El Hadj Sidiki Sanogo, président des Associations de la Grande Mosquée de Yopougon-Wassakara, sollicite l’aide du président de la République, Alassane Ouattara en vue de l’achèvement de la construction de son lieu de culte. C’était lors d’une interview réalisée avec groupe d’organes de presse, le vendredi 20 mars 2026, jour du Ramadan, au sein de son lieu de culte.
Vous êtes président des Associations de la Grande Mosquée de Yopougon-Wassakara depuis 2011. Aujourd’hui jour du Ramadan : comment vivez-vous cette fête religieuse au moment de la prière de 9h dans votre mosquée bien qu’inachevée ?
Personnellement, je rends grâce à Dieu. Depuis mon élection à la présidence en 2011, j’ai toujours essayé d’œuvrer pour le bien-être des fidèles. Je me souviens qu’en 2012, peu après ma prise de fonction, un don avait été acheminé ici au nom du président de la République, Alassane Ouattara. Un camion était venu nous livrer des vivres. J’ai moi-même signé les documents de réception.
C’était la deuxième ou la troisième année de son premier mandat. Cependant, depuis cette période jusqu’à 2026, nous n’avons plus reçu de dons officiels annoncés comme venant directement de la Présidence pour notre mosquée. Nous attendons plus du chef de l’Etat par rapport à l’histoire récente du pays.
Certainement que le chef de l’Etat mandate d’autres personnalités pour venir vous faire des dons à sa place. N’avez-vous pas reçu des soutiens au fil des années ?
C’est vrai que chaque année, nous recevons des appuis ponctuels. Généralement, il s’agit de cartons de sucre et de lait. Mais ces gestes ne sont pas faits officiellement au nom du président de la République; néanmoins ils contribuent à soutenir les fidèles. En tant que président, je veille à une répartition équitable. Par exemple, lorsqu’un carton contient cinq paquets, je les distribue aux différentes communautés qui composent notre mosquée.
La mosquée de Wassakara regroupe cinq grands groupes issus de différents départements qui composent donc l’association que je dirige : Korhogo, Touba, Séguéla, Mankono et Odiénné. Chacun reçoit sa part afin que l’équité soit respectée entre tous. Toujours est-il que nous méritons mieux et j’insiste venant du président ADO lui-même.
De tous les autres lieux de cultes islamiques de Côte d’Ivoire, la Grande mosquée de Yopougon-Wassakara ne bénéficie-t-elle pas d’un traitement spécial du chef de l’Etat ?
C’est vrai que le président ADO m’a permis d’effectuer le pèlerinage à la Mecque avant que j’accède peu de temps après mon retour à la tête de l’association des fidèles de cette mosquée. Mais il faut dire que nous avons longtemps souffert le martyre ici.
Sous d’autres régimes précédents, l’on nous soupçonnait de falsification de pièces d’identité. Des années en arrière où j’étais président de comité de base, notre président avait été enlevé (kidnappé) à 4 reprises pour subir des interrogatoires relatifs aux tensions politiques de l’époque.
Qu’avez-vous comme doléance à porter au président de la République pour votre communauté face à la souffrance que vous évoquez ?
En ce jour de l’Aïd El fitr, je tiens d’abord à exprimer ma gratitude au président de la République pour toutes les bonnes actions qu’il a pu mener depuis son accession au pouvoir. Je lui dis merci pour ces bienfaits. Toutefois, il est possible que certaines informations ne lui soient pas remontées.
Peut-être ignore-t-il la situation actuelle de notre communauté. Je me souviens qu’il était venu à Wassakara, à l’époque où j’étais membre du Comité des Sages, présidé par feu Alaï Kramogo.
Nous l’avions reçu et lui avions même présenté le site de la mosquée, qui à l’époque n’était pas encore clôturé. Aujourd’hui, notre souhait est simple : bénéficier d’un appui pour renforcer la solidarité et améliorer les conditions de pratique des fidèles.
Nous le supplions de nous aider à terminer la construction de notre mosquée qui demeure depuis plusieurs années à stade inachevé critique au point de soulever les railleries des passants et même de fidèles d’autres confessions religieuses.
Notre démarche est respectueuse et fraternelle. Je le répète au cas où je l’aurai déjà mentionné, nous restons reconnaissants pour les actions déjà posées dans l’ombre ou au su de tous, tout en espérant un accompagnement renouvelé pour soutenir les communautés qui composent la grande mosquée de Wassakara. Je vous remercie.
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DJBRIL PRAKER

