Le Ministre des Ressources Animales et Halieutiques (MIRAH) de Côte d’Ivoire, Sidi Touré Tiémoko s’est mis sous les feux de la rampe en fin de semaine écoulée en dominant la fête de St Valentin par son actualité. Une plainte a été directement déposée par son cabinet pour son compte devant le procureur de la République, près le tribunal d’Abidjan Plateau, suite à la lecture d’une publication de presse.

Il n’était vraiment pas content au regard de la célérité avec laquelle il a apprécié sa lecture. Une colère exprimée contre la rédaction du journal « L’Enquêteur » et son directeur de publication, le journaliste Dosso Villard, pour l’avoir cité dans un litige foncier dans la zone de Bouaké, au centre de la Côte d’Ivoire.
Mais c’est aussi avec soulagement que l’opinion a pris connaissance, le 13 février 2026, jour même de la comparution du journaliste devant le procureur de la République, que le ministre Sidi Touré, par la voix de sa direction de communication retira sa plainte. Un courrier de désistement et de retrait de la plainte contre le journal »L’Enquêteur » (édition n°43) est déposé pour dit le ministre ‘‘dans un esprit d’apaisement’’. Une affaire de litige foncier désormais suivi par tous….
Retrait de la plainte ministérielle contre le journal
« Monsieur le procureur, nous avons l’honneur de vous informer de la décision de monsieur le ministre SIDI TOURÉ de se désister de toute action judiciaire et de procéder au retrait formel de la plainte initialement déposée en son nom par son Directeur de la communication.
Cette plainte concernait les allégations parues dans l’édition n° 43 du journal « L’Enquêteur », laquelle affirmait en « UNE’’ que le monsieur le ministre avait produit une « version des faits » dans un dossier de litige foncier, alors même qu’il n’avait jamais été interrogé. Bien que les faits de diffusion de fausses nouvelles et de diffamation restent constitués au regard de la réalité des échanges, monsieur le ministre a décidé, dans un esprit d’apaisement de ne pas maintenir l’action publique sur le terrain pénal.

Monsieur le ministre entend désormais privilégier exclusivement, les instances de régulation professionnelle (l’Autorité Nationale de Presse-ANP) pour le rétablissement de la vérité et l’exercice de son droit de réponse. En conséquence, nous vous prions de bien vouloir prendre acte de ce retrait de plainte et de procéder au classement sans suite de ce dossier en ce qui concerne monsieur le ministre SIDI TOURE ».
Écrit des belles mains de Diakité Ibrahim en charge de la communication et des relations publiques du Ministère des Ressources Animales et Halieutiques (MIRAH). C’est donc le soulagement au sein de la grande famille de la presse.
C’est que, cette situation fait remonter dans l’opinion, l’ambiance qui a entouré les extraordinaires échecs cuisants aux dernières législatives : décembre 2025 et de celles de mars 2021 à Béoumi–Kodè, d’un ministre en fonction qu’est le chef du département des Ressources Animales et Halieutiques (MIRAH) Sidi Touré. Voilà que, comme pris dans un tourbillon, le ministre Sidi Touré devant une mauvaise appréciation de la démarche d’un organe de presse a bandé les muscles.

Une saisine du procureur est vite tombée alors que d’autres voies étaient visibles devant lui. Résultat, face au tollé général, le ministre recule et retire sa plainte contre l’organe de presse. Il venait d’ouvrir les oreilles et les regards sur ce qu’il menait dans le ‘‘l’ombre et silence’’ à l’abri de tous les regards du côté de Bouaké.
Ledebativoirien.net membre du consortium des médias d’investigation a regardé et non en profondeur la publication de L’Enquêteur et y a découvert que le ministre Sidi Touré n’est pas aussi loin du litige autour d’une parcelle de terrain d’une belle valeur querellée, et qui oppose son département ministériel à des propriétaires terriens, comme il tente de le faire croire à l’opinion. Et pour cause.
Sidi Touré et le chef canton
Le 10 Août 2023 par courrier n°2875/MIRAH/CAB, le Ministre des Ressources Animales et Halieutiques (MIRAH), Sidi Tiémoko Touré et là, en partenariat avec l’entreprise AGRIMAGIC et la Coopération Brésilienne, sollicite le soutien du‘‘ Vénérable Chef de canton Faafoué Nanan Kofi N’Goran Jean’’ «pour l’exécution des projets d’élevage identifiés dans la région de Gbêkê ».

Le ministre, la main sur le cœur soutient que,« c’est un ensemble de projets ; composant du PADECI/MIRAH qui seront déployés sur la parcelle de 25 ha située au quartier Kennedy, en face de l’ex ENSOA et bordant la route menant à M’Bahiakro.
Ce site suscité abritera les locaux et les infrastructures des programmes de formation aux techniques de transformation du lait. Il y sera bâti également un centre de fabrication d’aliments pour bétail à base des sous-produits agricoles et agro-industriels, produits dans la région.
De tels projets s’adressent aux jeunes et le volet valorisant les sous-produits agricoles sera une source de création de richesses, nous en sommes convaincus, pour la jeunesse de Kouassiblékro et des villages environnants ».
Sidi Touré ajoute pour terminer sa demande : « C’est pourquoi, les projets AGRIMAGIC/MIRAH vous sollicitent pour l’obtention de documents qui traduiraient votre engagement pour ces outils de développement et rassureraient les différents partenaires devant intervenir sur cet important chantier.
..A titre de rappel, après une séance de travail avec le Coordonnateur du PADECI à Bouaké vous aviez donné votre accord de principe pour octroyer 25 Ha du terrain en question au MIRAH pour la construction de ses locaux.

C’est partant de cet accord que nous vous sollicitons pour l’obtention de documents qui nous permettront de sécuriser le site suscité ». Très belle demande.
Nanan N’Goran Koffi II répond au ministre
Presque, un mois plus tard, un temps de réflexion suffisamment précieux, le Vénérable Chef de canton Faafoué, Nanan Koffi N’Goran Jean’’ répond avec prudence au ministre des Ressources Animales et Halieutiques, par courrier n° 044/NKNJ/SG/CF/2023, du 5 septembre 2023.
« En réponse de votre courrier du 10/8/2023 concernant l’octroi d’une parcelle de 25 hectares située au quartier Kennedy en face de l’Ex ENSOA et bordant la route menant à M’Bahiakro…pour une ensemble de projet composant du PADECI/MIRAH, je marque mon accord favorable, en tant que propriétaire coutumier de cette terre.
Je suis persuadé que ce projet va apporter un avenir meilleur et le bien-être de la population et connaîtra un impact positif au profit de la jeunesse de la région de Gbêkê en particulier celle de Kouassiblékro mon village natal (…..)

Je suis disposé à accompagner son Excellence Monsieur le Président de la République Alassane Ouattara et son gouvernement pour le développement socio-économique et culturel de la population ivoirienne. A cet effet, je voudrais que nous signons un protocole d’accord pour l’exécution dudit projet afin que je puisse vous délivrer une attestation de propriété coutumière pour sa consolidation. Je reste à votre entière disposition pour toutes informations complémentaires que vous pouvez désirer », bien dit aussi du côté du chef canton.
Sauf que la parcelle sollicitée par le ministre fait l’objet d’un litige foncier entre plusieurs familles dites propriétaires terriens et d’autres parties impliquées dans le litige. Mieux, selon les propriétaires terriens, sous une importante escorte d’éléments de la police et de la gendarmerie, le ministre a fait clôturer la parcelle au motif qu’il voulait y construire un projet gouvernemental.

Mais sur plainte de la famille Koua Kouassi Blé, propriétaire terriens, à la différence du chef canton qui dit être propriétaire coutumier, les travaux sont arrêtés. Mais depuis quelques jours, la présence des engins et conteneurs sur la parcelle de 81 hectares précisément à Kennedy Kouassiblékro sur l’axe Bouaké-Brobo est constatée.
Mais la famille Koua Kouassi Blé entend poursuivre la propriété foncière sur la parcelle par tous les moyens légaux. A SUIVRE.
Ledebativoirien.net
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