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Urgent-la trame de la rencontre OUATTARA-MACRON ce jeudi ? le Dossier d’Aujourd’hui

OUATTAEA ET MACRON A PARIS LEDEBATIVOIRIEN.NET

A deux mois de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, l’ancien patron du Crédit Suisse Tidjane Thiam incarne le visage de la transition qui pourrait rapidement se mettre en place à l’initiative de la France. Alassane Ouattara doit faire le point à Emmanuel Macron sur la situation politique en Côte d’Ivoire marquée par une flambée de violence ces dernières semaines. Selon Jeune Afrique qui avait rendu publique l’information, l’entretien entre les deux hommes est prévu soit ce premier jour de septembre soit ce mardi.

Dans le landernau politique national, tout le monde retient son souffle. Car à l’allure où vont les choses, il ne fait guère de doute que le pays pourrait rapidement sombrer dans de nouvelles violences. Une partie de la classe politique a d’ailleurs attiré l’attention du président français sur les risques de guerre civile que fait planer la candidature anticonstitutionnelle d’Alassane Ouattara, investi le 22 août dernier à Abidjan.

26 MORTS, 400 BLESSES

La Côte d’Ivoire est en effet prise de convulsions depuis la disparition tragique du Premier ministre Amadou Gon Coulibaly. C’est pour lui faire la passe qu’Alassane Ouattara avait décidé de transmettre le pouvoir à la nouvelle génération. Mais depuis cette disparition, le chef de l’Etat ne voit plus de raison de ne plus se représenter et se moque de ses adversaires qu’il accuse d’être des peureux.

Pourtant, la situation est bien plus grave pour que l’on fasse assaut de ce type de moqueries. Les violences qui ont émaillé sa déclaration de troisième mandat ont déjà fait 26 morts et d’importants dégâts matériels à Bonoua, Divo, Gagnoa et Daoukro. Au total, 400 personnes ont été blessées parmi lesquels on compte des forces de l’ordre. La situation est devenue à ce point délétère qu’Amnesty International a appelé au respect des droits des manifestants puisque ces derniers se font agresser par les « microbes », le gang d’adolescents tueurs qui, pendant la guerre d’Abobo,  avaient servi d’indics aux chefs de guerre qui se battaient pour qu’Alassane Ouattara arrive au pouvoir.

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PULCHERIED’ailleurs pour cette raison, ces criminels n’ont jamais vraiment été inquiétés par la justice ivoirienne, le gouvernement prenant partie de les réintégrer dans le circuit social. Or non seulement ces promesses n’ont pas été tenues, mais le phénomène de la criminalité juvénile s’est généralisée à toutes les communes d’Abidjan. Les proches des cercles du pouvoir s’en servent également pour briser les mouvements de l’opposition sur le terrain et c’est ce compagnonnage que dénonce l’Ong internationale des droits de l’homme.

LA PRÉSIDENTIELLE EN POINTILLÉ

Ces violences ont aussi attiré l’attention sur les risques que court le pays si l’élection présidentielle prévue le 31 octobre prochain devait se tenir dans les conditions actuelles marquées par de graves crispations. L’opposition réclame toujours une CEI consensuelle et un processus électoral global impartial. Ce qui n’est pas encore le cas à deux mois du scrutin. Elle récuse aussi le président de la Commission Electorale Indépendante Ibrahime Kuibiert Coulibaly, proche du président du Conseil Constitutionnel, Koné Mamdou, qui lui-même a été ministre d’Alassane Ouattara qui l’avait dans le gouvernement d’union nationale formé par Laurent Gbagbo.

A ces problèmes qui enlevaient déjà tout suspens au scrutin à venir s’ajoute désormais la polémique sur le troisième mandat. La candidature du chef de l’Etat viole clairement les articles 55 et 183 de la loi fondamentale. Le président dispose d’une armée qui a recruté les anciens miliciens qui ont combattu pour Ouattara. Alors Mais pour les hiérarques du régime, Alassane Ouattara sera candidat que cela plaise ou non. Joignant d’ailleurs l’acte à la parole, le président sortant a été investi par des milliers de partisans venus de plusieurs villes du pays garnir les gradins du stade Houphouët-Boigny qui a fait le plein.

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Et puisque le président n’entend pas revenir sur sa décision, l’heure est désormais à la confrontation brutale puisque, par ailleurs, les deux candidatures que la justice ivoirienne comptait décourager en condamnant leurs auteurs à 20 années d’emprisonnement ont été enregistrées par la Commission Electorale Indépendante. Même si cela ne relance pas à proprement parler le suspense, il est en revanche difficile  de prévoir la réaction des militants de ces deux partis le jour de la publication de la liste des candidats retenus.

LA TRANSITION, SEULE CHANCE

OUATTAEA ET MACRON A PARIS LEDEBATIVOIRIEN.NETFace à ces risques, l’ancien patron du Crédit Suisse qu’on dit en contact régulier avec Emmanuel Macron a donné un début de crédit à la perspective d’un gouvernement de transition. Lors de son interview sur TV5, Tidjane Thiam a en effet montré qu’il réfléchissait à comment mettre un terme à la violence qui secoue la Côte d’Ivoire depuis plusieurs jours et  préparer l’avenir. Il a d’ailleurs ajouté que ses efforts ont commencé à payer puisque la communauté internationale a commencé à évoquer la nécessité d’une élection ouverte.

Tidjane Thiam s’oppose aussi fermement à l’idée d’organiser des élections dans le contexte sociopolitique actuel puisque « cette élection sera contestée et mènera à la violence », a-t-l justifié. Avant lui, les américains avaient également insisté sur une élection inclusive, tout comme l’ONU dont le porte-parole a appelé à un dialogue des acteurs politiques nationaux.

LA PEUR DES POPULATIONS

Car quelques jours du début de la rentrée scolaire, les parents d’élèves ne se ruent pas sur les librairies à la recherche de fournitures et d’uniformes pour leur progéniture. En revanche, les grandes surfaces ne désemplissent plus parce que les Ivoiriens ont peur.

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Tout le monde a en effet à l’esprit la violente crise postélectorale qui s’était soldée par le bombardement de la résidence présidentielle de Laurent Gbagbo. Des milliers de personnes avaient également été tuées à cette occasion. Pour cette raison, les populations font leurs provisions face à la guerre civile qui se profile à l’horizon. Or selon Jeune Afrique, Emmanuel Macron serait opposé à la volonté d’Alassane Ouattara de briguer un troisième mandat.

Il avait, pour ce faire, vivement félicité le président ivoirien à l’issue de son discours du 5 mars dernier. Mais depuis, Emmanuel Macron n’a plus commenté les revirements de M. Ouattara plus que jamais dans la course puisqu’il peut compter sur ses relations avec le patron du Conseil Constitutionnel qu’il a nommé à ce poste lorsque Francis Wodié rechignait à le rendre éligible en 2015. Mais cette fois, son soutien risque de ne pas suffire.

SEVERINE BLE

Aujourd’hui n°1709

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