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Abidjan :Le débat sur le ‘’Trou de 7 milliards Fcfa à la mairie de Koumassi’’ continue

Lors de la réunion du conseil municipal de Koumassi, du vendredi 13 septembre 2019, à la salle des mariages de la mairie de Koumassi, le maire (RHDP) Ibrahim Cissé Bacongo a déclaré avoir commis un audit par le cabinet KPMG sur la gestion de son prédécesseur, l’ex-maire (PDCI) Raymond N’Dohi. Il révèle sur la foi dudit cabinet, qu’il y a eu « un trou d’une valeur de 7 milliards FCFA » en l’absence de documents justificatifs comptables dans la gestion de la période 2016, 2017, 2018.

La large diffusion d’un audit privé commandé, non par le conseil municipal mais du seul chef du maire et le lourd manque indiquer, interpelle l’intelligence de plus d’un. Surtout quand il affiche une généreuse attitude de tolérance gratuite pour faire bon office. Car, il ne s’agit pas ici d’un manque au portefeuille personnel du ministre Cissé Bacongo, mais bien de 7 milliards FCFA qui auraient disparu sans traces, des caisses du contribuable de Koumassi.

Un audit privé ne saurait se substituer à une inspection de gestion de collectivité; car, cette compétence est dévolue à l’Inspection d’Etat, à la Direction Générale de la Décentralisation et du Développement Local (DGDDL) ou encore au contrôle et suivi du Trésorier municipal en charge d’exécuter le budget communal. En rendant public et par large diffusion, une si grave erreur de gestion cumulée sur trois ans, portant sur une si grosse somme, le maire Bacongo laisse croire que les missions d’inspections d’Etat dont la dernière qui a duré une semaine à Koumassi, avant les élections municipales, sans révéler de faute sanctionable de gestion, ont été mal conduites; et qu’aussi, le trésorier municipal qui a failli à une telle rigueur de contrôle, serait complice d’une si grave faute.

A cette même séance du conseil municipal du vendredi 13 septembre 2019, l’examen du compte administratif de gestion de l’exercice 2018 qui est le bilan d’exercice du maire N’Dohi présenté par Arsène N’Da Méa, le nouveau directeur financier recruté par Bacongo ; a revélé, au contraire et paradoxalement, une gestion excédentaire (+1.285.000 FCFA). En clair, l’ex-maire Raymond N’Dohi a bien travaillé et au-delà des prévisions de recettes. Comme l’exige la loi en la matière, le trésorier municipal, agent du Trésor public (non de la mairie) a confirmé ce résultat des comptes sur la base de documents de suivi et de contrôle que le cabinet KPMG dit ne pas avoir retrouvé, du moins si on en croit Bacongo. Il faut noter pour cela, les raisons de casses et travaux dans les locaux entrepris par Bacongo lui-même, avant même la passation de charges et sa prise officielle de fonction.

Conséquences : des registres financiers et d’état civil dispersés dans plusieurs locaux. De même, les dossiers du personnel ont été reconstitués plus tard après une note de service prise à cet effet par la directrice des ressources humaines. Il importe de souligner que cet excédent reporté au déficit cumulé de 4 milliards FCFA, hérité de la gestion lors de la passation de charges en 2001 avec l’ex-maire, le défunt Adou Assalé, Raymond N’Dohi ne laisse à son successeur Bacongo, plus que 4 petits millions de déficit après avoir honoré tous les engagements de la commune vis-à-vis de l’Etat.

Un adage ébrié dit bien « à vouloir noyer le poisson, on finit par se mettre plein la boue sur soi-même ». Ainsi pourrait-on caricaturer les faits du scoop mal ficelé qu’a voulu servir Cissé Bacongo, à l’opinion publique, par cette annonce de « Trou de 7 milliards FCFA à la mairie de Koumassi. En effet, en mars 2018, dans une déclaration abondamment relayée par la presse, N’Dohi revenait sur cette dette que l’équipe de Bacongo tente d’exploiter.

« Nous avons commencé avec un budget de 1.2 milliards FCFA. Aujourd’hui, nous sommes à près de 3 milliards FCFA. Nous avons hérité d’une dette de 4.5 milliards FCFA. Aujourd’hui, il nous reste 108 millions FCFA », avait déclaré N’Dohi. En fait, le budget de la commune de Koumassi en 2018 était de 2.6 milliards FCFA, dont les 2/3 consacrés au fonctionnement. Si l’on part du fait que les salaires ont été payés sur trois ans, que les factures ont été honorées, on se demande bien où ont bien pu quitter les 7 milliards FCFA sur trois ans, dont parle Bacongo. C’est donc clair, qu’il s’agit d’un gros bluff !

AVEC AUTRE PRESSE

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