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Procès de la mort de Dylan Auzilleau : Dr Delmotte Christian et Dr Chalhoub devant le tribunal à la suite d’une biopsie « Mortelle » - 5 heures de débats intenses délibéré en juin

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Procès de la mort de Dylan Auzilleau : Dr Delmotte Christian et Dr Chalhoub devant le tribunal à la suite d’une biopsie « Mortelle » - 5 heures de débats intenses délibéré en juin

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Une autre ambiance au tribunal, ce mercredi 29 avril 2026 à l'audience du dossier marqué n°23, à la 2ème Chambre Correctionnelle A de la Cour d’Appel d’Abidjan Plateau. C’est l’affaire Dr Chalhoub Hussein et Dr Delmotte Christian répondant pour ''homicide involontaire'' dans le décès Dylan Cédric Auzilleau, 21 ans, retrouvé sans vie dans son lit au domicile familial, le 18 octobre 2022, au lendemain d’une opération, une biopsie du foie, le 17 octobre 2022.

Le huis-clos refusé aux avocats des deux médecins 

Une autre ambiance au tribunal, ce mercredi 29 avril 2026 à l'audience du dossier marqué n°23, à la 2ème Chambre Correctionnelle A de la Cour d’Appel d’Abidjan Plateau. C’est l’affaire Dr Chalhoub Hussein et Dr Delmotte Christian répondant pour ''homicide involontaire'' dans le décès Dylan Cédric Auzilleau, 21 ans, retrouvé sans vie dans son lit au domicile familial, le 18 octobre 2022, au lendemain d’une opération, une biopsie du foie, le 17 octobre 2022. 

Il est 8 heures 40 minutes, quand la Présidente ouvre la Cour.  L’audience de l’affaire en Recours n°574/2023 du 25/7/2023 de Benoit Camille Auzilleau (Père et partie civile) contre la décision n°4141/2023 du 21/7/2023 du Tribunal de Première Instance d’Abidjan-Plateau au profit des médecins, Chalhoub Hussein et Christian Delmotte est appelée à 9H 30min. Elle prend fin à 14 heures 18 minutes avec l’annonce du délibéré au 10 juin 2026. 

Retour dans la salle d’audience du jour dans une atmosphère ponctuée de suspensions, de reprises, de débats et plaidoiries. Comme si vous y étiez, suivez Lede bativoirien.net.

 

8 H 40 min, la Cour ! La présidente de la 2ème Chambre Correctionnelle A de la Cour d’Appel d’Abidjan Plateau et ses conseillers font leur entrée. Les affaires anciennes, et en délibérés sont appelées.  Suspension à 9 h 35 min pour des raisons propres à la Présidente.   9 h 50 min, reprise de l’audience et le dossier n°23 ‘‘homicide involontaire’’ Dr Chalhoub et Delmotte est appelée par la présidente rappelant que l’affaire a été renvoyée à la date 29 avril 2026 à la demande du prévenu Dr Christian Delmotte, à l’audience du 25 février 2026. Ses avocats introduisent alors une demande « d’audience à huis-clos ». Raison évoquée, la presse en parle. Une demande rejetée immédiatement par la présidente : « L’Audience est publique. Le huis clos est rejeté. Celui qui écrit est libre d’écrire…il s'expose à la rigueur de la loi s’il diffame… », déclare en substance la présidente.

10 h 03 minutes, le retard des médecins légistes est constaté. Nouvelle suspension de l’audience. 10h 25min, le dossier est rappelé, les différentes parties sont toutes présentes : médecins légistes, les assureurs, agents de l’Ivosep (Ivoirienne de Sépulture), les dirigeants des deux cliniques, les conseils de la défenderesse, la partie civile....

La principale pièce aux débats aura été le Rapport de l’Autopsie Médico-Légale du 21 novembre 2022, du corps de Dylan Cédric AUZILLEAU, produit par les Professeurs titulaires, de Médecine Légiste et Réparation Juridique du Dommage Corporel, UFR Sciences Médicale d’Abidjan, Université Félix Houphouët-Boigny, Hélène YAPO ETTE et BOTTI Koffi.

A la barre, Professeur ÉTTÉ est soumise aux questions de la défense visant à la déconstruction dudit rapport. Mais, Médecin Légiste de renommée mondiale qu’elle est, restera dans le cadre strict des constatations faites lors de l’autopsie.

C’est que, requis en date du 19 octobre 2022 par la Direction de la Police Criminelle, afin de déterminer les causes de la mort Dylan Cédric Auzilleau ainsi que les circonstances de sa mort, dresser un rapport d’ensemble détaillé des opérations et conclusions. Elle a certifié à la barre avoir personnellement accompli la mission ainsi confiée en honneur et conscience, le 2 Novembre 2022 à l’Institut de Médecine Légale. Et ce, en présence des représentants de la Direction de la Police Criminelle, du représentant de la Police Technique et Scientifique, du représentant de la famille du défunt, des représentants du Centre Médical Chardy et des représentants du Docteur Christian DELMOTTE de la Polyclinique Groupe Médical Plateau où la biopsie a été réalisée sur le défunt. Ce que les prévenus n’ont pu remettre en cause.

« Les plaies abdominales suscitées sont d’allure iatrogène et sont compatibles avec une ponction biopsie du foie transpariétale. Cette ponction biopsie du foie a entraîné une plaie transfixiante du foie et une perforation de l’aorte abdominale en regard, responsable d’une hémorragie intra-abdominale, hémopéritoine, de grande abondance, environ 2 litres…» souligne la conclusion de la discussion médico-légale de l’autopsie.

« L’autopsie a permis de retenir comme cause de mort, une spoliation sanguine due à une hémorragie intra-abdominale, hémopéritoine, de grande abondance, environ, 2 litres, provoquée par une perforation de l’aorte abdominale consécutive à une ponction biopsie hépatique transpariétale… », termine le rapport l’autopsie médico-légale. Une position fermement présentée et défendue par le médecin légiste, Professeur Hélène Yapo Etté à la barre.

Plusieurs éclairages apportés par les agents de l’Ivosep qui ont eu accès au corps du défunt édifient l’audience. L'avocat général (procureur) par des questions aussi pertinentes que déroutantes à chercher à démêler l’affaire, interrogeant aussi bien la professeure Hélène Etté que les agents de l’Ivosep qui se succèdent à la barre. 

Le père Benoît Camille Auzilleau à la barre a rappelé les circonstances de la découverte du corps sans vie de son fils, le 18 octobre 2022 aux environs de 11 heures, au lendemain de son passage (le 17 octobre 2022) à ‘‘l’aiguille’’, à la Polyclinique GMP par les soins du Docteur Christian DELMOTTE, radiologue auteur de la biopsie. « J’ai vu mon fils le lundi bien portant et je le découvre le mardi après la biopsie sans vie. Il y a une faute de diagnostic et une faute médicale’’ lance le père du défunt Benoît Auzilleau, plongeant l’assistance dans un émoi. La présidente de la Cour en véritable pédagogue a pris le soin d’entendre toutes les personnes présentes, citées de quelques manières dans l’affaire avec une forte capacité d’écoute. 

 

12 h 38 minutes début des plaidoiries

Me Diallo pour la partie civile a réclamé justice par la condamnation de Dr Christian Delmotte auteur de la biopsie ayant entraîné la mort du jeune Dylan Cédric Auzilleau. « (...) Je parle au nom du père qui porte un deuil, bientôt 4 ans. Ce procès va montrer que tous autant que nous sommes, mourir dans un hôpital n'est pas une fatalité... Une mort donnée en sourdine là où l’on est allé chercher la vie, doit être réparée. Dr Delmotte est conscient de son acte c'est pourquoi il a remué ciel dans cette affaire. 

La responsabilité médicale n'est plus abstraite. Il aurait pu le sauver. Un centre de santé ne doit pas donner la mort. Que Dr Christian Delmotte soit condamné, et les prévenus condamnés à payer 900 millions FCFA pour dommage causé à la famille Auzilleau. Par contre Dr Chalhoub, sa qualité de médecin généraliste il pouvait au regard de toute la littérature à ce procès, recommander une biopsie…nous ne retenons rien contre lui ». Me Diallo dans sa plaidoirie.

Il rappellera lors de sa plaidoirie, le récent cas de condamnation par le Tribunal de Commerce d’Abidjan d’une clinique privée et d’un médecin à verser 94 328 481 FCFA de dommages-intérêts à la suite des graves conséquences d’une intervention chirurgicale mal maîtrisée. Cette décision montre bien que la responsabilité médicale est bien réelle et que les victimes ont le droit d’engager des poursuites lorsque des manquements graves sont constatés, soutient le conseil de la partie civile. 

 

13 h 00, l'avocat général (procureur), pour la défense des prévenus a invité qu’il plaise à la Cour de confirmer la décision de la première instance « compte tenu du flou ».

13h 09 minutes, une autre suspension. 13h30, reprise des plaidoiries. Les différents conseils des prévenus : Centre Médical Chardy, Polyclinique Groupe Médical Plateau (avec sa directrice générale, épouse Delmotte), Dr Christian DELMOTTE et Dr Chalhoub Hussein. Ils n’iront pas plus loin que le procureur en plaidant la non culpabilité pour reconduire la décision de la première instance...

« J'ai la certitude humaine et scientifique que je ne me reconnais aucun cas responsable de la mort de Dylan », lâche Dr Delmotte soutenu par son épouse juste à ses côtés à la barre. 

14 h 18 minutes,après avoir entendu toutes les parties la présidente de la deuxième Chambre Correctionnelle A de la Cour d'Appel d’Abidjan Plateau annonce le délibéré pour le 10 juin 2026

 

Ainsi est la 6è a audience de cette saga judiciaire dans l’affaire dite ‘‘Homicide involontaire’’ Sur Dylan Auzilleau

Démarrée en juin 2024 devant la Cour d’Appel d’Abidjan, l’affaire continue de retenir l’attention de tous et de susciter passion. Car elle met en lumière, la responsabilité engagée du médecin dans les actes qu'il pose. Il n'est certes pas tenu par une obligation de résultat, mais il ne doit pas non plus être responsable de dommages évitables.

C’est un procès qui a démarré en mars 2023 devant le Tribunal de Première instance d’Abidjan-Plateau, avec le verdict proclamant « l’action mal fondée de la partie civile ». Il suit son cours en appel. Deux médecins, le Docteur Hussein Chalhoub et le Docteur Christian Delmotte font face à la détermination de Benoît Camille Auzilleau, le père du jeune arraché à l’affection familiale, au lendemain d’une biopsie du foie, entre le 17 et le 18 octobre 2022 à Abidjan.  

Il est constant que le jeune Auzilleau a été opéré avec la touche du médecin Christian Delmotte Radiologue, le 17 octobre 2022 à la Polyclinique Groupe Médical Plateau, sur recommandation expresse du médecin généraliste du Centre Médical Chardy Chalhoub Dr Hussein Chalhoub, qui a reçu le jeune patient Cédric Dylan Auzilleau. Il rejoint l'au-delà, le 18 octobre 2022. Le foie du jeune patient a-t-il été perforé occasionnant 2 litres de sang dans l’abdomen comme révélé par l’autopsie médico-légale ? Mais, les médecins continuent de plaider leur innocence face un rapport d’autopsie médico-légal robuste. 

 

Docteur Hussein Chalhoub médecin généraliste et pédiatre, du centre médical Chardy dans sa déposition  

« J’ai reçu en consultation, le 20 septembre 2022 AUZILLEAU Dylan pour la prise en charge d’un symptôme infectieux qui évoluait depuis environ une semaine et pour lequel il a été traité à San-Pedro et hospitalisé jusqu’à la veille de son évacuation sur Abidjan. Pour cette consultation, il était accompagné de son père (…) L’examen clinique de ce jour était strictement normal en attendant les résultats du bilan biologique de suivi de l’hépatite B.…J’ai revu Dylan, le 8 octobre. Il était en parfaite santé. Le résultat du fibroscan qu’il m’a présenté était tout à fait normal (…) 

Mais le résultat du fibroscan était en contradiction avec le score du Fibrotest Actitest. Ce qui a nécessité la demande d’une biopsie hépatique après avis du gastro-entérologue qui a recommandé cet examen », soutient Dr Hussein Chalhoub. C’est la porte ouverte vers l’inconnu, en l’orientant pour la biopsie, le 17 octobre 2022 vers Docteur Christian DELMOTTE, Radiologue à la Polyclinique GMP.

 

Docteur Christian Delmotte, radiologue à la polyclinique GMP parle 

« Nous avons reçu Dylan Cédric Auzilleau, le 17 octobre 2022 vers 9 h du matin. Il avait pris rendez-vous pour une biopsie échoguidée du foie prescrite par son médecin traitant, le Dr Hussein Chalhoub. (…) L’intervention s’est déroulée selon les règles de l’art.Une seule ponction a été nécessaire ramenant une carotte biopsique de bonne qualité. L’intervention a duré 5 minutes. Le patient a précisé qu’il n’a ressenti aucune douleur. Il a alors été mis au repos. 

Le patient ne souhaite pas se faire hospitaliser. (Que dit le Protocol dans la clinique GMP après une opération biopsie ?) Il lui a été recommandé de rentrer chez lui en se faisant accompagner et de rester au repos strict 24h sous surveillance familiale et de ne pas hésiter à appeler son médecin en cas de malaise. Il a quitté la polyclinique aux alentours de 13h », déclare, le Radiologue, Dr Christian Delmotte. Dylan ira de ce pas vers l’au-delà

Mais l’autopsie médico-légale des Professeurs titulaires, de Médecine Légiste et Réparation Juridique du Dommage Corporel, Hélène Yapo Etté et Botti Koffi reste formel :  « (…) une perforation de la coupole diaphragmatique droite, deux plaies punctiformes sur la face supérieure du lobe droit du foie. Une plaie punctiforme sur la face inférieure du lobe droit du foieune plaie de la paroi du bord droit de l’aorte abdominale en regard de la plaie de la face inférieure du foie ; un hémopéritoine de grande abondance, environ 2 litres de sang liquide et 444g de caillots d’allure ante mortem… »

Le délibéré du 10 juin 2026, soulagera-t-il, le père Auzilleau et sa famille ? Tout le monde est suspendu, la Cour avec. A SUIVRE....

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HERVE MAKRE

👤
Article rédigé par
La Rédaction

Journaliste / Le Débat Ivoirien

©

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Réactions (12)

Kouassi M. Il y a 2 heures

Excellente analyse de la situation actuelle. Il est temps que des mesures concrètes soient prises.

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