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Urgent-seul un coup de tonnerre pourra fendre le F CFA de la France: mais comment? La révolte des constitutions

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Quand le CFA de la France donne du tournis au régime d’Abidjan

De justificatif en justificatif, le chef de l’Etat ivoirien soutient son projet de mise en route de la monnaie de la zone franc qui passera du CFA à l’ECO cette année 2020. Pour être la future monnaie commune à l’espace CEDEAO et des États membres de l’UEMOA, l’accord est un pas vers l’unanimité. Parcourant toutes les constitutions des pays africains du FCFA, dans aucune d’elles, ni dans aucun journal officiel un seul article ni un seul décret qui reconnaissent le Franc CFA comme étant la monnaie du peuple africain. Et pourtant. Une guerre obscure se mène dans l’ignorance du peuple africain avec la complicité directe de sa classe dirigeante. Actuelle et passée. Seul un coup de tonnerre venant d’ailleurs pourra fendre la muraille ”franceafrique”.

L’observation du Père Coly est appuyée d’une puissante déclaration du français Édouard BALLADUR qui disait: «La monnaie n’est pas un sujet technique, mais un sujet politique qui touche à la souveraineté et à l’indépendance des États».
Dans la Constitution des États-Unis d’Amérique, Section 8 de l’article 1 : «Le Congrès aura le pouvoir de battre monnaie, d’en déterminer la valeur» Thomas Jefferson, le 3ème président des États-Unis déclara : «Une banque centrale privée qui émet la monnaie publique du peuple est une menace plus grave pour sa liberté qu’une armée dressée». Il continue en 1791 : «Si les colonies américaines permettent d‘aventure aux banques privées de contrôler l‘émission de la monnaie, alors ces banques passeront par l’inflation puis la déflation pour priver le peuple de ses biens. Jusqu’à ce qu’un matin, leurs enfants se réveillent en ayant perdu leur maison et les terres que leurs pères avaient exploitées. »

ECO CFA LEDEBATIVOIRIEN.?NETC’est dans un tel environnement que tonne encore le propos d’Alassane Ouattara dans le débat entre, taux de change fixe et taux de change flexible pour la future monnaie commune à la Cédéao. Alassane Ouattara est convaincu que le taux de change fixe entre l’euro et le CFA et garantie par la France a fait ses preuves en protégeant, au fil du temps, la zone UEMOA et par conséquent les consommateurs, de l’inflation. «Il faut que cela soit maintenu», selon lui. Là où les chefs autres chefs d’État parlent d’un taux de change flexible vis-à-vis d’un panier de devises, mais garanti par une banque centrale africaine. Un rapport de force UEMOA et la Cédéao où le Nigéria reste incontournable dans les questions monétaires d’Afrique de l’Ouest.

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C’est qu’en visite officielle à Abidjan, du 20 au 22 décembre 2019, Emmanuel Macron unilatéralement avec à ses côtés Alassane Ouattara, goinfré du titre de président de la Conférence des chefs d’État et de gouvernements de l’Union économique et monétaire ouest-africaine a annoncé la naissance de l’ECO, la nouvelle monnaie qui va succéder au franc CFA. Avec “l’arrêt de la centralisation de 50 % des réserves au Trésor français”.

Mais les ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales de la Zone monétaire de l’Afrique de l’Ouest (ZMAO), le 16 janvier 2020, à Abuja, au Nigeria ont jugé cette décision non conforme avec la décision de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO qui présente l’ECO comme monnaie unique indépendante de la CEDEAO”. Et pour mieux faire, le Conseil de convergence de la Zone Monétaire de l’Afrique de l’Ouest reste intraitable sur la tenue d’un “sommet extraordinaire” pour “examiner en profondeur la question du CFA à l’ECO”. le Ghana, la Guinée, le Libéria, le Nigéria, la Sierra Leone et la Gambie sont de la zone.
Plusieurs experts monétaires et mêmes des anonymes personnes ne partagent pas, la vision de l’ancien-gouverneur de la BCEAO, ancien Directeur Général du FMI pour l’Afrique, ancien Conseiller économique de 120 pays à travers le monde, le chef de l’Etat ivoirien Alassane Ouattara.

Le Franc CFA pas une monnaie africaine mais bien française, depuis 1960

Pour comprendre suivons bien le Père Coly affirmant l’existence d’un brevet déposé par la France sur le franc CFA et pas encore démentie par Emmanuel Macron! Au plan juridique indique-t-il: “La propriété «est» le droit de jouir et disposer des choses de la manière la plus absolue» (article 544 du Code civil français). Le Père croit savoir que le FCFA n’appartient pas aux africains, car un brevet est déposé par la France sur le FCFA. La France est propriétaire du FCFA et bailleur. Elle loue la monnaie aux africains. Tout simplement parce que battre monnaie relève purement de la volonté du peuple ou bien de ses représentants. Il existe trois classes de citoyens qui interviennent dans la création d’une monnaie.  Ce sont selon le père Coly; d’abord, les experts qui mettent leur expertise au service du politique pour l’intérêt du peuple, pour démontrer les avantages et les inconvénients d’avoir une monnaie propre au peuple. Ensuite, le politique à son tour qui étudie le contexte géopolitique nationale et internationale. suivi des capacités du peuple à assurer la survie d’une monnaie souveraine, l’observation de critères de convergence quand il s’agit d’une Union Monétaire, c’est-à-dire l’appartenance à une Zone Monétaire Optimale (ZMO) (selon les termes de Mendel 1961). Le politique n’ayant pas le dernier mot, fait appel à l’unique souverain : Le Peuple.

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Et enfin, le peuple en dernier ressort, par référendum ou par ses représentants, décide si oui ou non, il veut sa monnaie.
Le Franc CFA n’est pas un héritage colonial mais une monnaie coloniale contrairement à la langue française qui est reconnue dans toutes les constitutions des pays africains francophones comme étant la langue officielle. Le seul décret au monde qui reconnait le FCFA c’est : l’article 3 du décret N° 45-0136 du 26 décembre 1945. Les signataires de ce décret furent : Charles de GAULLE, Président du Gouvernement provisoire, René PLEVEN, Ministre des finances et Jacques SOUSTELLE, Ministre des colonies.

La BCEAO n’est pas juridiquement reconnue sur le marché international

Seule la France a le pouvoir de vendre et d’acheter le franc CFA sur l’échiquier international. La BCEAO n’a jamais participé à la conférence internationale sur la monnaie organisée par le FMI. Les Zones CFA ont toujours été représentées par la France chaque première semaine du mois d’octobre de chaque année de la conférence internationale sur les monnaies. Les textes économiques sur le Franc CFA ont été tous élaborés par la France. Et jusqu’à aujourd’hui la BCEAO, la BEAC, la BCC sont les seules Banques Centrales au Monde qui n’ont pas le droit de garder leur or en leur sein faisant ainsi de la France la 5ème réserve d’or au monde, derrière l’Italie.
Devoir de mémoire  Le rapport d’information N° 2907 produit par l’Assemblée Nationale de France dit que c’est : «La Banque de France qui achète et vend quotidiennement les devises sur le marché des changes pour le compte des Institutions d’émission africaines».
Edouard BALLADUR, ancien Ministre d’État de l’Économie, des Finances et de la Privatisation et ancien Premier Ministre français disait que : « le FCFA a été dévalué à l’initiative de la France ».

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ALASSANE OUATTARA, A ECHANGE CE JEUDI 19 JUILLET 2018, AU PALAIS DE LA PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE, AVEC LE PRESIDENT DE LA BANQUE OUEST AFRICAINE DE DEVELOPPEMENT (BOAD), M. CHRISTIAN ADOVELANDE. LEDEBATIVOIRIENNETLe vendredi 30 septembre 2016 à Bercy, le Ministre de l’économie et des Finances français Michel SAPIN avait réuni ses homologues des 14 pays du Franc CFA pour «échanger sur les grands enjeux économiques et monétaires d’intérêt commun». Cette rencontre avait un autre objectif : les tenir informés de la tenue des assemblées du FMI et de la Banque mondiale organisées dans la première semaine du mois d’octobre 2016 avec la participation de toutes les monnaies officielles du monde entier à Washington avec pour thème: «Croissance, investissement, développement…». Le grand absent représenté par la France était : le franc CFA, une monnaie au service de la France depuis plus de soixante-dix ans.

Le débat se concentre désormais sur la conduite des dirigeants africains à l’effet d’arracher cette indépendance monétaire qui ne saurait qui n’a que trop duré. L’échec de la nouvelle monnaie telle que pensée par Alassane Ouattara en fin de mandat et Emmanuel Macron luttant pour son second reste une évidence. Mais que reste-t-il aux africains face à la chape de plomb, France?

HERVE MAKRE

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