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Côte d’ivoire-dangereuse extraction minière à N’dakouassikro : le gouvernement interpelé; No Vox CI exige l’arrêt immédiat du projet et la libération de Konan Yao Hubert

libération de yao Hubert prison LEDEBATIVOIRIEN.NET

No Vox CI a  rendu public son rapport sur la dangerosité de l’extraction minière à N’dakouassikro, sous-préfecture du département de Djekanou, dans le centre de la Côte d’Ivoire. L’organisation a exigé, dimanche 22 décembre 2019 à Abidjan,l’abandon du projet de d’extraction de la mine. Et la libération immédiate et sans poursuite de Yao Konan Hubert-journaliste free-lance membre de la communauté. il est incarcéré, depuis août 2019.

No VoxCI

Rendant public son rapport sur la résistance de la communauté villageoise, face à l’activité d’extraction minière de la société Mondiale Mines, l’organisation de défense des droits humains , No Vox CI a appelé«au respect du droit des communautés à décider de leur avenir et de l’utilisation de leurs terres. Au respect des droits fonciers légitimes des communautés. Au respect de la décision légitime de la communauté de N’dakouassikro et à l’abandon du projet de mine. À la libération immédiate et sans poursuite de Yao Konan Hubert ». Déclaration face à la presse de Yvonne Toba, la coordinatrice      nationale du mouvement citoyen. Un rapport qui sort, après plusieurs mois de conflit social entre la communauté villageoise de N’dakouassikro sous-préfecture du département de Djekanou et les autorités,  notamment la gendarmerie nationale, qui sur ordre a procédé à une action de représailles devant l’opposition de la communauté  à voir réaliser l’opération de Mondiale Mine sur sa terre.

Une action ayant entraîné l’incarcération d’un ressortissant de ladite communauté détenu à la prison de Toumodi.Après une première audience alambiquée qui a déclaré l’incompétence territoriale du tribunal de Bouaké où il était incarcéré portant des séquelles de la violence de la gendarmerie de Djekanou, sans soins, il a été transféré à la prison de Toumodi. Une situation  semant du coup, une atmosphère de grosse peur parmi les populations fermes sur leur opposition à l’extraction de l’or sur leur terre sans respect de certaines conditions. Elles  vivent, aujourd’hui sur leur propre terre la peur au ventre dans la crainte d’une action punitive de la part des autorités ivoiriennes.Une situation déstabilisante qui interpelle.

No Vox Côte d’Ivoire tire la sonnette d’alarme face  à la menace qui pèse sur cette communauté qui vivait paisiblement, avant l’arrivée brusque et inopinée de la société Mondiale Mine sur son sol,afin que leurs droits soient respectés et le projet de mine abandonné. Le rapport de No Vox Ci note qu’en Côte d’Ivoire, dans  les conflits liés fonciers, les terres des populations les plus vulnérables sont convoitées par les plus puissants. En villes, les quartiers informels sont déguerpis pour y construire des immeubles dans lesquels les anciens habitants n’auront jamais les moyens d’habiter. En zone rurale, l’accaparement des terres agricoles est tout aussi dévastateur, voire plus.

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Alors que la terre représente pour ces communautés le moyen de se nourrir, de nourrir leur famille, de scolariser leurs enfants, de se soigner, en un mot la terre représente la vie de ces communautés. «Elles connaissent la valeur de leurs terres, pas tant celle économique, mais celles sociale, culturelle et spirituelle. Dans les communautés, la terre se transmet de génération en génération, elle est donc un héritage à préserver », souligne No Vox Ci.

 

La responsabilité des autorités ivoiriennes

Ces populations rurales sont les victimes des sociétés qui s’emparent de leurs terres sans tenir compte de leurs droits. Une fois installées, ces sociétés ne respectent pas les engagements pris auprès des communautés, ni leur responsabilité sociétale des entreprises, souvent elles ne versent même pas la totalité de la purge des droits coutumiers. Elles font des bénéfices sans que les communautés impactées n’en voient les retombées. Tout cela est rendu possible par la complicité des autorités.

Alors que les autorités devraient protéger les communautés, défendre leurs droits et leur volonté, elles les livrent à l’avidité des entreprises venues faire du profit sur leurs terres. Ces autorités prennent partie pour les sociétés au détriment de leurs administrés et de l’intérêt général. Ces représentants du peuple, censés porter la voix des populations, manquent à leurs devoirs. Malheureusement, le bien-être des communautés ne fait pas le poids face aux intérêts personnels et à la quête du pouvoir.

De plus, les communautés villageoises ne partent pas égales faces à ceux qui veulent s’emparer de leurs terres. Bien souvent, elles sont illettrées, mal ou faussement informées, elles ne connaissent pas leurs droits, elles sont manipulées et parfois abandonnées par leurs élus locaux. Elles se savent moins puissantes que les entreprises venues accaparer leurs terres. Cette situation les rend particulièrement vulnérables, elles s’avouent alors facilement vaincues. « Le cas du village de N’dakoussikro, que nous exposons dans ce rapport, diffère sur ce point. Ce village, face à la perspective de perdre ses terres au profit d’une société minière aurifère, a décidé de résister. En réponse, les autorités ont abusé de leur pouvoir pour intimider les : arrestations de leaders des jeunes, menaces, pression de la part des autorités, emprisonnement… »,indique, les poings fermes, la coordinatrice nationale Yvonne Toba.

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C’est en juin 2018 que  les habitants du villageN’dakoussikro ont appris qu’une société minière, Mondiale Mines dirigée par dame Henriette Lagou avait obtenu une autorisation pour ouvrir une mine d’or sur le périmètre de leur village. Ils ont aussi appris que le chef du village avait donné son accord sans les consulter. En possession de ces informations, les habitants collectivement décident de s’opposer à l’installation de la mine. Malgré les réunions avec les autorités venues les convaincre et les intimidations et menaces de la gendarmerie, le village a maintenu et maintien son opposition.

En août 2019, les premiers travaux pour la mine ont commencé, face à ce fait le village bloque le chantier. La gendarmerie menace certains cadres du village et procède à l’arrestation d’un fils du village Konan Yao Hubert, pour avoir rappelé leurs droits aux habitants. Il est depuis son arrestation, le 4 août 2019, toujours détenu et dans l’attente de son procès. No Vox-Côte d’Ivoire met en lumière les violations des droits commises suite au projet de mine,depuis cette arrestation. Le refus du village de N’dakouassikro de voir s’installer une exploitation minière est fondé sur l’expérience d’autres villages. Les habitants ne savent pas où se trouvera exactement la mine, ils savent seulement qu’elle fera 85,35 hectares. Personne dans le village n’a reçu de courrier l’informant que ses terres étaient dans le périmètre de la mine.

Le village dépend entièrement de l’agriculture

Yvonne Toba, coordinatrice No VoxCI

L’installation de la mine est incompatible avec le travail agricole, les paysans perdraient donc leurs terres et leurs revenus. De plus, l’exploitation aurifère se fait le plus souvent avec des produits chimiques comme le mercure et le cyanure. Dans la plupart de cas, leur utilisation n’est pas bien faite et ces produits contaminent les rivières et mettent en danger l’approvisionnement en eau des habitants. Les terres sont elles aussi souvent polluées, devenant alors improductives.

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Dans les villages où de telles mines se sont installées, il a été constaté qu’une grande instabilité sociale s’en est suivie. Le niveau d’insécurité augmente très fortement. On trouve des cas de coupeurs de route, des vols, du trafic de drogue. De très jeunes filles sont prostituées et par conséquent déscolarisées. Les cas de viols et d’agressions sexuelles sont aussi fréquents. Des cas de trafics humains et de sacrifices ont aussi été rapportés. L’installation d’une mine signifie l’augmentation forte et soudaine de la population et des changements d’activités et donc de comportements. Tout cela aboutit à une grande désorganisation sociale.

Devant une telle menace et  violation des droits des  populations pour une  vie saine et un environnement viable, No Vox Ci appelle àla libération immédiate  et sans poursuite de Yao Konan Hubert ; au respect du droit des communautés à décider de leur avenir et de l’utilisation de leurs terres. Au respect des droits fonciers légitimes des communautés. Au respect de la décision légitime de la communauté de N’dakouassikro et à l’abandon du projet de mine.

Devra-t-on saisir d’abord le président de la république de Côte d’Ivoire à l’effet de mettre un terme à cette situation de violation flagrant des libertés des populations  à disposer d’elles-mêmes et de jouir de leur liberté sur leur terres et aussi de la liberté d’expression et d’actions ? Le jeune journaliste-freelance Hubert Konan doit être libéré.

HERVE MAKRE

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