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Côte d’Ivoire-Le BAC à 9 ans-dans un système qui tue:il y a avait un génie, Norton Lewis Dagaud

Côte d’Ivoire-Le BAC à 9 ans-dans un système qui tue:il y a avait un génie, Norton Lewis Dagaud LEDEBATIVOIRIEN.NET
  • “Votre fils n’est pas excellent il a eu le bac jeune…” et pourtant

  • Il s’exprime 18 ans après son bac

 

Par un pur hasard de chemin, Nahounou Daleba (un observateur) l’a rencontré à Lakota. Il s’y est retiré, loin de la capitale Abidjan. Son père et luiy ont mis en place un institut pour encadrer les surdoués. Comme lui. Malgré les difficultés.

Voilà, 1998-2019, cela fait 21 ans que les ivoiriens s’étaient réveillés avec l’histoire d’un jeune de 9 ans. Un surdoué qui venait de décrocher le BEPC. 3 ans après, il devînt le plus jeune bachelier à l’âge de 12 ans. Mais le système déclarera qu’il n’était pas excellent. Terrible ! Il est tombé dans l’oubli collectif. Après la rencontre surprise de Lakota, le surdoué puni par le système décide de lui faire parvenir son histoire, la voici telle que transmise à Nahounou Daleba.

L’histoire d’un surdoué contée par lui-même

«Bonsoir à tous et à toutes…

Si j’ai décidé de parler aujourd’hui c’est pour faire cesser toutes ces polémiques à mon sujet. Je suis conscient que tant bien même que je l’aurai fait certains continueront de dire ce qui leur semble bon. Et bien pour eux je ne peux rien… Après tout c’est leur liberté et ils peuvent en profiter. De plus j’insiste sur le fait que je ne demande pas qu’on pleurniche sur mon sort puisque a plusieurs reprises on m’a traité de pleurnichard….

Ce que j’ai fait je l’ai fait par amour du travail, je l’ai fait pour moi, pour ma famille et évidemment pour mon pays

J’étais jeune insouciant et j’avais l’envie de connaitre, d’apprendre d’aller au-delà d’une certaine limite, de faire quelque chose d’unique. C’est cet amour qui a été le vecteur de tous les succès qui vous sont parvenus. Malheureusement la politique de «tout le monde peut le faire sauf le noir» a eu raison de moi…Ça aurait été quelqu’un d’autre, d’une autre race, d’un pays ailleurs qu’en Afrique, on aurait applaudi et trouvé que c’est correct, mais comme c’est en Afrique on a trouvé tout ce qu’il faut pour ne pas comprendre, pour ne pas accepter. Mieux on m’a combattu. On m’a dit qu’est ce qu’il veut faire croire celui là…

Au-delà de ces faits, j’ai montré qu’une autre éducation est possible, qu’une autre façon d’apprendre existe.

Côte d’Ivoire-Le BAC à 9 ans-dans un système qui tue:il y a avait un génie, Norton Lewis Dagaud LEDEBATIVOIRIEN.NETSi je réponds c’est parce que j’ai entendu beaucoup de mensonges qui frisent même la calomnie et la haine contre ma personne et contre mon père. On a dit des choses que je n’ai pas dites. On a voulu raconté ma vie à ma place. Pire on a essayé de me décrédibiliser en remettant en cause mes diplômes que j’ai obtenu à force de travail.

Tous ceux qui m’ont côtoyé savent que je n’ai jamais cherché à renier mon passé. Et avec le temps j’écoute beaucoup et je parle peu. C’est pour cela j’ai mis tout ce temps de silence. Mais je veux dire simplement si vous aviez eu à subir ce que j’ai subi il y a longtemps que beaucoup d’entre vous ne serait peut être pas dans ce monde. Personne ne peut imaginer ou je suis passé et toutes les frustrations les injustices et les méchancetés que j’ai subi. Et je porte mon fardeau en silence et avec courage.

On peut ne pas aimer ma personne et ça je le concède à tous mais vouloir minimiser ce que j’ai fait et me faire passer pour un fraudeur je ne peux l’accepter. Qu’on vienne dire que mon BAC a été obtenu dans des situations rocambolesques ou que j’ai passé un BAC sur mesure, c’est insulter l’intelligence de tous ceux qui ont eu à un moment donné à affronter cet examen, c’est insulter le monde. Qui étais-je en ce moment pour pouvoir imposer un examen fait sur mesure pour ma personne? Mais ceux qui l’on passé avec moi sont encore là. Bien longtemps il se serait signaler et m’aurait repris si je mentais.

Chers Amis si je ne parle pas ce n’est pas parce que je n’ai rien à dire. C’est simplement que je refuse de perdre mon temps à argumenter avec des personnes de mauvaise foi. Car quoique je puisse dire pour ma défense ils auront toujours quelques choses à redire. Ces personnes m’ont déjà jugé et condamné.

On ne connait pas la vie de quelqu’un parce qu’on a grandi avec lui, ou que l’on l’a côtoyé tout le temps. Donc ceux qui çà et là ont pensé qu’ils savaient quelque chose pour avoir marché un tant soit peu avec moi et bien vous ne savez rien. J’ai toujours refusé que mon affaire soit politisée, je l’ai dit par le passé et cela est toujours ma position.

Cette tribune est bonne mais si je dois rentrer dans les “a cotés” de l’affaire on ne quittera pas ici et ce serait une fatigue inutile pour nous tous. Je parlerai donc des faits marquants et ne reviendrai pas sur ce qui a été déjà dit.

En 1998 j’ai obtenu le BEPC et la nouvelle a été publiée dans le quotidien Notre Voie… A la suite de cela j’ai été convoqué par le ministre de l’éducation d’alors. C’est après s’être rassuré lui-même et sur insistance de sa directrice de cabinet que j’ai été présenté à la télé.

Côte d’Ivoire-Le BAC à 9 ans-dans un système qui tue:il y a avait un génie, Norton Lewis Dagaud LEDEBATIVOIRIEN.NETElle avait dit en son temps:”Monsieur le ministre avec tous ce qu’on a fait au jeune ce ne serait pas juste s’il ne recevait pas de prix”. C’est comme cela qu’à la veille de la cérémonie du prix national d’excellence j’ai été emmené par la directrice à la primature aux alentours de 23 heures pour que je sois dans la liste des lauréats… On lui avait dit madame tout est déjà bouclé. Les prix, diplômes et enveloppes avaient déjà été positionné et même les cartes d’invitations sont finies donc il n’y avait rien à faire mais elle a insisté pour dire que j’étais proposé pour le compte du ministère de l’éducation nationale donc il fallait faire quelque. Ce soir nous avons reçu moi et mon père des badges du comité d’organisation.

J’ai pris part à la cérémonie que tous ont vu à la télé. Jusqu’aujourd’hui je n’ai pas encore vu les images moi-même…J’ai reçu 250.000FCFA de la part du Président Bédié… Ça été la seule et unique fois que je l’ai rencontré et Il n’y avait pas eu d’autres promesses.J’ai été affecté au lycée classique d’Abidjan… [Mais en Décembre 2016 j’ai été surpris quand le grand frère Nahounou Daleba est venu et m’a dit que lui et ses amis m’attendaient au lycée scientifique de Yakro et que mon voisin de banc était son ami. Je le lui ai dit. Je ne savais pas que j’avais été affecté au lycée scientifique et qu’il venait de m’informer comme cela].

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J’ai rencontré le proviseur en ce temps et après j’ai commencé les cours comme tout le monde. Je ne pensais pas que j’étais là pour une compétition, je pensais que j’étais là pour apprendre. Ma compétition elle a toujours été avec moi-même pas avec les autres. J’avais 10 ans et je quittais ABOBO-AVOCATIER pour aller sur la grande voie express d’Anyama très tôt vers 4 heures. Mon père a fait le trajet avec moi pendant 1 semaine puis il m’a confié à un jeune ami qui allait aussi au lycée classique et qui habitait la cour juste à l’opposé de l’école BAD agnissankoi non loin de l église catholique…

Ceux qui ont fait le lycée classique savent et connaissent le Bus n°35. Il n y a pas de répit quand on emprunte ce bus. Je passais toujours par les fenêtres parce que je ne pouvais pas passer par les portes, j’aurai été froissé. Donc le jeune s’arrangeait à monter je lui passais mon sac et ensuite avec l’aide des passants on me soulevait pour que je passe par la fenêtre.

C’était ainsi chaque fois. Le jeune était en avance dans les études donc on n’avait pas le même emploi du temps donc il m’a aussi fait connaitre une amie qui se proposait souvent d’aller et venir avec moi…Je n’avais pas de carte de bus alors et beaucoup d’anciens s’en rappelleront j’avais une culotte du primaire que je portais chaque fois que j’arrivais à l’arrêt de bus. Je m’échangeais en pleine rue aux yeux de mes amis et je continuais au lycée… Après les cours je refaisais la même chose.

Faut dire que l’argent que j’ai reçu j’ai fait une cabine téléphonique et c’est cet argent qui servait toute la maison… Donc au moment des cours je n’ai pas acheté à temps ma carte de bus d’ailleurs c’était la première fois que je rentrais dans ce système…Il m’arrivait donc d’arriver souvent en retard en classe et essoufflé… A midi je restais dans le lycée et je mangeais Garba ou des galettes. Mais ce qu’on me demandait c’était de « compétir » avec des jeunes qui ne faisaient pas forcement tous ce chemin.

Avant la fin du trimestre je suis tombé malade j’avais des problèmes d’yeux parce qu’en ce temps je dormais difficilement déjà et j’ai commencé à aggraver cela avec mes révisions tardives… Je n’arrivais pas avant 20 heures à la maison. C’était ainsi tous les jours.

Je suis allé au centre ophtalmologique de l’hôpital général Houphouët Boigny Abobo plaque et après consultations le docteur avait insisté pour que mon père prenne ses responsabilités car bien plus que ce que les gens auront à dire c’était a lui revenait la décision car je détruisais ma vue et mettait en péril ma santé. Dans l’hésitation j’ai dit à mon père que j’arrête et que les gens pourront dire ce qu’ils veulent. Ça ne changerait rien pour moi…

Effectivement quelque temps après un journal “le National” a titré que j’avais été retourné en sixième mais il n’avait pas mentionné le nouvel établissement d’accueil, ni même le bulletin de notes. J’ai rencontré le journaliste et je lui ai demandé mon bulletin de notes… Il ne me les a jamais remis. Pour lui le fait de ne plus me voir venir au lycée classique était suffisant pour qu’il titre que j’ai été ramené en 6e. Il y avait le témoignage de mon éducateur et d’un ami de classe Anoma, l’éducateur disait que j’avais toujours l’air rêveur, perdu dans les nuages.

Il n’avait pas tort dans ce sens que je me demandais qu’est-ce que je vais manger à midi, comment est-ce que je rentre après les cours et puisque j’avais été confié à lui je me devais de passer le saluer chaque fois. Donc je passais chaque matin avant les cours et c’est le visage d’un gamin qui était déjà épuisé alors que le plus dur commençait. Il n’a pas pu le comprendre. Mais c’était mon éducateur.

Côte d’Ivoire-Le BAC à 9 ans-dans un système qui tue:il y a avait un génie, Norton Lewis Dagaud LEDEBATIVOIRIEN.NETDonc jusqu’aujourd’hui je n’ai pas mon bulletin et je n’ai été nulle part. La logique aurait voulu que quelqu’un qui a 6/20 de moyenne et qui est renvoyé ne retourne pas en 6e, on lui aurait peut être demandé de repasser le BEPC ou meme de reprendre la classe de 2ndeC. Car aucunement un enfant de 6è dans le système classique ne pourrait prétendre faire mieux que moi en obtenant 6/20 de moyenne. La classe de 2ndeC en générale est une classe ou les bases d’un nouveau genre de mathématiques et de physiques sont établies et ce serait impossible que ce dernier comprenne quelque chose. Je m’arrête là…Après le lycée classique je suis juste resté à la maison et avec le soutien de mes amis et connaissances (des amis professeurs) j’ai étudié pour le BAC D…

En 2001 j’avais 12 ans, j’étais au collège les Grâces d’Abobo plaque et les traces de mon passage y sont toujours visibles. Là- bas je n’étais pas régulier au cours faute de scolarité. J’ai composé au collège les cours Sociaux d’Abobo…Quelques jours avant la proclamation des résultats mon éducateur qui connaissait mon père a appelé pour dire que j’étais convoqué à la DECOB…Nous sommes reçus par la Directrice et elle a dit:”Monsieur Dagaud les notes de votre fils nous paraissent et elle a complété par des gestes de la main… donc nous voulons être rassuré, il faut qu’il recompose et que nous en ayons le cœur net“.

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Sur place dans son bureau j’ai dit devant elle:”Et les autres? “. Je me suis demandé si les autres auraient à recomposer“. Elle m’a laissé la dans son bureau avec mon père le temps qu’on discute. Et mon père m’a dit à l’oreille «Norton si tu ne recompose pas les résultats n’ont pas encore été proclamé et on pourrait dire que tu as échoué et c’est terminé. » J’ai compris mon père et quand elle est revenue j’étais d’accord.

Mon père lui a demandé quand est ce qu’on revient? Et elle a dit:”on va le faire maintenant”. Et d’ajouter à mon père qu’il pouvait m’attendre. Mon père a refusé disant que je pouvais me retourner seul à la maison après la composition. On m’a conduit dans une salle et là j’ai eu affaire à un prof de philosophie. Il m’a dit «mon jeune on aura pas 4 heures mais plutôt 2 heures, tu feras l’introduction, les grands axes de ton développements et les idées et tu feras une conclusion. » Il était en face de moi.

Le jour suivant j’ai composé en Maths pendant 2 heures et durant 1 heure de temps je n’avais pas de calculatrice la directrice m’a dit que dès que la librairie de France ouvre on va m’en trouver une mais que je devais faire comme je peux pour le moment ensuite en Sciences Physiques pour 1h 45 minutes au lieu de 3 heures.

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C’est après cela que toujours dans l’attente alors que j’étais étendu sur ma natte et écoutait RFI que l’enfant de la coépouse de ma tante est venu m’annoncer mon résultat. Et vous connaissez la suite médiatique… Est-ce parce que j’ai dit cela que j’ai eu un BAC sur mesure? Pour ma part je considère que les notes que j’ai obtenues sont ceux de l’examen général…

Côte d’Ivoire-Le BAC à 9 ans-dans un système qui tue:il y a avait un génie, Norton Lewis Dagaud LEDEBATIVOIRIEN.NETAprès mon passage à la Télé j’ai reçu la visite des collaboratrices de la première Dame (4) qui se sont entretenues avec mon père et moi. Elles ont vu là où je vivais. Elles nous ont rassuré que certainement la première dame nous recevra et que nous devions rester à l’écoute. A la deuxième rencontre elle m’a signifié que le Président lui-même me recevra et qu’elle en tant que Première Dame ne peut que s’incliner. Je n’ai jamais vu la première dame.

Les jours suivants le Président lui-même a envoyé sa conseillère Technique nous chercher pour que je sois reçu. Nous sommes allés chez cette dernière et il y avait tonton Paul Arnaud avec nous…Nous attendions le coup de fil de la présidence pour bouger, mais déjà l’atmosphère n’était pas bonne…Quand on le reçoit on part avec elle et je suis reçu par le Président Gbagbo sans tonton Paul Arnaud. Le Pan d’alors était la avec le Président sur le même fauteuil et le Pr m’a dit approche, j’ai tendu la main et j’ai salué et j’ai parlé un peu avec le PAN et j’étais assis au milieu.

Après on part tous manger et je reconnais aisément le visage du General Ouassenan et de quelques députés. Il y avait assez de rire, moi j’étais avec mon père et la conseillère sur une table isolée du groupe des députés mais pas trop loin et je pouvais voir tout. Et là le PR me demande ce que je veux avant même que je ne parle les uns et les autres ont commencé a donné leur point de vue…Et le General Ouassenan de dire peut être bien qu’il faut l’envoyer en France. Mais le PR a insisté pour dire lui-même que «le jeune est là qu’il parle…» Et je lui ai demandé une bourse d’étude pour les USA et le président a accepté. Je m’arrête là…J’ai été rappelé par la conseillère pour que je m’asseye et le président l’a commissionné ainsi(en l’appelant par son nom) :” Va dans mon bureau, regarde dans le tiroir prends une enveloppe et qu’il le prenne pour son transport”.

Côte d’Ivoire-Le BAC à 9 ans-dans un système qui tue:il y a avait un génie, Norton Lewis Dagaud LEDEBATIVOIRIEN.NETC’est la seule fois où je l’ai rencontré au palais présidentiel… Et en ce temps il y a donc eu une promesse. Dans l’enveloppe il y avait   200.000F CFA. Cette dernière était en charge de suivre mon dossier. Et puis il y a eu un deuxième intermédiaire…Le passeport avait été fait pour moi et pour mon père, l’école trouvée était l’Université de Sacramento et la famille d’accueil avait été trouvée aussi. C’était une famille malienne. Il devait être rémunérée à hauteur de 500$/mois…

Ensuite il y a eu le 11 Septembre 2001, d’abord on m’a dit la famille d’accueil s’est rétractée, puis l’université dit que je suis très jeune il faudrait je sois accompagné donc il était maintenant question de joindre mon père pour qu’il me suive là-bas.Et là, les choses commençaient à prendre une autre tournure. Finalement on m’a fait savoir que l’Etat de Californie refusait les étrangers en ce moment…

On m’a convoqué dans le bureau de l’intermédiaire à la présidence et ce dernier a posé le problème et finalement ils ont décidé que je dois aller à Yamoussoukro pour être toujours au contact des études et que dans 1, 2, 3 mois on pourrait toujours me faire partir. J’ai demandé à mes interlocuteurs si c’est aussi le choix du PR. On m’a dit oui. J’ai dit prouvez-le. L’interlocuteur de la présidence est monté et quand il est revenu il y avait dans sa main une feuille et une signature la dessus avec l’écriture:”C’est le bon choix”. J’ai dit OK et j’ai ajouté: “je sais que vous m’oublierez là où je vais…” Mais on m’a juré qu’il n’en serait rien…

Séance tenante ils ont appelé le directeur d’alors et lui ont posé le problème. Ce dernier après plusieurs hésitations pour savoir les écoles qui sont encore ouvertes et les critères d’admission m’a dit d’opter pour l’ESCAE (prépa Com)… Je me rends à Yakro pour voir le Directeur avec mon père une fois là-bas, on me dit que l’anglais est trop intense donc faut qu’on me réoriente. Ne connaissant pas l’école je leur demande qu’en est-il des filières maths et sciences. On me signifie qu’ils sont rentrés bien longtemps et que la seule école disponible est Prépa Bio.

De retour à Abidjan j’en parle à mon interlocuteur mon envie de continuer dans les sciences mathématiques, ne respectant pas les critères on décide de me faire suivre un encadrement spécialisé dans le but de me préparer soit à intégrer l’année suivante Prépa Math ou bien que je puisse continuer aux USA si tout va bien. Voilà la réalité

C’est dans l’attente de cet encadrement que j’ai été envoyé en Prépa Bio. En y allant encore on m’a promis tout un tas de trucs mais j’ai dit en ce temps que ça ne m’intéressait pas. Oui à l’INP j’ai pleuré une fois mais c’était pour une autre circonstance…Oui à l’INP j’étais en résidence 5 et j’étais suivi par une dame qui est Gouro. Oui j’étais jeune et j’avais des distractions comme le jeu vidéo ou le football comme tout le monde d’ailleurs. Ce n’est pas un crime…

Mais non je n’ai pas visité toutes les filières de Yakro comme ça se dit en ce moment… J’avais des amis dans d’autres filières bien plus que là où j’étais c’est pour cela qu’on me voyait marcher avec des éléments de prépa Math et Techno. Beaucoup sympathisait avec moi comme Akoumia Yves, N’gofir(rip) , Aristide, Alla et bien d’autres …

Côte d’Ivoire-Le BAC à 9 ans-dans un système qui tue:il y a avait un génie, Norton Lewis Dagaud LEDEBATIVOIRIEN.NETA Yakro j’avais une bourse de 150.000FCFA que je venais chercher à la présidence chaque mois. (Nov. -Juillet). C’était la seule source de provision de la famille.

C’est à partir du mois de Mars de l’année suivante que l’encadrement a été mis en place. Et j’ai été retiré pour faire une classe où je devais revoir certains cours qui étaient du programme de Tc et celui qui pilotait tout était un professeur du nom de Dago(?) qui était aussi mon tuteur.

Après cela il y a eu un rapport des enseignants pour mon encadrement et c’était dit :”…doit se mettre au rythme de tout le monde pour ne pas constituer à lui seul une classe…”.On voulait me maintenir un peu plus longtemps alors que tout le monde partait en vacances j’ai demandé aussi mes vacances c’est comme ça que je suis parti de l’INP.

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Ils ont eu le rapport et quand j’ai demandé la suite on m’a dit que je devais continuer à Yamoussoukro pour toujours. Mes 2 interlocuteurs toujours en face de moi et de mon père, la conseillère prend la parole et puis dit: «Monsieur. Dagaud votre fils n’est pas excellent, il a juste eu le bac très jeune, alors soit, il fait ce qu’on lui dit ou bien nous nous désengageons et puis il n y aura rien, le ciel ne tombera sur la tête de personne.» Nous nous sommes séparés ainsi ce jour-là…

Durant les vacances j’ai été interviewé par un journaliste du «Liberal» qui n’était pas très loin de notre quartier, je crois (dépôt 9) et qui était ami avec mon père. Ce jour quand il est passé j’étais chez moi assis et il m’a souhaité la bienvenue des USA. Oui en ce temps je me suis emporté et j’ai dit que je venais de Yamoussoukro… ce fait m’a été reproché jusqu’en haut et on m’a dit pourquoi j’ai parlé? Et j’ai dit mais c’est la vérité.

Dans le bureau, le journal de l’interview en main on m’a fait sortir des dépenses qui se sont facturées à plus de 9 millions…et on m’a dit voilà ce qu’on a dépensé sur toi avec l’encadrement spécial. Nous nous trouvions à quelques semaines du 19 septembre 2002… Mais ce jour beaucoup de choses ont été dites et je ne pourrai pas le dire ici… Mais jamais on ne dit cela à un enfant de 13 ans.

Et c’est à cette période que j’ai arrêté mes relations avec mes interlocuteurs de la présidence...

Côte d’Ivoire-Le BAC à 9 ans-dans un système qui tue:il y a avait un génie, Norton Lewis Dagaud LEDEBATIVOIRIEN.NETRaconté ainsi évidemment ça ne pourra pas éclaircir les doutes des uns des autres mais comme je l’ai dit, certaines choses sont gravées dans ma mémoire pour n’être partagé à personne…J’ai parlé pour qu’une partie soit connue. Car les “a côtés ” je ne peux pas le dire pour ne pas heurter certaines personnes dans la situation actuelle que nous connaissons.

Que cela soit clair Le Pr de sa bouche n’avait jamais promis 10 millions F CFA. On m’a beaucoup reproché, même dans mon entourage, cette interview, comme en 1998 on m’avait dit pourquoi j’avais parlé au journal de l’opposition Notre Voie… Et c’est pour cela depuis je n’intervenais que dans les journaux neutres comme Ivoir Soir, Soir Info ou Inter.

On est allé même dire en ce temps que c’est parce que je suis Dida et de l’Ouest que le régime de 98 ne m’avait pas aidé… j’ai été toujours contre cette façon de parler. En 2001 j’ai entendu dire que j’ai reçu 10 millions du président mais que mon père avait mal dépensé. On a dit que j’avais reçu 5 millions mais que je faisais le modeste pour ne pas être emmerdé…

On a même dit que j’étais allé aux USA et que là-bas encore je n’avais rien fait et c’est pour cela que je suis revenu et que le gouvernement m’avait abandonné…Puis après on a dit le gouvernement m’avait finalement envoyé en Inde. J’ai été en Inde grâce à la bonne volonté d’un ami de toujours qui n’a jamais voulu que je le cite. Et j’ai tenu grâce à l’aide conjuguée de ma tante (maman Bibi) et certaines de ses camarades. Je leur suit reconnaissant. J’ai eu un Bachelor en computer application là-bas.

Et tout récemment des personnes se sont demandées pourquoi c’est maintenant je décide de parler… et j’ai vu le grand-frère Nahounou se débattre comme il peut pour leur faire comprendre que c’est un pur hasard qui l’avait remis sur mon chemin…Moi j’étais tranquille chez moi.

On m’a reproché mes amitiés et que c’est certainement ce qui a joué en ma défaveur. Mais dois-je rejeter les gens qui viennent ca et la pour m’aider et m’assister de leur bien… ?Je leur suis toujours reconnaissant. On pourrait continuer ainsi de suite et la liste serait longue… Mais de mon côté je n’ai jamais considéré toutes ces choses.

J’ai reproché à mes interlocuteurs d’alors un seul fait… celui de ne pas avoir honoré leur parole, d’avoir crié haut et fort qu’il s’occupait de moi. Cette situation a fermé beaucoup d’opportunités. C’est ce que j’ai toujours dit. Ils n’étaient obligés en rien vis-à-vis de moi.

J’ai rencontré Mr Cheick Modibo Diarra à la BCEAO au siège local et ce jour-là, après notre échange on lui avait signifié qu’il ne pouvait rien faire parce que le président avait donné sa parole.

Bref, de tout cela je retiens une chose on ne fait pas son enfant et demander qu’une autre personne s’en occupe aussi brillant soit il.

Je dis merci à ceux sans même me connaitre parle pour moi. Mais encore une fois je demande qu’on ne se fatigue pas à argumenter. Ce qui est fait est fait. Je demande simplement qu’on passe à autre chose. J’ai ouvert la boite de Pandore regardons ce qui s’y trouve. Aujourd’hui on veut s’apitoyer sur mon sort je dis non. On veut faire glisser mon affaire sur un autre terrain, je refuse.

Ce que j’ai fait aurait pu révéler du miracle si cela n’avait été répété et bien cela a été amélioré de loin. Vous avez vos enfants, vos filles, vos jeunes frères, vos jeunes sœurs qui font mieux aujourd’hui. Il y a des exemples récents. Mon père et moi nous voulons qu’il y ait une nouvelle approche pour notre éducation. Ce que nous essayons de faire comprendre c’est qu’il ne faut pas toujours être en train de compter sur le hasard pour qu’on est des surdoués… Moi j’ai montré le chemin. Je n’ai jamais été le premier et je ne serai jamais le dernier. Ma personne n’est rien parmi tous ces centaines de milliers de surdoués que le pays regorgent potentiellement… Commençons à éduquer notre peuple. C’est la seule voie de survie de notre continent car comme des grands l’ont dit sans éducation on ne survit pas dans ce monde… Les autres nations sont en train de former leurs élites (leurs soldats du futur) de demain (je parle de la Chine, du Japon, de la Corée du Sud, Israël) que faisons nous autres pendant ce temps ? Nous dansons nous chantons nous jouons… Mais si nous ne prenons pas garde et cela se dessine déjà la suite sera terrible bien plus que les années de nos pères… Nous subirons pire qu’eux. Nous sommes à l orée d’une deuxième colonisation… Intéressons nos jeunes à la science et aux nouvelles technologies voilà le vrai combat ».

Par Norton Lewis Dagaud

Il était un surdoué

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