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Abidjan-la covid-19 et la fête du mouton: pleurs des parents et lamentation des vendeurs

difficulté d'achat du mouton de la Tabask LEDEBATIVOIRIEN.NETi

Dès vendredi 31 juillet ce sera la grande fête des musulmans. La   célébration de la Tabaski appelée communément fête de mouton aura  lieu. Mais à cause des activités bloquées par la covid-19, les familles ont des difficultés d’offrir des cadeaux à leur progéniture ou à acheter le mouton du jour. 

Ayant perçu cette difficulté, le gouvernement dans le cadre de l’opération “Plaisir Tabaski”, a remis à quelques 2000 familles musulmanes victimes des crises survenues en Côte d’Ivoire des kits alimentaires. Et là des  mains, du ministère de la Solidarité, de la Cohésion sociale et de la Lutte contre la Pauvreté.

Cette initiative vise à apporter un soutien aux familles à faibles revenus à l’occasion des grandes fêtes religieuses, la fête de la Nativité pour les chrétiens et la Tabaski pour les musulmans à travers des opérations dénommées « Joie de Noël » et « Plaisir Tabaski ».

Cette action est à sa quatrième édition. Chaque famille bénéficiaire a eu droit à un kit alimentaire composé de riz, de pâte alimentaire, d’huile, de tomate et de viande bovine. «C’est un soulagement pour nous de recevoir ces kits à l’occasion de la Tabaski. Vous venez encore de manifester votre solidarité envers les victimes et parents de victimes, bien qu’ayant déjà reçu réparation. Nous vous en sommes très reconnaissants. Merci au Président Alassane Ouattara et au gouvernement», ont indiqué les bénéficiaires.

En plein dans la fête de Tabaski

Comme à l’accoutumée, durant la fête de mouton, il faut offrir le plus beau cadeau aux  enfants. Les femmes et les hommes doivent être bien drapés de leurs plus beaux habits. Quel que soit le nombre d’enfants et de femmes dans une famille,  chacun doit être bien mis le jour de Tabaski pour montrer son attachement à Dieu et lui faire bonne impression. Ce jour spécial de l’immolation de l’agneau, on  n’oublie pas d’acheter, les poulets et assez de providences vivrières pour la gastronomie pour embellir la fête. C’est un jour de partage et de convivialité. Mais la population crie au calvaire et à la désolation. Comment affronter cette réalité et assumer pleinement son engagement pour le bien-être familial et se réjouir  en reconnaissance du bien fait de Allah?

Le covid-19 et l’engouement

Nous avons sillonné les marchés et les centres commerciaux pour voir l’engouement autour de cette fête en 2020. Mais fort est de reconnaître que les commerçants sont beaucoup plus nombreux que les acheteurs. C’est beau à voir, tout est là, rien ne manque, à commencer par les jouets d’enfants: vélos, motos, voiturettes, petits fusils, dinettes, poupées ainsi que toute sorte d’habits et chaussures de petites et de grandes tailles,  de tout genre, de moindres et de grandes valeurs selon les moyens et le goût de chacun.

Des boubous en basins riches et d’autres accoutrements de valeur sont étalés çà et là en bordures des rues, des marchés et supermarchés. À contempler tout cela, on sent le parfum de la fête de Tabaski 2020, l’année de l’émergence. Ici les parents racontent leur calvaire. Ils n’ont pas encore véritablement repris les activités du fait de la fermeture des secteurs d’activité due à coronavirus. Et pourtant, 2020 aurait été détectée comme année d’émergence.

Mais, l’émergence elle-même en vaut le coup. Il n’y a pas de moyens financiers, selon les chefs de famille qui racontent leur calvaire. Doumbia S. dit être beaucoup coincé, car depuis le confinement il n’a pas encore véritablement replis les activités.

”Cette année est vraiment différente des autres années. Il n’y a pas d’argent. Le peu qu’on perçoit on est obligé de partager avec les parents au village, parce que cacao n’a pas donné, aussi les produits agricoles ne sont pas bien payés. C’est difficile, voilà la fête on ne sait même pas comment faire.

Et puis, tout est cher. Un seul mouton coûte plus de cent mille francs, le confinement a tout bloqué” se lamente-t-il. Maman Fany, avec quatre enfants en mains, estime que tout est devenu extrêmement cher”.  

Les choses sont chères, un seul complet d’enfants coûte 9000 à 15, voire 20 mille francs ! Où allons-nous, s’il faut acheter les habits et les jouets à des prix exorbitant, nous-mêmes les grands, nous devons être bien mis aussi. Si ça continue comme ça, nous allons mourir après la fête” confit-elle.  Non seulement les parents se plaignent du manque d’argent, les commerçants se lamentent aussi de l’absence des clients.

Zan Lou Béatrice, commerçante, quant à elle, défend la cause des commerçants: ”Cette année c’est dur pour nous les vendeurs. On partait chercher les marchandises à Lomé ou à Accra, mais à cause de la fermeture des frontières,  on n’est pas sorti et tout est très cher ici à Abidjan. Voilà que rien ne marche. Comment nous allons faire alors ! On fait un peu plus cher pour pouvoir retirer le minimum du temps perdu afin de faire face aux crédits. Il y’a trop de difficultés dans ce pays-là, maintenant et covid-19 vient en ajouter encore”.

Dans l’ensemble, les ivoiriens mettent tout sur le dos de la crise sanitaire à coronavirus qui empiète l’émergence tant annoncée. ‘‘L’émergence de 2020, si c’est comme ça, la misère va nous  tuer. Tout est devenu cher sur le marché” disent-t-ils.

Hortense Loubia K.

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