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Abidjan : Déborah, la belle  apprentie gbaka face à l’hostilité masculine ! le  boulot est dur mais elle s’accroche !

 Déborah, le  gain facile, elle n’en veut pas

 

«Il y’a des filles qui vont se prostituer pour avoir de l’argent, moi j’ai décidé d’être apprentie gbaka. Ce n’est pas facile mais je fais avec quand même. Vous même, vous avez vu ce que certains jeunes garçons apprentis gbaka pensent de moi»

Voici une matinée passée avec celle qui défie le jeunes hommes sur leur territoire dans le transport interurbain dans la capitale économique ivoirienne, Abidjan. Il est quatre heures trente minutes du matin à Yopougon, une commune de la ville d’Abidjan. C’est à cette heure, dans une fraicheur matinale, que Déborah se dirigea vers son mini-car communément appelé en Côte d’Ivoire “gbaka”. Elle nettoie son “gbaka” pour qu’il soit propre avant l’arrivée de son patron, le chauffeur du mini-car. À cinq heures du matin, vînt le patron en question qui lui demanda si elle a contrôlé le niveau d’huile et de l’eau du radiateur. Elle répondît par l’affirmative. Comme deux précautions en valent mieux qu’une, le patron contrôla à son tour le niveau d’huile et de l’eau. «C’est bon ! On peut partir » lança le patron avant de démarrer et partir en trombe.

« Adjamé-mosquée ! Adjamé-mosquée ! » crie à tue-tête Déborah et continuellement toute la journée de son travail. Elle commença à prendre ses premiers clients. Il est cinq heures quarante-cinq minutes, le mini-car roulait maintenant en direction de la commune d’Adjamé. Déborah commença à faire l’encaissement des frais de transport de ses clients. « Madame, le transport. Monsieur, le transport. Pardonnez ! 500 –  1000 F CFA, y’a pas monnaie, je viens de commencer, s’il vous plaît, aidez moi ». Nous arrivâmes à Adjamé-mosquée, le terminus des mini-cars qui font la ligne Yopougon – Adjamé-mosquée par Agban. Déborah descendît et alla chercher la monnaie pour certains clients. Elle est interpellé par un jeune apprenti-gbaka qui avait du mal à accepter l’intrusion de la gente féminine dans “sa corporation”.

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Il n’a pas manqué de le signifier vigoureusement « Éh toi là, ta place c’est pas ici, les femmes vont vendre au marché pour se chercher, toi qui sait te jouer la dure pour venir balancer avec nous. Apprenti – Gbaka là, c’est pour les garçons. Regarde moi celle – là. Et puis … ». Il n’a même pas eu le temps de finir ses propos qu’il s’est fait remettre à sa place par des dames à l’intérieur du mini-car de Déborah. « Qui t’a dit ça ? Qui t’a dit qu’être apprenti – gbaka, il faut forcément être garçon ? Idiot ! Le monde change, tu ne sais pas. Ce que les hommes font là, maintenant les femmes peuvent faire ça aussi » s’offusqua l’une d’entre les dames dans le mini-car de Déborah.

Enfin, nous arrivâmes au terme de notre voyage expérimental avec Déborah. Une jeune demoiselle qui brave chaque matin les risques liés à la profession qu’elle a décidé désormais d’embrasser afin de subvenir à ses besoins. « il y’a des filles qui vont se prostituer pour avoir de l’argent, moi j’ai décidé d’être apprentie – gbaka. C’est pas facile mais je fais avec quand même. Vous même, vous avez vu ce que certains jeunes garçons apprentis – gbaka pensent de moi » s’exprimait, ainsi, Déborah lorsque nous lui avons demandé la raison qui la motive à faire cette profession.

H.KARA

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