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Côted’Ivoire-Gbagbo abandonne le FPI: Affi N'Guessan le traite d’autocrate dépassé et lui exprime sa compassion pour la souffrance endurée durant 10 ans de prison ledebativoirien.net

Côte d’Ivoire-Gbagbo abandonne le FPI: Affi N’Guessan le traite d’autocrate dépassé et lui exprime sa compassion pour la souffrance endurée durant 10 ans de prison

«Laurent Gbagbo nous oblige à choisir entre l’autocratie et la démocratie au Front Populaire Ivoirien»

Il a mangé la chaire de cheval. Tous ses sympathisants gonflés à bloc n’en demandaient pas de trop. Ils ont eu droit aux envolées lyriques de leur nouveau leader, après le départ du fondateur du parti annoncé le lundi 9 août 2021 à Abidjan. Il servira aussi au parterre de journalises, lors de sa conférence de presse tenue le samedi 14 août 2021 en marge du comité central extraordinaire au siège du FPI à Cocody-II Plateaux-vallons. Pascal Affi N’Guessan a reparlé cette fois-ci, officiellement, de la décision personnelle de Laurent Gbagbo d’abandonner le FPI “entre ses mains pour la création d’un nouveau parti.

L’évènement était attendu avec beaucoup d’impatience par les militants du Front Populaire Ivoirien. Il aurait fallu un endroit tel le palais des sports de Treichville pour contenir la mobilisation des militants à ce comité central extraordinaire qui a eu lieu, samedi 14 août 2021 au siège du FPI à Cocody-II Plateaux, Vallons. Presque la quasi-totalité des responsables des six cent cinquante (650) fédérations, des élus et les instances de direction du Front Populaire Ivoirien intégralement aux mains du président Pascal Affi N’Guessan. Et ce, depuis la décision personnelle de Laurent Gbagbo le mardi 09 août 2021 d’abandonner le FPI. Ils ont répondu présents à cette réunion statutaire.
Également, il y avait un autre évènement qui a mobilisé toute la presse nationale et internationale au siège du FPI. La conférence de presse tenue en marge du comité central extraordinaire.

Dans ses propos liminaires, Pascal Affi N’Guessan s’est adressé, d’entrée, aux journalistes : «Cette conférence de presse est l’occasion d’analyser avec vous les évènements majeurs de l’actualité nationale et de faire connaître, à l’opinion, notre position notamment à propos de la décision prise par le Président Laurent Gbagbo, le 09 août 2021 d’abandonner la bataille qu’il mène depuis dix (10) ans contre le FPI et de créer un autre parti avec le même contenu» a-t-il précisé. Sans omettre civilement de souhaiter «au nom du FPI et en son «nom personnel, la bienvenue sur sa terre natale au Président Laurent Gbagbo» et lui exprimer la compassion du FPI «pour la souffrance endurée durant ces dix (10) années». Et aussi la fierté de ce parti «pour le triomphe de la vérité par son acquittement».

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Pascal Affi N’Guessan a affirmé par la suite que «s’il (Laurent Gbagbo, ndlr) avait permis de nous rencontrer, j’aurais exprimé de vives voix au Président Laurent Gbagbo notre joie de retrouver parmi nous, notre compatriote, notre compagnon de lutte, le fondateur du FPI. Malheureusement, depuis son retour en Côte d’Ivoire, mes demandes d’audience en vue de lui souhaiter la bienvenue et de lui donner les nouvelles du pays et du parti sont restées sans suite» a-t-il regretté. Affi N’Guessan avance qu’«au contraire, le mardi 09 août 2021, devant un parterre de cadres de la dissidence regroupés au sein d’un prétendu comité central» que «Laurent Gbagbo a parlé et certainement trop parlé. Non pas à cause de la longueur du temps de la parole ou du flot de sujets abordés mais en raison du caractère désastreux du discours tant dans sa forme, dans le fond et de son emprunt historique» a-t-il constaté.

Pascal Affi N’Guessan, dans l’analyse du discours de celui dont les idéaux l’ont séduit selon lui, depuis 1986 lors du choix de son obédience politique au détriment du parti politique naturel de sa famille, le PDCI, a souligné que «dans la forme le père de la démocratie ivoirienne nous a fait vivre un scénario digne de la dictature des siècles passés (…) les soi-disant membres du comité central n’ont pas eu droit à la parole. Leur opinion sur la décision grave du président Laurent Gbagbo importe peu».

Avant d’ajouter que «dans le fond, le discours a choqué de nombreux militants et démocrates par son caractère mesquin, méprisant, égocentrique et patrimonial». Pascal Affi N’Guessan poursuit son analyse : «En décidant d’aller créer un autre parti, de ne pas s’engager dans une bataille juridique et de contourner la pierre, Laurent Gbagbo reconnaît implicitement qu’il n’est pas le président du FPI. Pourquoi pendant sept (07) ans, s’est-il donc prévalu de ce titre pour semer la confusion au sein de l’opinion, entretenir des crises de leadership, entretenir sur le terrain des structures parallèles illégales?», s’est-il interrogé.

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Ainsi, Affi N’Guessan déduit que le FPI est affaibli, aujourd’hui, à cause de Laurent Gbagbo qui a choisi finalement le schisme. C’est-à-dire la rupture, la division. Et il résume que sur la base des rapports partiaux de ses détracteurs réunis au sein de la dissidence nommée communément les GOR, Laurent Gbagbo a décidé de lui arracher le parti sans lui donner l’occasion de s’expliquer. Cependant, Affi N’Guessan ne s’est pas laissé faire. «J’ai usé de tous les moyens pour me faire entendre» a-t-il fait savoir.
À l’arrivée de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire, Affi N’Guessan dit avoir espéré obtenir un dénouement rapide et heureux de la crise qui l’oppose aux GOR conduits par Assoa Adou. «Les ivoiriens attendaient le retour de l’homme de paix et du démocrate nourrit aux valeurs du socialisme» mais, «il découvre un monarque qui se croit propriétaire du FPI, sa chose dont il peut disposer à sa guise. Nommant et renvoyant comme gérant, qui, il veut et quand il veut. Face à lui les cadres du parti sont des obligés. Les militants n’ont aucun droit. Et les textes du parti n’ont aucune importance» lâche-t-il vis-à-vis de l’attitude et du discours condescendant de Laurent Gbagbo à son endroit depuis son retour de la Haye.

Pascal Affi N’Guessan affirme s’être rendu compte que Laurent Gbagbo ne recherchait pas l’unité du FPI mais la réédition de son actuel président et les camarades de son camp. Laurent Gbagbo avait déjà, selon Affi N’Guessan, tourner le dos au FPI par la création du CNRD et ensuite la LMP. Il rêve, aujourd’hui, de réduire le FPI à une “enveloppe” vide.

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Mais, «c’est fait l’injure aux militants du FPI» dont Laurent Gbagbo pense «qu’ils sont des suiveurs» a-t-il affirmé.  C’est pourquoi, en allant créer un nouveau parti «Laurent Gbagbo nous oblige à choisir entre l’autocratie et la démocratie, entre le passé et l’avenir». Par conséquent, «j’appelle au rassemblement de tous les militants du FPI, de tous les courants d’opinions au sein du parti. Restons fidèles à nos convictions, à notre histoire faisons le choix de l’avenir» a conclu Pascal Affi N’Guessan.

Un discours dont la teneur sera constatée sur le terrain de la mobilisation ou de la remobilisation des militants.

H.KARA
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