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Adieu champion-JEAN-PIERRE ADAMS forever : après 39 ans dans le coma il a définitivement rangé les crampons du football pour la postérité LEDEBATIVOIRIEN.NET

Adieu champion-JEAN-PIERRE ADAMS forever : après 39 ans dans le coma il a définitivement rangé les crampons du football pour la postérité

L’international de football Jean-Pierre Adams est décédé après 39 ans passés dans le coma est décédé, lundi 6 septembre 2021 après avoir été plongé dans le coma en 1982. Il ne s’est jamais réveillé d’une opération du genou pendant laquelle l’anesthésie avait été mal dosée. De nombreux club ont rendu hommage à cet ancien de football.

Jean-Pierre Adams a porté 22 fois  le  maillot de l’équipe de France dans les années 1970 est décédé ce lundi6 septembre 2021 après avoir été plongé dans le coma en 1982. Il ne s’est jamais réveillé d’une opération du genou pendant laquelle l’anesthésie avait été mal dosée.  La nouvelle n’a pas échappé aux médias nationaux : après avoir été plongé dans le coma il y a près de 40 ans, suite à une erreur de diagnostic de l’hôpital où il avait été admis, l’ancien footballeur international Jean-Pierre Adams est décédé ce lundi 6 septembre à l’âge de 73 ans.

 « Les amateurs de football de notre île ont eu le privilège de voir ce remarquable joueur lors de la venue à La Réunion des équipes professionnelles du SCO d’Angers et de Nîmes Olympique, alors entraînées respectivement par Ladislas Nagy et Kader Firoud, et invitées par l’O.M.S. du Port pour ce qui était alors un premier et grand événement. Nous étions en juillet 1972.

C’est en effet la première fois que des équipes de ce niveau – Nîmes Olympique était alors classé 2e et le SCO d’Angers 4e du championnat de première division de France – débarquaient dans notre île pour y disputer plusieurs rencontres.

Jean-Pierre Adams, particulièrement remarqué par ses coups francs qui, puissamment tirés, contournaient le mur pour tromper plus d’une fois le goal adverse, était la vedette incontestée de Nîmes Olympique. Lors des séances d’entraînement de son club, nous avions été plusieurs gardiens de but de clubs réunionnais à l’inviter à nous mettre alors à l’épreuve, nous dans les buts, lui à 20 ou 25 mètres.

Le résultat, on le devine : nous n’avons pas souvent réussi à arrêter le ballon ! Les meilleurs d’entre nous arrivaient parfois à frôler le cuir d’une courte main, et éclataient de rire en constatant qu’il nous fallait aller le « ramasser » au fond des filets. C’était là beaucoup de bonheur et également un grand honneur…Merci, Jean-Pierre Adams, pour l’image extraordinaire que vous avez laissée dans notre île il y a 50 ans. Nous sommes quelques-uns à nous en souvenir. Et puis, vous avez tant marqué le football français…

son histoire/ Jean-Pierre ADAMS, dans le coma depuis 1982

Petit à chaque fois que je regardais un match des bleus à la télévision, il arrivait toujours un moment dans le match où Thierry Roland et Jean-Michel Larqué rendait un hommage à Jean-Pierre ADAMS et à sa famille, en annonçant un funèbre décompte : voici maintenant 4 ans, 5 ans, 6 ans… que Jean-Pierre ADAMS est dans le coma. Et moi j’étais bien embêté car je ne connaissais pas du tout ce joueur alors je me suis renseigné et j’ai appris qu’il formait, au milieu des années 70, avec Marius TRESOR la charnière de l’équipe de France, une charnière qu’on appelait la « Garde noire ». Aujourd’hui avec Old School Panini je vais un peu plus loin dans l’investigation et en me plongeant dans la carrière de Jean-Pierre ADAMS j’ai pu me rendre compte que celle-ci avait suivi une trajectoire aussi sinueuse et fulgurante qu’un coup franc de Roberto CARLOS.

Avant de commencer le sujet je voulais remercier les membres du forum Foot Nostalgie où j’ai été cherché par mal d’infos et quelques images superbes que je vais vous faire partager (merci à Mama Ouattara plus particulièrement qui déniche vraiment des trésors)

Jean-Pierre ADAMS est né à DAKAR en 1948. Il est élevé jusqu’à l’âge de 10 ans par sa grand-mère, il revient sur cette période de sa vie en Afrique : « J’ai été élevé par ma vieille grand-mère qui avait des idées de grandeur. Nous vivions alors à quelques pas du gouvernement général et la « mémé » m’éduquait à l’européenne, en m’interdisant la pratique du dialecte sénégalais. Puis un jour en réponse à une lettre qu’elle avait reçue avec beaucoup d’émotion nous prîmes le bateau à destination de la France. C’est comme ça que je me suis retrouvé peu après en pension au collège Montargis où allait commencer une autre vie pour moi ».

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Sa grand-mère, elle, repartit au Sénégal, revenait une fois en France pour voir si le garçon se débrouillait et comme c’était le cas reparti à tout jamais et Jean-Pierre ADAMS n’entendra plus jamais parler d’elle alors. Mais après le collège, il est un jeune ado bien seul, un couple de retraité lui ouvre alors son foyer où il y trouvera un « frère » et 2 « sœurs ». Ces parents adoptifs, il les considèrera comme sa vraie famille et tout au long de sa carrière, dès qu’il aura quelques jours de repos, il retournait dans le Loiret pour les voir.

Bien évidemment à un moment on va parler un peu football, en fait dès qu’il est arrivé en France, Jean-Pierre jouait au foot, jusqu’en junior il jouait dans le club de Montargis. Là ses qualités se faisaient remarquées et il ne tarda pas malgré son jeune âge à jouer avec l’équipe première en promotion d’honneur. A 20 ans alors qu’il effectue son service militaire il va faire une rencontre qui va beaucoup pesée sur sa jeune carrière. Il se lie d’amitié avec un certain BEUDOT qui arrive à convaincre les dirigeants de Fontainebleau (où il évolue) de recruter son « pote » JP ADAMS. Les dirigeants sont convaincus et ADAMS se retrouvent avec BEUDOT à Fontainebleau. Hélas, au retour d’un déplacement à Châteauroux, les deux hommes ont un accident de voiture très grave : mortel pour Beudot et miraculeux pour Adams qui s’en sort indemne physiquement mais très infligé moralement.

Jean-Pierre ADAMS continue sa carrière de footballeur amateur à l’Entente de Fontainebleau mais sans entrain. ADAMS est un joueur déprimé et qui n’attire pas les regards des recruteurs lui qui rentre dans le rang du monde amateur. Mais en 1968, l’Entente de Fontainebleau arrive en finale du championnat de France amateur. Le match est retransmis à la TV et devant son poste, Kader FIROUD ancien entraineur de Nîmes est impressionné par cet avant-centre. Ah oui j’avais oublié de le dire, au début de sa carrière en amateur, Jean-Pierre ADAMS évoluait au poste d’attaquant et parfois avant-centre. Kader FIROUD se souvient de la première fois qu’il a vu ADAMS : « J’avais découvert Adams sur mon petit écran de télévision lors d’une finale du championnat de France amateur. Jean-Pierre, ce jour là, occupait un poste d’avant-centre qui n’était pas tellement dans ses cordes, mais il m’avait impressionné par ses moyens physiques et son allant ».

Et les évènements vont alors s’enchainer. En 1969 FIROUD est de retour aux affaires chez les crocodiles et n’a pas oublier l’attaquant de Fontainebleau. Avant de porter un jugement définitif sur un garçon vu que sur un match Firoud se renseigne tout d’abord auprès de Martinelli et Odasso qui ont fréquenté Jean-Pierre ADAMS au bataillon de Joinville. Les deux bonhommes disent le plus grand bien de JP ADAMS. Nîmes doit alors disputer un match amical dans la région parisienne et FIROUD invite Jean-Pierre ADAMS à faire une pige avec les crocodiles.

L’essai, d’un point de vue du terrain, était concluant, suffisait maintenant de la convaincre lui et sa femme de venir dans le Gard. Les ADAMS étaient partant pour l’aventure et débarquaient à Nîmes quelques mois plus tard. Mais ADAMS l’amateur débuta d’abord avec l’équipe réserve en division d’honneur, il avait encore beaucoup trop de carences pour évoluer avec les pros en division 1. FIROUD commença alors son travail sur ADAMS pour le transformer d’un banal attaquant du championnat amateur en un milieu de terrain de l’équipe de France. Voici, selon lui, comment FIROUD a fait progresser ADAMS : « Quand il débarqua chez nous, ADAMS était un avant-centre ou un ailier dont la technique et le jeu de tête laissaient plus ou moins à désirer, ce qui m’incita assez vire à le « fixer » comme demi-offensif. Nous avons donc commencé ce difficile travail et petit à petit, j’ai réussi à le remettre en confiance. Ce qui était important d’abord car le garçon était arrivé bourré de complexes. Ensuite, je lui ai fait travailler, jour après jour, sa touche de balle, sa résistance, son jeu de tête, je lui ai enseigné la manière de changer de rythme, je lui ai également inculqué un certain sens tactique, si bien qu’au fur et à mesure, il est devenu le joueur de milieu de terrain que j’avais décelé en lui. »

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On comprend mieux alors, que Jean-Pierre ADAMS ait toujours clamé que Kader FIROUD était son mentor, voilà les propos qu’il tenait sur l’entraineur qui le fit passer professionnel et qui allait lui ouvrir les portes de l’équipe de France : « Kader FIROUD est l’homme auquel je dois tout. Il m’a pris en main, m’a modelé, m’a mis en confiance et ne m’a plus lâché ». Replacé au milieu de terrain conscient des sacrifices à consentir pour mener une carrière professionnelle, à 24 ans Jean-Pierre ADAMS va exploser !

Après quelques apparitions lors de la saison 1970-71, il devient titulaire indiscutable la saison suivante. En 1971-72 il jour les 38 matchs de la saison, permet au Crocodile de terminer 2ème du championnat et s’ouvre tout naturellement les portes de l’équipe de France. Malgré sa saison énorme, lorsqu’il est convoqué pour une tournée au Brésil pour un mini-tournoi international (Pour commémorer les 150 ans d’indépendance du Brésil, la CBF a organisé une mini Coupe du Monde durant l’été 1972. Vingt sélections ont été conviées disputant dans 12 stades la compétition qui fut connut sous le nom de Mini Copa), il n’y croit pas : « Quand j’ai été convoqué pour la mini-coupe du monde au Brésil, j’ai cru à une farce de mon vieil ami Michel MEZY. »

ADAMS va ainsi faire quelques apparitions chez les bleus, 3 sélections en 1972 et joue aussi la coupe d’Europe, il devient un joueur de tout premier ordre et va signer lors de la saison 1973-74 dans une grosse écurie du championnat de France, à l’OGC Nice. Toujours milieu de terrain, pas de période d’adaptation pour ADAMS qui sous la houlette de l’entraineur Jean SNELLA va réaliser sa saison la plus prolifique avec 9 buts en championnat. Mais la saison suivante SNELLA est remplacé par Vlatko MARKOVIC. Comme on l’a vu dans le sujet sur l’OCG Nice 1976, MARKOVIC est ancien grand défenseur yougoslave et ce dernier va à son tour faire reculer JP Adams pour en faire un des meilleurs stoppeurs du monde. L’attaquant amateur se retrouve défenseur chez les pros maintenant. ADAMS recule en défense dans son club mais aussi en sélection où son association avec Marius TRESOR est redoutée de tous les attaquants adverses. Jean-Pierre ADAMS est au sommet de sa carrière, il a 27 ans. La saison suivante avec Nice il forme un autre duo redoutable avec un autre grand libéro : Josip Katalinski.

Nice finira second derrière l’AS Saint-Etienne. Par contre chez les bleus ça va coincer un peu, la France n’arrive pas à se qualifier pour le championnat d’Europe 1976 en Yougoslavie. Stefan KOVACS le sélectionneur est alors remplacé par un tout jeune entraineur qui ne sera pas du tout convaincu par le talent de Jean-Pierre ADAMS et qui retiendra comme stoppeur, le nantais Patrice RIO. Jean- Pierre ADAMS effectue une dernière saison à Nice avant de signer un dernier gros contrat à Paris lors de la saison 1977-78 à 29 ans. Dans la capitale il retrouve son ami de l’équipe de France Jean-Michel LARQUE mais dans des conditions particulières car Jean-Mimi est entraineur-joueur du PSG (voir le sujet sur Larqué entraineur du PSG). Paris est un jeune club et en proie a de grandes difficultés, sur le terrain mais aussi en dehors, en effet le 06 janvier 1978, le président et couturier, Daniel HECHTER quitte ses fonctions au sein du club et est radié à vie par la ligue du monde du foot professionnel sui te au scandale de la double billetterie du Parc des Princes. Sur le terrain c’est pire ! Le PSG est dernier du championnat lorsque Larqué décide de ne plus joueur et de se consacrer qu’à la fonction d’entraineur.

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Le club se sauve tant bien que mal et difficile dans ces conditions pour Jean-Pierre ADAMS de retrouver sa place chez les bleus. La saison suivant est du même acabit, cette fois Jean-Mimi a décidé de se consacrer entièrement à son rôle de joueur et le PSG plafonne dans le ventre mou du championnat. A 31 ans JP Adams sait que ces plus belles années ont derrière lui et les blessures ajouté à la nouvelle équipe dirigeante qui ne compte plus trop sur lui, Il s’en va à Mulhouse alors en D2 mais n’y reste qu’un an ne jouant quasiment pas étant la plupart du temps blessé. Il quitte ainsi le monde professionnel e retourne au monde amateur qu’il l’a fait connaitre. Il rempile donc pour le petit club de Châlon, alors en 3ème division. Après une saison, les difficultés commencent à pointer. Jean-Pierre force un peu à l’entraînement et une douleur à la cuisse commence à devenir trop insupportable. Après une radio il s’avère que Jean-Pierre Adams doit être opéré d’une banale lésion au tendon. Il se rend dans un hôpital lyonnais et n’en sortira jamais.

Nous sommes le 17 mars 1982, avant l’opération Jean-Pierre ADAMS doit subir une anesthésie mais une erreur de l’anesthésiste, plongera dans un coma l’ancien stoppeur de l’équipe de France. Depuis, son état végétatif s’est nourri de polémiques et de longues procédures devant les tribunaux. La faute des services de l’hôpital de Lyon sera finalement établie. Un seul anesthésiste présent ce jour-là, au lieu de deux habituellement. Huit patients à endormir inscrits au tableau de garde, dont trois quasiment au même moment. Un étudiant stagiaire, chargé de la perfusion d’alfatésine, qui accumule les bourdes. Bref, il reste un homme allongé, même plus capable d’entendre la sentence (un bronchospasme, diront les médecins), une épouse qui s’écroule et deux enfants, Laurent et Frédéric, incapables de comprendre pourquoi leur papa reste endormi aussi longtemps…

29 ans plus tard, Jean-Pierre ADAMS est toujours dans le coma. Sa femme est toujours à son chevet et a rédigé une biographie il y a quelques années. Dans ce livre, elle livre les derniers mots que Jean-Pierre lui a dit, ses derniers mots tout court, c’est terrible : « Tout va bien, je suis en pleine forme. C’est à 11H que je vais être opéré. Pense à moi quand même, mais vient me chercher dans 8 jours, et n’oublie pas alors, une paire de béquille ! »

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