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Côte d’Ivoire-le cri des femmes analphabètes : «Nous allons sortir des ténèbres pour mieux gérer nous mêmes nos activités»

L’alphabétisation reste la puissante arme pour l’épanouissement et le développement des citoyens dans  une nation. Par conséquent l’analphabétisme se présente en véritable obstacle, voire, un souci pour les femmes qui se battent au quotidien pour se mettre au service de leur famille. Afin de  s’inscrire dans la dynamique de l’État pour ”la scolarisation obligatoire de la petite fille”, des femmes n’ayant  pas eu la chance de savoir  lire, donc, illettrées désirent aussi être éclairées. Et le cri se fait de plus en plus savoir dans  la capitale ivoirienne avec des campagnes menées par des ONG.

Au micro baladeur de ledebativoirien.net, ces valeureuses femmes battantes expriment leur désir d’apprendre à lire et à écrire en intégrant des centres d’alphabétisation d’adultes. Objectif : mieux contrôler leurs affaires et garantir leurs chiffres d’affaire ainsi que leurs finances. Selon ces femmes rurales, leurs parents n’ont pas jugé bon de scolariser les filles, car source de gain facile pour la famille. Elles confient que leurs parents ont plutôt privilégié la scolarisation des garçons. Ces garçons qui pourraient garantir leur stabilité sociale dans le futur. Une situation qui enfonce les femmes dans l’obscurité, car pour elles, être analphabète, c’est être dans les ténèbres sans connaître la réalité de la vie.

Zan Lou Clarisse, grande commerçante de pagnes, relate les méfaits de l’analphabétisme: «Quand j’étais toute petite, mon papa a refusé de mettre à l’école parce qu’il voulait me donner en mariage à un monsieur. Il dit que c’était pour pouvoir faire face à ses dépenses. Mes grandes sœurs et moi étions dans des situations difficiles. Alors que nos frères partaient à l’école, nous on partait au champ ou au marché pour aider les parents. Aujourd’hui nous sommes victimes du choix de nos parents. Moi je ne sais ni lire, ni écrire. Pour ouvrir mon compte bancaire, je suis obligée de m’appuyer sur une autre personne. Et Cette personne connaît mes sources de revenus et tous mes numéros et codes secrets. Je peux dire que je ne suis pas libre et en sécurité. C’est pour cela que je veux apprendre à lire et à écrire” raconte-t-elle.

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Quant à Mariam Kanté, livreuse de riz local, elle pense que le choix des parents à scolariser seulement les garçons est un échec pour la famille ; parce-que pour elle, les femmes sont plus intelligentes à l’école et elles aident mieux leurs parents que les hommes. «Moi, mon papa regrette aujourd’hui de ne pas envoyer ses filles à l’école. Les garçons pour qui, il a tant dépensé pour leurs frais de scolarité, aujourd’hui ils ne vivent que pour leurs beaux parents. C’est encore nous les femmes qui aidons les parents. Aujourd’hui il y a des femmes présidentes, des femmes ministres et Des femmes hauts cadres. Je suis commerçante et je gagne bien ma vie mais je suis dans le noir, puisque je ne sais  pas  lire. Nous les femmes analphabètes nous sommes exploitées et peu considérées. Nous voulons sortir des ténèbres pour mieux gérer nous mêmes nos activités».

Dorothée Koffi K., coiffeuse, ne dit pas le contraire. Elle pense que les hommes profitent de la naïveté des femmes pour leur faire des coups bas avec d’autres femmes.  «A cause de ce que je suis analphabète, mon mari et ses copines s’écrivent des messages par téléphone, complotant de me faire signer des papiers pour qu’ils prennent mon argent avant de me quitter pour elles», indique-t-elle.

Et d’ajouter : «Comme je ne sais pas lire, il laisse ses téléphones souvent à la maison en charge. Un jour j’ai reçu la visite d’une amie pour une affaire urgente, comme je n’avais pas de batterie alors j’ai pris le petit portable de mari en charge pour lui voler un peu d’unité et c’est ma camarade qui cherchait le nom du correspondant, celle qu’on doit appeler est une amie commune de mon mari et moi et nous sommes en affaire.

Et voilà que ma camarade tombe sur des conversations entre mon mari et cette dernière. Elle était en réalité l’amante de mon mari, ils voulaient me ruiner avant de m’expulser de mon foyer, bref. Depuis cette date j’ai décidé de m’inscrire dans un centre d’alphabétisation pour apprendre à lire et écrire. J’ai déjà commencé avec un enseignant particulier à la maison », révèle-t-elle.

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Toutes les femmes rurales analphabètes ont ainsi exprimé leur indignation et leur volonté de se former pour prendre en main leur propre vie. Elles louent et félicitent l’État pour la scolarisation obligatoire de la petite fille. C’est pour elles, une bonne stratégie pour l’épanouissement et le développement féminins. Comme quoi, il n’y a pas de retard à se remettre en route.

Hortense Loubia Kouamé

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