Le parcours de la Côte d’ivoire à la Can au Maroc s’est arrêté en quarts de finale face à l’Egypte le samedi 10 janvier dernier, laissant aux ivoiriens un goût d’inachevé, tous avaient la conviction que l’équipe pouvait aller « plus loin » dans la compétition.
La défaite semble avoir été vite digérée, et cette fois curieusement, l’entraîneur s’en sort sans une critique à son encontre. Certes, l’équipe n’a pas été dominée, elle s’est battue, la rencontre fut intense. Pourtant il y a beaucoup à dire sur l’entraîneur Emerse Faé.

Juste après le match, il a accordé une brève interview à la chaîne NCI. Le moins qu’on puisse dire est qu’il n’avait pas sur le visage ce masque de gravité qu’ont tous les entraîneurs après une élimination. Il n’avait pas une mine défaite, donnant l’impression que ce résultat n’était « pas si mal ».
Avait-il préparé la rencontre avec la ferme intention de battre cette équipe égyptienne quoi qu’il arrive ? La question se pose. Juste avant lui, Késsié Franck s’est exprimé. En tant que capitaine, on pouvait s’attendre à ce qu’il porte le poids de la défaite sur les épaules. Pourtant lui également ne paraissait pas abattu dans l’interview, trouvant des mots pour expliquer l’élimination, la mine assez relaxe, pas celle qu’avaient les joueurs burkinabés, gabonais, camerounais etc….après leur élimination. On peut néanmoins se poser des questions sur la préparation mentale de l’équipe.
Lors de la dernière rencontre en phase de poule, les Ivoiriens sont venus avec en tête l’idée de « gérer la rencontre » étant donné qu’ils étaient déjà qualifiés. Ils n’avaient pas l’intention de forcer. Mais en face le Gabon n’avait plus rien à perdre, les Panthères affrontaient la rencontre avec la ferme intention de repartir avec une victoire. Résultat, les ivoiriens ont été menés deux à zéro avant de réagir.
Emerse Faé a pensé que les Gabonais « ne forceraient » pas eux aussi, parce qu’ils étaient déjà éliminés. Or ce fut le contraire. Visiblement il n’a pas anticipé qu’une équipe qui n’a rien à perdre est dangereuse. Ce fut une faute de lecture de sa part. Sur certains plateaux télé, d’anciens joueurs l’ont relevé.

Pour en venir à la rencontre contre l’Egypte, tout le monde a pu le noter du moins dans la première mi-temps, le jeu ivoirien était lent, lourd, fait de petites passes, de passes en arrière, de rétro-passes, de passes latérales. Lorsque le bloc se décide enfin à remonter, l’adversaire est bien en place et attend fermement.
Ainsi les ivoiriens ont constamment buté sur un bloc défensif compact. Dans ces conditions, les situations dangereuses qu’ils se créent ne peuvent intervenir que sur les coups de pieds arrêtés, les corners, les exploits individuels, les situations confuses, etc….rarement sur une construction qui part depuis la défense, parce que le ballon remonte trop lentement, et le temps est ainsi laissé à l’adversaire de se positionner. Le jeu ivoirien est trop lisible, on peut tout de suite le comprendre.
A l’inverse dès qu’elle récupère le ballon, l’équipe égyptienne se projette immédiatement en avant et crée le surnombre et le danger aux abords de la surface de réparation ivoirienne. L’action est développée rapidement, les ivoiriens n’ont pas le temps de se remettre en place. C’est une lacune profonde qu’Emerse Faé n’a pas pu corriger depuis la CAN remportée à domicile en 2024. On a tous remarqué que l’équipe ivoirienne avait été malmenée par le Mali et le Sénégal dont le jeu était beaucoup plus rapide. Dès qu’une équipe joue rapidement, les ivoiriens sont en difficulté.
Après avoir remporté la Can, après la qualification pour la coupe du monde, Emerse Faé est peut-être tombé dans le piège classique de l’orgueil, se croyant déjà arrivé et estimant n’avoir plus rien à apprendre. Or pendant les éliminatoires pour la coupe du monde, la Côte d’Ivoire n’a pas vraiment survolé son groupe qu’elle partageait avec le Gabon, les Seychelles et le Kenya, terminant certes première mais à seulement un point du Gabon, de peu elle se retrouvait en barrages.

De même lors des éliminatoires de cette Can Maroc 2026, la Côte d’Ivoire avait dans son groupe le Tchad, la Gambie et la Sierra Leone, avec qui elle a eu fort à faire, un pays qui n’a pourtant pratiquement jamais participé à une phase finale de CAN.
La Côte d’Ivoire a pris le dessus à Abidjan (4-1) au terme d’une rencontre âprement disputée jusqu’au second but ivoirien en deuxième période. Au match retour elle fut dominée et battue par la Sierra Leone (1-0), grâce à un jeu rapide et fluide qui a totalement submergé les ivoiriens. Avec la Gambie également, les Ivoiriens ont eu des sueurs froides.
Emerse Faé a alors été qualifié de « bricoleur » par la presse sportive, qui lui reprochait de ne pas disposer d’une équipe type, de procéder à des réglages à chaque rencontre, de changer incessamment les joueurs, de faire des essais sans fin. Aujourd’hui la CI a de fortes individualités, mais pas forcément une forte équipe. La faute en incombe entièrement à son jeune entraîneur.
D’ici la coupe du monde en juin 2026, il dispose de cinq mois pour produire un groupe homogène, avec un mental de conquérant. L’équipe doit être capable de se projeter rapidement dans le camp adverse, c’est cet aspect qu’il faut améliorer, c’est ce mécanisme qu’il faut travailler.
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