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Reconquête du pouvoir d’État : le Nouveau parti de Laurent Gbagbo et le FPI de Pascal Affi N’Guessan : le socialisme ivoirien tiraillé entre Marxistes et socialistes démocrates-ce qui va les perdre

Avec le déclenchement de la rébellion armée du 19 Septembre 2002, tout ne sera plus au même niveau au Front Populaire Ivoirien. Et depuis, l’opinion assiste à la difficile cohabitation entre une branche de socialistes marxistes, radicaux, souverainistes, nationalistes et extrémistes voire violents et la branche des socialistes-démocrates, plus contemporains, plus modérés, agissant en fonction de l’évolution des mutations et des réalités politiques du moment. Toutes les deux branches, devenues officielles, depuis le mardi 9 août et le samedi 14 août 2021, veulent s’engager pour la reconquête du pouvoir d’État. Mais comment souhaitent-elles s’y prendre? Atteindront-elles leur objectif ?

Depuis le retour de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire, plusieurs évènements et attitudes du miraculé des accusations des différents procureurs de la Cour Pénale Internationale ne cessent d’étonner les populations ivoiriennes et au delà. D’abord, l’affaire du divorce d’avec son épouse, l’ex-première dame Simone Ehivet Gbagbo. Ensuite, le changement d’Eglise, le refus de recevoir son ex-premier ministre Pascal Affi N’Guessan et pour finir, la déclaration de quitter le FPI. Le dernier évènement, sujet de notre analyse, officialise enfin la séparation de deux tendances socialistes qui s’affrontaient en interne au FPI, depuis la signature des accords de Linas Marcoussis en 2003 en France.

«On a fait une réunion pour notre organisation marxiste à Yopougon, où on a décidé de créer une organisation luttant pour le multipartisme et la démocratie» révèle Laurent Ggagbo, lors du comité central avec ses partisans le mardi 9 août 2021 au palais de la culture de Treichville. Temps de joie et de frénésie pour les thuriféraires de l’ex-pensionnaire de la Cour Pénale Internationale pour avoir marqué le schisme d’avec celui dont l’attitude a été qualifiée de «louvoiements» par Laurent Gbagbo.

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Cependant, la punchline n’a durée que six (06) jours pour se faire entendre du côté de l’ex-siège de la fondation Memel Foté sis à Cocody, deux plateaux, vallons devenu celui du Front Populaire Ivoirien dirigé par le lion du Moronou. Pascal Affi N’Guessan convoque un comité central extraordinaire le samedi 14 août 2021 au siège du FPI pour analyser la déclaration de Laurent Gbagbo d’abandonner le parti entre ses mains avec une “enveloppe vide” et entrevoir les perspectives à la suite de cette rupture délibérée du fondateur principal du FPI. Dès lors, le socialisme ivoirien connaîtra deux tendances. La tendance des marxistes incarnée par l’ex-président Laurent Gbagbo et celle des socialistes-démocrates avec à sa tête l’ex-premier ministre Pascal Affi N’Guessan pour la reconquête du pouvoir d’État.

Pour la branche des socialistes marxistes conduite par Laurent Gbagbo, il faut reconquérir le pouvoir d’État et continuer la bataille de “la souveraineté”, de l’impérialisme. Mais, Laurent Gbagbo ignore ou feint d’ignorer que la majorité de ses partisans comprend sa ligne politique du socialisme comme une sorte de chauvinisme, de nationalisme et d’extrémisme quelque fois violent. Une ligne qui lui aurait valu, même le bombardement de sa résidence avec l’appui des soldats français dont les mandants assis à l’Élysée avaient du mal à collaborer avec le “Woody de Mama” depuis son élection comme Président de la République de la Côte d’Ivoire en 2000. Le socialisme marxiste de Laurent Gbagbo fait de son cheval de bataille la lutte contre l’impérialisme dont l’ex-colonisateur en serait l’auteur. C’est à dire la France. Une “guerre” qui l’éloigne vraisemblablement, au jour le jour, de la réalité que vivent les ivoiriens et les ivoiriennes au vingtième (21è) siècle.

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Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire a besoin de rattraper son retard de développement depuis la mort du père de la nation, feu Félix Houphouët-Boigny en 1993. Le retard de développement au niveau des infrastructures sociales de base (écoles, centres de santé, etc.), le retard de développement au niveau des équipements (routes bitumées, ponts et échangeurs, bureaux administratifs, stades etc.)

et le retard développement dans l’amélioration du climat des affaires pour attirer plus d’investisseurs afin de résorber, à la fois, l’épineux problèmes du chômage des diplômés ou non et l’amélioration des recettes fiscales dans le but de conforter davantage le pays sur le marché des capitaux. En un mot la Côte d’Ivoire doit redevenir fréquentable avec une politique d’ouverture et une signature crédible de son locataire du palais présidentiel. Un fait bien compris par Alassane Ouattara et ses partisans.

En revanche, Alassane Ouattara n’est pas le seul à comprendre les besoins actuels des ivoiriens. Pascal Affi N’Guessan les a également saisis. Et depuis, le président du FPI travaille à cela. Ainsi, la rupture occasionnée par Laurent Gbagbo avec le parti qu’il dirige, serait une aubaine pour ce fin analyste des préoccupations contemporaines des ivoiriens d’asseoir une nouvelle ligne politique au FPI qui serait débarrasser des discours et pratiques souverainistes, nationalistes, xénophobes et extrémistes violents. Une attitude ou une manière de faire la politique qui a fermé beaucoup de portes à ce parti au plan national et international. C’est à dire, Affi N’Guessan voudrait un socialisme contemporain promu par des socialistes démocrates avec pour objectif I‘amélioration de l’image du Front Populaire Ivoirien après le départ de son “père fondateur” pour la reconquête du pouvoir d’État.

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Affi et Gbagbo ledebativoirien.netComme Laurent Gbagbo s’est engagé dans une nouvelle aventure, dans un nouveau parti où lui et ses partisans se sentiront le mieux pour continuer leur “guerre contre la France”. Une guerre contre le néo-colonialisme que Dieu seul sait s’ils la remporteront un jour.

Pour l’heure, Pascal Affi N’Guessan et ses militants s’activent pour l’organisation d’un congrès qui sonnera, sans doute, le début de cette nouvelle ligne politique en phase avec l’aspiration contemporaine des ivoiriens et des ivoiriennes, qui, évoluent, aujourd’hui, aux rythmes de l’Occident. Une génération qui ne juge plus nécessaire d’affronter “le blanc” mais qui veut vivre comme “le blanc”. Et les espaces commerciaux comme Carrefour ou Cosmos ne disent pas le contraire. Encore moins le flux de migrants ivoiriens sur les eaux internationales.

D’où le flair du Chef de l’État Ivoirien, Alassane Ouattara de rendre agréable le quotidien des ivoiriens à travers tous ses chantiers présentement en Côte d’Ivoire. Bien qu’il ait du mal à prendre ses marques sur le volet social.

Pour la reconquête du pouvoir d’État  comment s’en sortiront,  le Nouveau parti de Laurent Gbagbo et le FPI de Pascal Affi N’Guessan. Un combat de titans du  socialisme ivoirien, tiraillés entre Marxistes et socialistes démocrates. L’opposition ivoirienne est-elle engagée dans un chemin effrayant pour 2025 ?

H.KARA

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