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La musique africaine encore en deuil: après Manu Dibango, Mory Kanté qui la scène

MORY KANTE LEDEBATIVOIRIEN.NET

La musique africaine vient d’être frappée une fois de plus par le deuil. En effet, deux mois après le décès de Manu Dibango, c’est le célèbre artiste guinéen, Mory Kanté qui est décédé hier à Conakry en Guinée à l’âge de70 ans. Auteur de Yéké-Yéké, sans doute l’un des plus grands succès musicaux africains, Mory Kanté s’inscrit dans la lignée des artistes qui par leur talent ont donné à la musique africaine ses lettres de noblesse.

Né d’une mère malienne, Mory Kanté était un griot qui a maitrisé dès l’enfance le maniement de la kora et du balafon. Il a débuté avec des groupes de griots avant d’intégrer les Raid Band de Bamako dans les années 70. Il va ensuite atterrir à Abidjan qui était la plaque tournante de la musique africaine dans les années 80. Informé du décès de Mory Kanté, Youssou  Ndour, une autre icône de la musique africaine est sans voix : «c’est un baobab de la musique africaine qui part nous laissant pantois devant la triste réalité, car il a influencé la carrière musicale de plusieurs artistes africains».

Cet artiste avec son talent est celui qui a donné de la dimension au groupe Raid Band basé à Bamako. Discret depuis quelques années pour cause de maladie, Mory Kanté tire sa révérence au moment où la musique africaine est à la croisée des chemins. Griot mandingue, Mory Kanté a révélé ce genre musical au monde. C’est pourquoi il se plaisait à dire : « je fais de la musique authentique africaine ».

De la kora mandingue à la kora électrique, il est l’un des premiers artistes africains avoir mis les pieds en Europe notamment en France où sa voix était omniprésente dans les cérémonies entre les années 80 et 88. «C’est un musicien plein qui savait jouer à la fois la kora et le balafon avec un grand sens de la mélodie», se souvient son ami Salif  Keita, celui-là même qui l’a introduit dans Raid Band de Bamako. Mory Kanté disparaît, mais la relève pourrait être assurée par son fils Bala Kanté qui promet de suivre ses traces. « Mon père n’est pas mort car mes œuvres sont inspirées des siennes. Je n’ai pas à chercher loin, j’ai déjà le creuset en moi ». Mais en attendant de voir le fils à l’œuvre,  nous disons adieu l’artiste.

FORD RAYMOND GUEI

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