiales du façonnement des esprits des individus qui composent cet État. La famille doit prendre ses responsabilités en jouant son rôle dans la surveillance de ses enfants et surtout dans la culture de valeurs qui créent une Nation calme, douce, prospère et harmonieuse.

D’aucuns conseillent une fermeté absolue, mais la violence institutionnelle contre la violence a une issue incertaine. Des enfants en perte de repère et cultivant sous nos yeux la violence, c’est l’avenir de notre pays qui est en cause. Certains sujets fâchent…à tort pourtant, dans un exercice où l’on est très à l’aise pour accuser l’autre. Mais si nous ne nous saisissons pas collectivement de nos propres problèmes en toute lucidité afin de les résoudre ensemble, nous paierons tous le prix de nos négligences actuelles. Réfléchissons y ensemble et proposons des solutions, sans passion… » ? peut lancer le préfet du district d’Abidjan.

HM

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