Site icon LE DEBAT IVOIRIEN

Colloque international à l’Université de Bondoukou : repenser la Critique d’Art au prisme des réalités africaines

Colloque international à l’Université de Bondoukou : repenser la Critique d’Art au prisme des réalités africaines; Ledebativoirien.net

Du 10 au 12 février 2026, l’Université de Bondoukou a accueilli un colloque international consacré à la réflexion critique sur l’art contemporain africain. Universitaires, critiques, artistes et acteurs culturels y ont interrogé les fondements, les méthodes et les perspectives de la critique d’art sur le continent.

C’est dans une atmosphère studieuse et résolument tournée vers l’avenir que l’Université de Bondoukou, à travers son Unité de Formation et de Recherche des Sciences des Arts, des Industries Culturelles et de la Communication (UFR SAICC), a organisé ce rendez-vous scientifique majeur autour du thème : « Repenser la critique d’art : regards sur la création contemporaine en Afrique ».

La cérémonie d’ouverture a été marquée par les allocutions du Président du Comité d’Organisation, du Président de l’Université ainsi que du Secrétaire Général de la Préfecture, représentant le Préfet de la Région du Gontougo. Une délégation officielle conduite par M. Kouadio Homan Évariste, Directeur régional de la Culture et de la Francophonie du Gontougo, a également pris part aux travaux, soulignant l’importance institutionnelle accordée à cette rencontre.

Co-organisé aux côtés des docteurs Désiré Amani et Soilio Coulibaly, avec la participation du Dr Ikram (Tunisie), le colloque a été salué par ses initiateurs comme une réussite scientifique et organisationnelle. Durant trois jours, les échanges ont porté sur des axes majeurs :

redéfinition de la notion de critique d’art, articulation entre théorie et pratique, outils méthodologiques, rôle des médias numériques, place des critiques africains sur la scène internationale, ainsi que les enjeux terminologiques et épistémologiques.

L’objectif était clair : penser une critique d’art capable d’accompagner mais aussi de questionner les mutations profondes de la création contemporaine en Afrique.

Des communications de qualité

Parmi les interventions marquantes, celle du Dr Koffi Célestin Yao, intitulée « De la critique ou l’art de mettre l’art en procès », a mis en lumière la dimension méthodique et exigeante de la critique. Loin d’être un discours de complaisance, la critique y est envisagée comme un processus d’examen rigoureux, mobilisant l’esthétique, l’épistémologie et l’herméneutique pour interroger les fondements conceptuels, symboliques et sociopolitiques de l’œuvre.

Présent en qualité de Président de l’Organisation Professionnelle des Critiques d’Art de Côte d’Ivoire, journaliste culturel et chercheur, Christian Guehi a proposé une réflexion intitulée « Repenser les formes critiques contemporaines en Afrique : la critique absente ou la critique déplacée ? ».

Sa communication a souligné que la critique africaine ne saurait être évaluée uniquement à l’aune des modèles occidentaux privilégiant l’écrit académique et l’institution muséale. Elle s’exprime également à travers l’oralité, les pratiques curatoriales, les espaces numériques et les débats publics, traduisant une pluralité dynamique et enracinée dans les réalités sociales africaines.

La médiatrice culturelle Nadine Priam, dans sa communication « Critique d’art en mutation : entre algorithmes, mémoires endogènes et récits pluriels », a pour sa part interrogé l’impact des technologies numériques et des nouvelles formes narratives sur la production du discours critique. La séance était présidée par le Professeur Roger Somé, enseignant-chercheur à l’Université de Strasbourg, philosophe et ethnologue, dont la présence a renforcé la dimension internationale et interdisciplinaire des débats.

Au total, ce sont plus de vingt communications qui ont meublé ce colloque, témoignant de la richesse des approches et de la vitalité des recherches actuelles sur la critique d’art en Afrique. Le colloque s’est achevé par le vernissage d’une exposition d’art contemporain africain sur le campus universitaire, offrant un prolongement esthétique aux réflexions théoriques menées en salle.

À travers ce rendez-vous scientifique et artistique d’envergure, l’Université de Bondoukou confirme son ambition de devenir un pôle majeur de réflexion sur les arts et les industries culturelles en Afrique. Plus qu’un simple cadre académique, elle s’affirme désormais comme un laboratoire d’idées où se construit, pas à pas, une pensée critique africaine consciente de ses héritages, mais résolument tournée vers l’avenir.

Ledebativoirien.net

Christian GuehiJournaliste culturel et critique d’art

Quitter la version mobile