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Inédit-SOS : en 2è année universitaire à  Abidjan il abandonne et  devient poseur d’ongles et cils  de rue

 La cherté de la scolarité fait d’un étudiant un maquilleur de rues

La cherté de la scolarité et la lutte contre le chômage annoncée  par le gouvernement  ivoirien deviennent des obstacles pour l’avenir des diplômés. Ce qui les conduit dans la rue mettant un frein à  leur avenir et leur évolution, comme c’est le cas  pour Élysée Kipré, un jeune étudiant devenu maquilleur de rues. Il a arrêté ses études pour la pose des faux  ongles,  faux cils, et les tatouages en rajout. Découvert en pleine activité féminine, il explique sa mésaventure et comment il y est arrivé.

 Faute de moyens financier, Kipre Élysée jeune ivoirien de 24 ans,  étudiant  en deuxième année de géographie est devenu un maquilleur de rues  depuis 2016. Il s’adonne à la pose de fausses ongles, faux cils, et rajout aux sourcils des femmes au marché de Sicogi Yopougon. Découvert en pleine activité féminine, il exprime sa désolation face aux difficultés financières de ses parents. Chose qui l’empêche d’aller au bout de ses études. Il a donc décidé de faire ce petit métier pour survivre. Ils sont trois enfants écoliers de la famille et leurs parents broient du noir. Seule la mère prend la famille en charge grâce à son petit commerce.

Après son baccalauréat, Élisée est admis à l’Université de Cocody en géographie. Mais, il n’aura pas la chance de terminer ses études à cause du coût de la scolarité. Son père un ex-infirmier qui, a rencontré des problèmes au niveau de son service, a été précipité en retraite. Ce dernier n’arrive plus à faire face aux dépenses quotidiennes de la famille. Il cède le flambeau de la charge familiale à la mère d’Elisée qui endosse presque toutes les tâches quotidiennes. ”C’est la galère qui m’amène ici, après une année à l’Université mes parents n’avaient plus les moyens pour assurer la 2e année. Et j’ai accusé vraiment un grand retard pour reprendre. Je ne me suis pas inscrit à temps. J’ai donc décidé de me chercher moi-même dans la rue. C’est ainsi qu’un ami qui m’épaulait, m’a demandé de le rejoindre ici pour ce boulot qu’il fait lui-même d’ailleurs  ”se confie-t-il, un peu l’ère déçu.

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Il posait le rajout aux sourcils d’une jeune fille qui reconnait vraiment ses mérites dans ce métier, lorsque nous l’interrogeons. A l’entendre, il semble qu’il ne se sent pas trop dans ce boulot. Il veut continuer ses études si possible, passer les concours. Mais à qui ira-t-il?  ”J’ai bien envie de tout arrêter et continuer les études, et passer les concours mais c’est très coûteux, or il faut que j’aide aussi maman, sincèrement il n’y a personne pour m’aider. C’est chaud partout, donc je ne pourrai que me contenter de ça pour survivre, aujourd’hui la Côte-d’Ivoire c’est le ”sauve qui peut” et c’est la triste réalité.” Regrette-t-il.

Il faut dire que ces jeunes ivoiriens étudiants, aussi diplômés qu’ils soient beaucoup sont dans les mêmes situations qu’Elisee. D’autres vont même jusqu’à déboucher des caniveaux ou charger des bagages des gens pour avoir un peu de sous. Ainsi va la vie. La pauvreté,  la misère, les prix exorbitants des fournitures scolaires et de la scolarité ainsi que la cherté de la vie, poussent les étudiants dans  les lieux et milieux douteux. Les parents sont beaucoup  limités financièrement au point d’abandonner les charges scolaires de leurs enfants. Ce coût de la vie scolaire conduit les jeunes élèves à la perdition. Ce qui contraste violemment avec le discours gouvernemental.

Hortense L.K.

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