LE DEBAT IVOIRIEN

Parce que Nous avons tous le droit de reflechir

L’intrusion de la Fesci dans l’indemnisation des victimes des déchets toxiques ledebativoirien.net

Révélations : l’intrusion de la FESCI sous Mian Augustin dans le processus d’indemnisation des victimes des déchets toxiques

Le témoignage  de  Charles  Koffi Hanon, un caïd de la Fesci

«Le 10 octobre 2006, dans le but de défendre les intérêts des victimes des déchets toxiques, j’ai mis sur pied une association dénommée: ‘‘Le Collectif Des Victimes Des Déchets Toxiques d’Abidjan-Sud 3’’. J’y ai nommé divers responsables au nombre desquels figuraient les nommés Rodriguez Biali Le Gbeuliste, Gohourou Ziallo Claude François… A la dernière personne citée, j’a confié la responsabilité de recenser les victimes des déchets toxiques relevant de notre zone de compétence, à savoir Vridi, Port-Bouët, Koumassi et Treichville.

Toutefois, toutes les conférences de presse et rencontres officielles étaient respectivement animées et dirigées par moi. Force est  aussi de rappeler que le déversement de ces déchets toxiques dans 18 sites de la ville d’Abidjan et ses alentours a causé dès les premières heures, le décès de 17 personnes et rendu des milliers d’autres malades suite à l’intoxication ou à l’empoisonnement  dont elles on été t victimes ce, pour avoir respiré les émanations dégagées par ces déchets pétroliers. Le 13 février 2007, la société Trafigura a passé  un accord amiable avec l’Etat de Côte d’Ivoire au terme duquel elle s’est engagée à lui verser la  somme de 100 milliards de F CFA en échange de sa renonciation aux poursuites judiciaires à son encontre.

Courant décembre 2007, le Président Laurent GBAGBO a reçu les associations  des victimes des déchets toxiques au Palais de la Présidence de la République. A l’occasion de cette rencontre, il nous avait demandé de nous constituer en fédération aux fins de rendre nos différentes actions contre la pollueuse, la société Trafigura, plus opératoires, efficientes et efficaces. La raison invoquée par lui pour soutenir son assertion est que cette société est une firme puissante, en conséquence, seule notre union pourrait avoir raison d’elle.

Séance tenante, il avait nommé une structure de gestion de cette affaire composée exclusivement des membres de la Présidence de la République, structure dénommée Cellule Spéciale Chargée des Catastrophes naturelles et humaines. La Présidence de cette cellule était assurée par Madame Ohouochi  Clotilde.

Aussi, avait-il remis la somme de 40 millions de F CFA à cette cellule, à l’effet de permettre aux différentes associations ayant répondu à cette invitation et dont le nombre de celles régulièrement constituées n’excédait pas 15, de mettre sur pied ladite fédération. Après cette remise de fonds, nous avons dû battre le pavé pour que  celui-ci nous soit rétrocédé par cette cellule. Cela a été un véritable parcours du combattant.

Suite à plusieurs rencontres à cette fin avec celle-ci qui s’étaient soldées par son entêtement à nous mettre à disposition ladite somme, un certain Laido l’Imperial  ex-militant de la FESCI, et  au moment desdits faits, Conseiller du Président Laurent GBAGBO faisait au sein de cette cellule la pluie et le beau temps. Celui-ci a tenté de nous menacer aux fins de renoncer audits fonds. Face à cette situation, nous avons dû observer une grève de la faim dans l’enceinte de la Cathédrale Saint-Paul d’Abidjan. Finalement, ladite cellule nous avait  convoqués  au Palais de la Présidence de la République pour nous voir remettre la somme de 600 mille F CFA par association. Elle avait dénombré 40 associations et pourtant, nous n’étions pas plus de 15 régulièrement constituées à la rencontre en cause.

Lire aussi :  Eglise du Christianisme Céleste a 72 ans : la paroisse st Gabriel accueille l'évènement de l’unité autour du chef du diocèse KANON LUC

En effet, s’il est vrai que le Président Laurent GBAGBO nous  avait  demandé de nous organiser en fédération contre la société Trafigura, mais cette cellule voyait en nous une arme, un couteau à deux tranchants susceptibles de nous retourner contre elle et pour cause: elle avait également pour rôle de travailler en parfaite énergie avec nous afin de dégager une synergie positive quant à la résolution de tous nos problèmes liés à cette catastrophe environnementale et sanitaire.

En dépit de tous ces obstacles, nous avons pu mettre sur pied une fédération dénommée Fédération Nationale Des Victimes Des Déchets Toxiques de Côte d’Ivoire dite FENADVIDET-CI. Le 24 Février 2008, l’élection  du Président de la FENADVIDET-CI s’est tenue à la Bibliothèque Nationale sise au Plateau. Cette élection avait enregistré plusieurs candidatures au nombre desquelles figuraient celles de Yao Pipira Denis, représentant des victimes d’Abobo, Mme Diop, représentant des victimes des 220 logements, moi-même, représentant le Collectif des Victimes Des Déchets Toxiques d’Abidjan-Sud 3  et autres. Cependant, les deux candidatures les plus prisées étaient celles de Yao Pipira Denis et la mienne.

Face à cette donne, le nommé BOUAZO, résidant à la cité universitaire de Port-Bouët 3, un jeune frère et autres m’avaient approché pour me supplier de retirer ma candidature au profit de celle de Pipira Denis. Les raisons avancées par ceux-ci étaient que non seulement je suis leur ‘‘vieux père’’, leur aîné, en conséquence, ils auraient souhaité que j’eusse laissé le prénommé Pipira au-devant de cette lutte, mais aussi et surtout en le laissant à ce poste, cela ferait aboutir toutes nos revendications et pour cause: prétextant qu’il est de la même région que le Premier ministre d’alors en charge de cette question, monsieur Charles Konan Banny, mais aussi et surtout ils avaient fait valoir qu’il était le ‘‘bon petit’’ dudit Premier Ministre.

Au regard de ce qui précède, j’ai, dans l’intérêt général, accepté leur suggestion en posant les conditions suivantes: le poste de Secrétaire Général de cette fédération devait me revenir, la 2ème Vice-présidence à Gohourou Claude étant entendu que celui de la première Vice-présidence revenait à la structure de Pipira et enfin une composition paritaire du Bureau Exécutif de cette fédération qui devait être faite sur proposition de nous deux. Toutes mes exigences ont été acceptées exception faite de celle concernant Gohourou Claude;

motif pris de ce qu’il ne serait pas de bonne moralité. Et que cela aurait été constaté par lui, durant le peu de jours qu’il avait côtoyé celui-ci (allant de la période de la  réception à la Présidence de la République jusqu’à celle de la grève de la faim).

En dépit de sa réserve quant à la nomination de Gohourou Claude au poste précipité, il avait du finalement accepter ma proposition sur mon insistance. C’est un peu plus tard que j’a appris que le nommé Gohourou Claude avait été fait bastonner par le maréchal KB de la FESCI,  humilié par celui-ci, avant de le faire vider comme un malpropre de la cité rouge pour enfin se retrouver à Port-Bouët. La raison était  qu’il avait extorqué une somme de 150 mille F CFA à une étudiante sous le fallacieux prétexte de lui trouver une chambre à la cité rouge de Cocody où il résidait au moment de ces faits.

Lire aussi :  6ème  journée africaine de la sécurité routière: L’OSER célèbre lutte contre les accidents de la route  

Après nous être mis d’accord sur les conditions par moi posées, je m’étais rendu sur la tribune pour tenir un discours fort apprécié par les électeurs présents, lequel avait conduit au plébiscite de Yao PIPIRA Denis par acclamation, es qualité de Président de cette fédération.

Cette fédération fut finalement créée et farouchement combattue par la Cellule Présidentielle Chargée des Castrophes Naturelles et Humaines.

La fédération Nationale Des Victimes Des Déchets Toxiques De Côte d’Ivoire dite FENADVIDET-CI créée, le 24 février 2008 sur les conseils du Président Laurent Gbagbo a été farouchement combattue par la Cellule Présidentielle Chargée des Catastrophes Naturelles et Humaines mise en place par celui-ci.

Par ailleurs, dans la somme de 100 milliards de F CFA versés par la société Trafigura à l’Etat de Côte d’Ivoire aux fins de réparer le tort à lui causé, celui-ci a injecté au Trésor d’Abidjan la  somme de 22 milliards de F CFA. Cette somme devait servir à indemniser non pas 100 mille Victimes mais précisément 95 mille Victimes desdits déchets. Au rang de ces victimes figuraient les parents des 17 personnes décédées dès les premières heures de ce  déversement, les personnes qui ont été hospitalisées appelées victimes hospitalisées et enfin les victimes ambulatoires dont les conséquences desdits déchets sur leur santé n’étaient pas à priori alarmantes.

La première catégorie précitée avait droit à 100 millions de F CFA par parents de victimes décédées, la seconde 2 millions de F CFA individuellement et la troisième catégorie, la somme de 200 mille F CFA chacune. Force est de faire observer que les 100 millions de F CFA dont la distribution avait été confiée à la Cellule Présidentielle n’a pas bénéficié à la majorité des parents des 17 victimes décédées. Des faux parents de victimes des déchets toxiques auraient été crées, à l’effet du détournement de l’indemnisation des vrais ayant-droits.

Les parents les plus chanceux qui avaient accédé au chantage honteux des membres de la Cellule Présidentielle avaient reçu tout au plus, je dis bien tout au plus sinon même moins que ça, la moitié de cette somme, soit 50 millions de F CFA. Le surnommé Laido l’Imperial alors Conseiller Spécial du Président Laurent GBAGBO menaçait lesdits parents en soutenant que «s’ils n’acceptaient pas ce qui leur était reversé, ils ne percevraient rien» et selon ses propres termes «ça ne va pas quelque part». Il en a été de même au Trésor d’Abidjan concernant les victimes hospitalisées.

Concernant les victimes ambulatoires, les agents du Trésor à charge de les indemniser faisaient des ponctions indues de la somme de 50 mille F CFA dans le montant total de leur indemnisation si bien que finalement, c’est la somme de 150 mille F CFA qui revenait individuellement à chacune d’elle. Eu égard au fait qu’elles étaient les plus nombreuses, nous (Pipira Denis, Gohourou Claude et moi-même dans le cadre de la FENADVIDET-CI) vers fin juin 2009 avions, au siège  du Collectif Des Victimes Des Déchets Toxiques d’Abidjan-Sud 3 sis à la cité Douane de Vridi juste à côté de l’espace-Au Choco;  co-animé une conférence de presse pour dénoncer cette situation de fait.

Lire aussi :  CPI-Révélations et confidences : «Une des erreurs les plus importantes de GBAGBO  a été son renoncement à obtenir le désarmement de la rébellion alliée à Ouattara »

Suite à cette dénonciation, nous avions sollicité et obtenu une audience auprès de KALOU Emmanuel, Trésorier Payeur Général Chargé du processus d’indemnisation à l’initiative de l’Etat de Côte d’Ivoire.

Au terme de cette rencontre, il avait pris sur lui la responsabilité de nous impliquer dans ledit processus aux fins de veiller au bon déroulement de celui-ci. Au sortir de cette audience, Pipira m’avait fait une  proposition en soulignant ce qui suit: «SG comme ton petit, parlant de Gohourou Claude, et toi vous êtes derrière l’eau, je souhaite que vous soyez au Trésor d’Abidjan-Sud  et les miens et moi étant à Abobo, au Trésor d’Abidjan-Nord». Proposition à laquelle j’avais donné mon accord sans coup férir.

Juste une intrusion chez les caïds de la FESCI

«…il m’apparaît important de faire une incursion dans une partie de l’histoire de la FESCI. Ainsi, l’idée de faire de KB ou Marechal KB le chef de notre groupe (gbonhi: Guizot-kb,  moi et autres) était venue du doyen Koff, mon frère ainé. Aussi, n’avions-nous trouvé aucun inconvénient à cela dans la mesure où, nous ne nous considérions pas en concurrence, du moins pour ce qui concernait, Guizot et moi. En outre, tous les  actes posés dans ce cadre même à son absence depuis le congrès de 1998 qui a vu l’élection de Charles Blé Goudé jusqu’a celui de Dibopieu Jean-Yves étaient mis à son actif.

Par ailleurs, après l’élection de Dibopieu, il s’était posé la question de l’occupation par nous des résidences universitaires de Cocody, à savoir les cités rouge, campus et Mermoz où les dissidents régnaient en maîtres. Quand j’avais accepté cette mission et que finalement, il avait été mis fin à la crise des machettes suite à l’opération de sécurisation par moi y menée, le nom ou surnom de KB avait disparu sur toutes les lèvres faisant place au mien ‘‘Charly Watta’’.  Prenant aujourd’hui du recul et après analyse, il ressort que cette nouvelle situation avait totalement déplu à KB.

La Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI), cette association ivoirienne d’élèves et étudiants née dans les années 1990 renferme un véritable mystère qui fait d’elle une structure aux multiples facettes.  Traversée par de profondes crises dont la plus spectaculaire dite ‘‘des machettes’’ qui aura d’énormes inconvénients sur les années d’études pour les étudiants. Alors qu’il s’agissait pour les étudiants, conduits à sa création par Martial Joseph Ahipeaud, le premier Secrétaire général de l’organisation, de lutter pour réclamer certains droits qui ne leur étaient pas reconnus sous le régime du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), parti unique d’alors. Retour sur  un pan de  la vie de la FESCI gagnant  en ampleur avec son institutionnalisation, dans  la gestion des  victimes des déchets  toxiques  en Côte d’Ivoire, avec  un sachant témoin…

A suivre…

ledebativoirien.net

© 2021, redaction. All rights reserved.

This site is protected by wp-copyrightpro.com