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Abidjan-procès du complot des militants de GPS contre la sûreté de l’État: la peur du commandant du palais, pourquoi le renvoi au 26 mai 2021

Une affaire de retour manqué en Côte d’Ivoire du président de Générations et Peuples Solidaires (GPS), Guillaume Kigbafory Soro le 23 décembre 2019 a occasionné l’arrestation et l’inculpation de 19 personnes militantes ou non de GPS par le procureur de la république, Adou Richard. Ils sont en détention pour tentative d’atteinte à la sûreté de l’État.

Ce mercredi 19 mai 2021 se tenait au tribunal criminel d’Abidjan-Plateau le procès dit du complot contre la sûreté de l’État. Le juge a finalement décidé de renvoyer le procureur, la partie civile et la défense au 26 mai 2021 pour une autre audience. Ambiance !

Il aurait fallu un vrai amphithéâtre pour le procès des militants de GPS pour tentative d’atteinte à la sûreté de l’État de Côte d’Ivoire tant, un monde impressionnant de citoyens, militants, parents et amis des prisonniers du 29 décembre 2021, a envahi, le temple de Thémis du Plateau, siège du pouvoir d’Abidjan. Tous voulaient voir et entendre la confrontation des arguments et des preuves entre le ministère public (procureur de la république), la partie civile (État de Côte d’Ivoire l’accusateur) et les avocats de la défense. Et ce, pour que des acteurs de la scène politique ayant rompu les amarres avec le parti au pouvoir parce qu’animant désormais leur  propre formation politique recouvre la liberté.

Avec en mire, la manifestation de la vérité dans cette affaire de complot contre la sûreté de l’État, un fourre-tout politique dont des cadres, des élus et des militants du mouvement citoyen Générations et Peuples Solidaires sont accusés. Et incarcérés depuis le 29 décembre 2019.

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Malheureusement, les ivoiriens doivent encore patienter pour les débats de fond de ce procès. Car, il a été renvoyé au 26 mai 2021. Et pour cause, des exceptions de procédures soulevées par la partie défenderesse, obligeant, ainsi, le juge à suspendre momentanément l’audience afin d’analyser de bon droit les requêtes de la défense. Une suspension qui a donné suite à un renvoi du procès au 26 mai 2021 pour permettre aux avocats de la défense d’entrer en possession des preuves matérielles d’inculpation de leurs clients. Des preuves, selon le porte-parole du conseil de la défense, qui devaient être normalement disponibles, avant l’audience de ce mercredi 19 mai 2021.

A la recherche de preuves

«Nous exigeons une communication de pièces. Ils (le procureur de la république et l’avocat de l’État de Côte d’Ivoire, ndlr) ont trouvé des armes, non plus, au siège de GPS, dans une lagune derrière chez Soro Guillaume, mais nous n’avons pas le procès verbal. Ils ont dit que Soro Guillaume a fait une vidéo mais la défense n’a pas la vidéo (…).

Toute honte bue, ils disent qu’ils vont aller chercher ces preuves. Or, nous avons été convoqués, depuis 15 jours. Et c’est aujourd’hui, qu’ils se rappellent qu’ils doivent aller chercher ces pièces. Par conséquent, le renvoi du procès au 26 mai 2021 a été prononcé par le président du tribunal pour aller chercher lesdites pièces (…) tout cela est une médiocrité», déclare Me Gohi Bi. Avant de dénoncer la partialité du juge: «Le président est inféodé (…) c’est un procès politique».

Quant à la partie civile. C’est-à-dire, l’avocat de l’État de Côte d’Ivoire, Me Abdoulaye Ben Méïté, il réfute cette observation du porte-parole de la défense : «À la suite du préjudice subi par ce complot contre la sûreté de l’État, l’État de Côte d’Ivoire, en sa qualité de partie civile, trouve l’équitablité du procès! La partie civile n’est ni inféodée au parquet, ni ami du parquet». Puis, Me Méïté a jugé inopérantes les recommandations de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (CADHP) invoquées par la défense.

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«Les recommandations de la CADHP sont sans objets. D’abord, en ce qui concerne la décision de sursoir à l’exécution des mandats de dépôt. Car, lesdits mandats ont été exécutés avant la décision de la CADHP. Est-ce qu’on peut surseoir à un mandat déjà exécuté? Ensuite, le procureur a évoqué dans ses premières réquisitions que les mandats d’arrêts n’ont pas encore été exécutés. Donc, en définitive, les décisions de la CADHP sont manifestement sans objets».

Au cours de la suspension de l’audience, notre confrère Sylvestre N’Guessan, cameraman à la RTI 1 a été traîné, manu militari, hors de la salle d’audience par le commandant du palais de justice, Pélé Kouamé. En effet, cet officier de police, embarrassé par la présence de la caméra éteinte de la RTI dans la salle, a fini par user des forces de ses bras pour jeter le cameraman de la chaîne nationale hors de la salle d’audience. Un acte d’entrave à la liberté de la presse et le droit du public d’avoir l’information, car, ce procès est d’utilité public…

H. KARA

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