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Eclusif: Mariam et Christian : Histoires terrifiantes de migrants  ivoiriens en Libye

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Par  Charlotte Boitiaux Leslie Carretero 

Vidéo : esclave sexuelle en Libye, le calvaire de Mariam, 16 ans

Pendant plusieurs semaines, cet hiver, la rédaction d’InfoMigrants a pu parler avec Mariam, une mineure Ivoirienne de 16 ans, vendue à un Libyen. Violée et séquestrée dans une maison de Tripoli, la jeune fille nous parlera pendant plusieurs jours et nous racontera son quotidien, ses viols à répétition, sa grossesse, ses rêves d’Europe… Voici son histoire.

Un témoignage animé à écouter de préférence avec le son……..

 

TÉMOIGNAGES

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Christian, migrant ivoirien : “J’ai été escroqué, kidnappé et rançonné en Libye”

Par  Leslie Carretero Dernière modification : 16/11/2018

InfoMigrants a recueilli le témoignage de Christian, un migrant ivoirien de 36 ans qui vit en Libye depuis deux ans. Il raconte comment, un jour de novembre 2017, il a été kidnappé et battu par des miliciens qui réclamaient de l’argent en échange de sa libération.

“Je m’appelle Christian* et j’ai 36 ans. J’ai été menacé en Côte d’Ivoire pendant plusieurs années. Je me suis fait agressé plusieurs fois et je recevais des menaces de mort alors en 2016, j’ai préféré fuir mon pays. J’ai confié ma fille de 6 ans à ma sœur et je suis parti avec ma femme et mon fils de trois ans.

Après être passé par le Burkina Faso et le Niger, je suis arrivé à Tripoli, la capitale libyenne. Très vite, je me suis fait escroquer par un passeur. Je lui ai donné 200 000 francs CFA [300 euros, ndlr] pour qu’il nous aide à traverser la Méditerranée. Il nous alors a mis en contact avec l’un de ses amis qui nous a déposés en voiture à Sabratha [lieu de départ pour l’Europe des embarcations de migrants, ndlr]. C’est à partir de là que nous devions prendre le bateau.

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Mais, arrivés dans la ville, l’homme nous a dit que nous n’avions pas donné d’argent. J’ai compris que le passeur à Tripoli nous avait arnaqué et avait gardé les 200 000 francs CFA. J’ai donc dû travailler pour payer la traversée, pendant que ma femme restait dans une maison avec notre fils et d‘autres familles de migrants.

À Sabratha, les migrants se rassemblent tous les matins sur une place pour trouver du travail. Les Libyens intéressés nous font monter dans leur voiture et nous emmènent sur des exploitations ou sur des chantiers. Parfois, les patrons ne nous payent pas car ils savent qu’on ne peut pas porter plainte et que, de toute façon, notre plainte ne servira à rien.

“Les Libyens me fouettaient pour que je leur donne de l’argent”

Un jour de novembre 2017, comme tous les matins, je me suis rendu sur cette place. Je suis monté dans une voiture dont le chauffeur devait m’amener sur un chantier. Mais arrivé sur place, l’homme m’a déposé devant une maison et m’a demandé de rentrer. À l’intérieur, deux hommes armés m’attendaient.

Rentre dans la chambre et assis toi’, m’a dit l’un d’eux. Dans la pièce, il y avait d’autres migrants, eux aussi originaires d’Afrique subsaharienne. J’ai compris que j’avais été kidnappé par des membres d’une milice. J’étais enfermé, je ne pouvais pas sortir. On nous donnait seulement un morceau de pain par jour. On faisait nos besoins dans la chambre et on dormait par terre. C’était très dur. Les Libyens me fouettaient régulièrement pour que je leur donne de l’argent. Ils m’ont demandé d’appeler ma famille pour qu’ils leur envoient de l’argent mais ma mère n’a pas pu m’aider, elle m’avait déjà donné tout ce qu’elle avait lorsque je me suis enfui.

Un jour, l’homme qui nous donnait à manger a oublié de refermer notre porte à clé. J’en ai profité pour m’enfuir. J’ai escaladé la clôture de la maison et j’ai couru de toutes mes forces. Les Libyens ont essayé de me tirer dessus mais j’ai réussi à leur échapper.

J’ai marché pendant des heures dans le sable puis, sur la route, j’ai croisé un vieil homme qui m’a pris en charge. Il m’a déposé à Sabratha où j’ai pu retrouver ma famille.

Depuis, je continue à travailler pour payer un passeur et tenter la traversée de la Méditerranée malgré la peur de me faire kidnapper une nouvelle fois. Je sais que les garde-côtes libyens peuvent nous intercepter en mer et qu’on risque d’être envoyés en centre de détention mais il faut que j’essaye de quitter cet enfer. On n’a rien sans prendre de risque dans la vie.”

*Le prénom a été modifié à la demande de l’intéressé.

Avec INFOMIGRANT.NET

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