« Les combats vont reprendre bientôt », promet un cadre militaire du Front de libération Azawad (FLA) en poste à Kidal. Quant à l'armée malienne, elle mène dans la région « une stratégie de la guerre », selon les déclarations le 6 avril 2026, lors d'un point presse d'un porte-parole de l'état-major.
Après avoir perdu le contrôle de la ville de Kidal le 25 avril, à la suite de leur défaite militaire face aux jihadistes du Jnim et aux indépendantistes du FLA, l'armée malienne et ses partenaires russes de l'Africa Corps avaient déserté sans combattre le camp de Tessalit le 1er mai. Les groupes armés y voyaient les prémices d'un départ de toute la région. Un peu trop vite. Si un convoi militaire a également quitté le camp d'Aguelhoc lundi, des troupes y sont toujours bien présentes, ainsi qu'à Anefis, où l'Africa Corps a « livré des munitions et de la nourriture » mardi, par hélicoptère. L'armée évoque une « réarticulation » de son dispositif dans la région de Kidal et « un repositionnement des unités », « pour reconquérir » les positions perdues.
L'état-major indique également avoir réinvesti le camp de Labezzanga, dans la région de Gao, dont l’État islamique au Sahel – EIS, groupe jihadiste rival du Jnim – avait brièvement pris le contrôle, et avoir mené en début de semaine des frappes aériennes dans les zones de Sévaré, Dioura et Ménaka.
Plusieurs dizaines de camions incendiés
À Bamako, le blocus instauré par le Jnim se durcit. Plusieurs dizaines de camions de marchandises ont été incendiés mercredi sur les axes reliant la capitale à la Guinée, au Sénégal, à la Mauritanie et à la Côte d'ivoire, précisément dans les zones de Gogui, Diema, Kenioroba et Bougouni.
Des vidéos de camions en flamme ont été diffusées par les jihadistes, qui entravent également la circulation des autocars et des véhicules particuliers sur de nombreuses routes menant à la capitale.
Les voyageurs interdits de passage attendent par centaines à Kita, où l'état-major assure que des « opérations de sécurisation » sont en cours, ainsi qu'à Kayes. Des témoignages font également état de blocages jihadistes, de plus petite envergure et temporaires, dans d'autres localités.





