Vous allez savoir pourquoi et comment l’on use de stratagèmes pour vider les caisses du trésor Public
De nombreux opérateurs dont le grand commerçant Dramera ont porté plainte contre le Conseil Régional du Bélier. La Direction générale de la décentralisation a été saisie par d’autres plaignants. Le Président de la République, la ministre de l’Economie, du Plan, et du Développement, Adama Coulibaly, ministre des Finances et du Budget et le Directeur Général du Trésor Public de Côte d’Ivoire ont tous été saisis par ce qui se joue au Conseil Régional du Bélier.
A cette allure va-t-il être mis sous tutelle pour une administration provisoire et voir ses principaux animateurs déférer devant un juge d’instruction ? Ledebativoirien.net & LEDEBAT IVOIRIEN (bihebdomadaire), membre du consortium des médias d’investigation a été saisi aussi de cette situation. Il a essayé de voir de plus près cette machine. Pas facile. Suivez !
La falsification de bons du Trésor, monnaie courante au Conseil Régional du Bélier ?
Le mode opératoire de l’Opération Hibou en Côte d’Ivoire
Le mode opératoire apprend-on est le suivant : des directeurs administratifs financiers (DAF), dont le cas emblématique est celui du Conseil régional du Bélier, prélèvent illégalement des sommes d’argent liquide auprès d’opérateurs privés. En échange de cet argent, ces directeurs financiers leur délivrent de fausses factures du Trésor public. Ces factures sont d’un montant supérieur au montant perçu et simulent la réalisation de travaux ou services fictifs.
Les contrôleurs financiers, censés vérifier la régularité et l’exactitude des dépenses, ferment délibérément les yeux sur ces fausses factures en validant des paiements pour des prestations inexistantes. Ces bons sont déposés au Trésor public qui les paye aux DAF et le tour est joué. Cette collusion systématique vide les caisses de l’État ivoirien, dans un climat d’impunité.
Le directeur financier du Conseil régional du Bélier est cité comme maître dans l’art dans ce qui est appelé ‘‘Opération hiboux’’ en Côte d’Ivoire. Une opération organisée, avec la complicité de plusieurs acteurs internes, qui déstabilise la gestion publique et freine le développement local.
C’est emblématique au Conseil Régional du Bélier
Le Conseil Régional du Bélier, avec un budget en milliards de francs CFA, montre une forte dépendance aux transferts de l’État et la nécessité d’un recouvrement accru des recettes propres. Cette dépendance alimente, comme dans d’autres entités, une certaine vulnérabilité aux détournements. Le Directeur financier intime à l’opération Hibou, depuis le mandat du Président Ahoussou Jeannot sans être inquiété par sa tutelle est toujours dans la course sous l’actuel Conseil.
La victime Koffi Armand N’dri explique tout
« J’ai été contacté par le Directeur financier du conseil régional du Bélier à Toumodi; Kah Patrick Yves le 28 juillet 2024. Il m’a demandé de soutenir financièrement le Conseil, car il avait besoin d’argent pour la préparation des fêtes de l’indépendance. Il m’a donc proposé de venir dans leur locaux annexe, sise à la Cité des Arts à Cocody.
C’est ainsi le 1er août 2024, j’ai été remettre à Kah, en présence de son comptable, Oka Anatole la somme de 15 millions de francs CFA. Il m’a fait une décharge de 24 millions de FCFA, c’est ce qui avait été convenu. Le 6 août 2024, il m’a encore sollicité. J’ai fait un virement de 6 millions de francs CFA, à rembourser à 9 millions FCFA. Ce qui fait un totale de 33 millions de francs CFA à rembourser.
Kah m’a promis et juré qu’il me fera des mandats de paiement la semaine après l’indépendance. Et depuis lors, il me tourne en rond. En juillet 2025, je suis allé voir le président du conseil, Konan Raymond. Celui-ci m’a promis me faire payer en Août. Fin Septembre, la parole n’étant pas respectée, je suis allé encore revoir Raymond et toujours les mêmes promesses.
N’étant pas payé, le 18 novembre 2025, je suis allé encore le revoir. C’est en ce moment que Kah dit qu’il a fait un mandat de paiement de 5 millions sur le 33 millions FCFA. J’ai dit que je ne suis pas d’accord. Le président a demandé à son financier, comme à l’accoutumée de faire des propositions de paiement. J’ai été plusieurs fois voir N’dri Aristide, le directeur de cabinet du Conseil, il promettait toujours de m’aider mais négatif…
Je n’ai pas encore reçu la restitution de sommes passés au Conseil Régional du Bélier. Ont-ils obtenue le paient au niveau du Trésor public ? Je n’en sais rien. Mais mon argent n’a pas encore été remis », témoigne-t-il. Le Trésor Public devrait payer 33 millions FCFA pour 21 millions perçus par le Conseil Régional du Bélier des mains de l’opérateur Koffi N’dri en simulant la réalisation de travaux qui n’ont jamais existé. Ingénieux !
Le Président et son DAF
L’équipe du président Raymond qui avait fait la promesse devant témoin de payer l’entièreté de l’argent soutiré à N’Dri avant les élections législatives du 27 décembre 2025, a envoyé effectivement le samedi 27 décembre 2025 à 9 h 24minutes, un Bon de paiement du Trésor. Après vérification, Le bon n’est nullement lié à l’affaire des 33 millions FCFA. L’opérateur N’Dri face au flou que le Conseil régional a voulu entretenir sort encore de sa réserve :
« Ces virements concernent un marché que j’ai eu, suite à un appel d’offres en bonne et due forme dans les livres des marchés publics. Cela n’a rien à voir avec les 33 millions que le Conseil Régional du Bélier et le directeur financier m’ont dérobé. Je n’ai reçu que 5.626.000 francs sur les 33 millions en 2 virements ; l’un de 700 mille et l’autre de 4.926.000F. Le Conseil Régional me doit à ce jour 27 374 000F. Je compte dès à présent saisir la justice.
Contactés, le président du Conseil Régional du Bélier et le Directeur des Services Financiers et Comptables refusent de clarifier
Le 20 novembre 2025, un courrier du consortium des médias avec comme objet : « Demande d’informations et de documents » est déposé sur leur table. « Nous cherchons l’utilisation d’un montant de 33 millions FCFA de l’entreprise THYA-BULDING. Prière de bien vouloir mettre à notre disposition les informations et les documents ci-dessous mentionnés : L’appel d’offres ; La nature des travaux ; Le contrat qui lie le Conseil Régional à l’entreprise THYA-BULDING ; La période de réalisation des travaux ; Les photos des travaux effectués par THYA-BULDING ; Le rapport d’expertise de fin des travaux effectivement réalisés par THYA-BULDING ; Les raisons du non-paiement de la somme de 33 millions FCFA à l’opérateur depuis le 1 er Août 2024.
Un autre opérateur répondant au nom de Amadou Touré reproche aussi au Président du Conseil Régional du Bélier et à son Directeur des services financier et comptables de lui avoir pris aussi des millions FCFA dans les mêmes conditions. A savoir ‘‘l’opération HIBOU’’. Prendre de l’argent à un opérateur, lui remettre ensuite de vrais faux bons du Trésor comme s’il avait effectué des travaux pour le Conseil Régional. Nous sollicitons messieurs le Président et le DSFC ces informations afin de nous permettre de mener au mieux notre publication ».
Le Président Konan Raymond muet
Interrogé par le consortium des médias par le truchement de L’Enquêteur, le président du Conseil Régional Konan Raymond a feint ignorer les faits : « C’est l’affaire exclusive du DAF ». Il fait porter la charge à son subordonné. Des sources internes au Conseil régional confirment que le président était parfaitement informé des agissements de son DAF. Des réunions internes, des rapports financiers suspects et des transferts d’argent non justifiés circulent dans les couloirs, montrant une complicité évidente entre les deux hommes.
« Ce n’est pas la première fois que le Conseil régional du Bélier fait parler de lui pour des pratiques douteuses. Du secteur de l’urbanisme aux marchés publics, à l’attribution de concessions, les soupçons de corruption pullulent », confie-ton des sources des plusieurs ministères. « Konan Raymond, élu pour redresser la barre, semble au contraire orchestrer un système où les opérateurs économiques paient pour exister. Un jeu dangereux qui pourrait coûter cher», appuient, ces sources.
Les autorités judiciaires ont-elles été saisies ? Pour l’heure, aucune plainte officielle n’a été déposée, mais les témoignages des victimes comme Koffi Armand N’Dri pourraient changer la donne. Dans un contexte où la Côte d’Ivoire lutte contre la corruption endémique dans les collectivités locales, cette affaire du Bélier illustre les dérives d’un pouvoir régional mal contrôlé.
Un jeu de Konan Raymond : jeter la pierre et cacher sa main
Dans une affaire qui sent la magouille à plein nez, le président du Conseil régional du Bélier, Konan Raymond, joue un double jeu risqué. Accusé de couvrir les exactions de son directeur des affaires financières (DAF), il tente de se dédouaner en présence du Directeur du journal L’Enquêteur. Mais les faits parlent d’eux-mêmes : 33 millions de FCFA extorqués à l’opérateur économique Koffi Armand N’Dri, pour le compte du Conseil régional.
L’affaire éclate au grand jour lorsque la victime, l’entrepreneur local bien connu, dénonce publiquement l’extorsion de fonds. Selon ses déclarations, le DAF du Conseil Régional, outre lui aurait extorqué plusieurs millions de francs CFA sous prétexte de formalités administratives liées à des projets dans la région du Bélier. Ces fonds, versés de gré ou de force, ont gonflé les poches personnelles du fonctionnaire, avec la bénédiction tacite de sa hiérarchie.
‘‘Opération Hibou’’ et le Trésor public
‘‘Opération Hibou’’, ou vol des caisses du Trésor ivoirien par des directeurs financiers. Sous ce nom mystérieux se cache un mécanisme sophistiqué de détournement de fonds publics qui fragilise l’économie nationale et ruine la confiance dans la gestion des finances publiques. Au cœur de ce montage, des directeurs financiers rusés du Trésor Public collaborent avec certains opérateurs économiques complices.
Ces directeurs délivrent, en échange de sommes d’argent liquide détournées des caisses du Trésor, de faux bons du Trésor à ces opérateurs. La manœuvre est savamment orchestrée : les bons sont présentés comme le paiement de travaux ou de prestations fictives que ces opérateurs auraient réalisées pour l’Etat ivoirien. Cependant, ces factures émises sont sciemment gonflées. Les montants inscrits sont nettement supérieurs à l’argent réellement perçu, générant un enrichissement illicite au détriment des ressources publiques.
Ce stratagème permet de « vider » les caisses du Trésor en toute illégalité, dissimulant le vol sous un vernis administratif à peine crédible. Les conséquences économiques et sociales. Cette pratique est un coup dur porté à la gestion saine des finances publiques. En détournant les fonds censés financer les projets gouvernementaux, les infrastructures, les salaires des fonctionnaires, et les services sociaux, elle contribue à ralentir le développement économique de la Côte d’Ivoire. En outre, ces détournements nourrissent un cercle vicieux de corruption et d’impunité, où les opérateurs complices et les responsables financiers corrompus prospèrent tandis que la majorité des citoyens voient leurs conditions de vie stagner, voire se dégrader.
L’ampleur et les dénonciations
Bien que l’ »Opération Hibou » reste un secret bien gardé, plusieurs alertes ont été lancées par des sources au sein même des institutions financières ivoiriennes. Des enquêtes internes et certains rapports d’audit ont mis en lumière des irrégularités préoccupantes dans la chaîne de traitement des paiements et dans la délivrance des bons du Trésor. Le scandale engendre un important clivage entre les responsables politiques et les acteurs économiques honnêtes, qui appellent à une réforme profonde et à une transparence accrue dans la gestion des fonds publics.
Face à ce fléau, le gouvernement ivoirien, à travers le ministère de l’Économie et des Finances, a renforcé les dispositifs de contrôle et de lutte contre la fraude. Des initiatives visant à moderniser les systèmes comptables, à améliorer la supervision des services financiers et à instaurer une culture de responsabilité sont en cours. Mais la réussite de ces mesures dépendra surtout de la volonté politique de briser le silence autour de telles pratiques et de sanctionner avec fermeté les auteurs de ces crimes économiques.
L’ »Opération Hibou » illustre le défi majeur que représente la lutte contre la corruption et le détournement dans la gestion publique ivoirienne. Pour que la Côte d’Ivoire puisse pleinement exploiter son potentiel de croissance et assurer une justice sociale, il est impératif d’assainir les mécanismes financiers et de restaurer la confiance des citoyens dans leurs institutions.
Ledebativoirien.net
GRACE OZHYLLY

