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Abidjan: le débat de la nationalité Ivoirienne bon marché fait rage avec l’immigration et la trahison  politique

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«La sortie de crise en Côte d’Ivoire  a été entièrement financée par le contribuable ivoirien. Au même moment, la Côte d’Ivoire remboursait la dette extérieure. Aucun bailleur n’a financé la sortie de crise. Ni les CNI, ni le désarmement, ni les élections“, déclare le député de Fresco Alain Lobognon, dont la proposition de loi sur la gratuité de l’établissement  de la CNI a été rejetée par ses  pairs. Il plante le décore du débat.

Ferro Bally débat : LA GUERRE DES PIÈCES

«Le 26 juin 2019, l’Assemblée nationale a rejeté l’amendement du député Alain-Michel Lobognon et voté contre la gratuité des cartes nationales d’identité (CNI) biométriques. Cela pose une question de cohérence politique. En effet, les députés du RHDP, mouvance présidentielle, trahissent, par cet acte, les combats que le RDR (locomotive du Rassemblement) ou a menés ou grâce auxquels il est parvenu au pouvoir d’État. Sous le régime de Laurent Gbagbo et dans un Gouvernement dit de réconciliation auquel il participait, le RDR était, pour les besoins de la cause, à la pointe du combat contre la pauvreté.

En juin 2008 notamment, ce parti et son président Alassane Ouattara battaient campagne pour la réduction des taxes sur les produits pétroliers afin que le prix du carburant à la pompe baisse, “quitte à l’État de réduire son train de vie déjà trop insultant pour ses populations”. Mais voilà; il y a loin de la coupe aux lèvres. Le pouvoir Ouattara, qui n’est pas à une contradiction près après avoir décrété “2019 année du social”, refuse et la réduction du “train de vie déjà trop insultant de l’État” et la prise en charge du coût d’établissement des CNI par le budget général de l’État.

Le chef de l’État passe ainsi par pertes et profits les actions de l’ex-rébellion armée, bras armé du RDR, grâce auxquelles ceux qui ne pouvaient même pas être candidats aux législatives, selon Soro Guillaume, sont aux plus hautes fonctions de l’État. Les ex-Forces nouvelles (FN) avaient comme revendication majeure, raison de la prise des armes en septembre 2002, la remise des CNI gratuites aux Ivoiriens, en particulier aux “Nordistes” que l’insurrection et le RDR disaient ostracisés.

Elles ont eu gain de cause. Le 3 octobre 2010 à Bouaké (2è ville du pays et alors capitale de la rébellion armée), Laurent Gbagbo, président de la République, et Soro Guillaume, secrétaire général des FN et Premier ministre, célébraient l’événement de la distribution des CNI gratuites et des cartes d’électeur. “C’est un acte fort, c’est un acte salvateur mettant fin du coup à 20 ans de débat sur la question de l’identité et 20 ans de frustration pour bien des Ivoiriens”, se félicitait Soro.

Huit ans après sa prise du pouvoir, le RDR ne s’inscrit pas au même niveau de patriotisme. Il ouvre la boîte de Pandore sur cette question pendante. En privilégiant l’aspect purement économique de l’opération aux dépens de l’explosif côté socio-politique, Ouattara pourrait mettre le feu aux poudres de la guerre des pièces d’identité. Le 14 juin 2019, Mme Dominique Ouattara, la Première dame, a lancé officiellement la remise des actes d’extrait de naissance à 630.748 enfants du cycle primaire.

Cette opération de haute portée sociale et humanitaire, initialement destinée à 1.165.325 élèves et financée par État à hauteur de 1.865.060.320 FCFA, montre l’ampleur du problème: des millions de famille sont incapables d’avoir ce “simple papier” et des millions d’habitants sont des “sans papiers” dans leur pays, alors que des milliers de CNI, arrivées à expiration, ne peuvent être renouvelées.

C’est donc la quadrature du cercle. Pour obtenir une CNI déclarée payante, il faut disposer de moyens conséquents: établir d’abord un acte d’extrait de naissance (qui ne se fait ni au village ni au campement) et ensuite un certificat de nationalité (au tribunal que l’on n’a pas dans tous les chefs-lieux de département).  Pour contourner le problème et bientôt en période politique, des cadres et des autorités surtout du pouvoir vont voler au secours des électeurs de leur bord politique afin qu’ils accomplissent leur devoir civique à l’occasion des élections. Mais ces gestes cachent le soleil de la crise des pièces d’identité avec la main du saupoudrage. Ils sont une goutte d’eau dans la mer, alors que le nombre de “sans papiers” va croissant face à une paupérisation généralisée » soutient FERRO Bally.

cni LEDEBATIVOIRIEN.NETEt un autre observateur de déclarer :  «Un sondage du 7 au 10 Juin 2019 au Canada auprès de 1528 Canadiens révèle que 63% d’entre eux exigent du Gouvernement Fédéral la réduction du nombre d’immigrants entrant au Canada. On veut nous faire croire qu’attirer l’attention des uns et des autres sur la problématique des non Ivoiriens en conflit avec la loi est un acte ivoiritaire et donc xénophobe en Cote d’Ivoire ».

HM

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