Membre du Bureau Politique : Valérie Yapo demande la démission formelle de Tidjane Thiam de la présidence du PDCI-RDA et dénonce une mafia

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« Avec 80 ans, le PDCI-RDA ne peut être dirigé à distance, par procuration ou via les réseaux sociaux »

Valérie Yapo, membre du Bureau Politique du PDCI-RDA, demande la démission formelle de Tidjane Thiam de la présidence du PDCI-RDA ; dans  une déclaration livrée,   ce lundi 9 février 2026 face aux  médias. Une  prise de parole par devoir politique, justifie-t-elle mais aussi «  par loyauté envers mon parti, le PDCI-RDA, et par fidélité à l’héritage des Présidents Félix Houphouët-Boigny et Henri Konan Bédié ». Se prononçant sur la situation au sein de sa famille politique, elle dit tirer une fois de plus encore la sonnette d’alarme tout en interpellant « les doyens » de son parti.

80 ans du PDCI RDA : Valérie Yapo demande la démission formelle de Tidjane Thiam de la présidence du PDCI-RDA et dénonce une mafia ;Ledebativoirien.net

« Le PDCI-RDA ne peut être dirigé à distance, par procuration ou via les réseaux sociaux, et de surcroît moins dans une phase aussi critique de son existence. Plus grave encore, une prétendue “restructuration” du parti est initiée au cours de ces dernières semaines sur instruction du président persistant toujours dans son nomadisme à l’étranger;

par des dépôts de contributions opaques, ouvrant la voie à toutes sortes de manœuvres, de pressions et de manipulations, menées par des bras séculiers toujours mandatés par ses soins, au détriment des instances formellement habilitées que sont le Bureau politique et le Congrès. Ce n’est ni la vision du PDCI-RDA, ni sa tradition, ni son éthique.

Elle justifie son appel  à  la démission du président Thiam par le refus du  silence qui serait une complicité de sa part. « Se taire, c’est donner caution au faux et à la forfaiture. C’est pourquoi, en toute responsabilité, j’en appelle au sursaut de tous les militants, de tous les cadres du PDCI-RDA afin que, tirant leçon de tout ce qui précède, nous passions à l’action.

PDCI-RDA – PPA-CI et le législatives de décembre 2025 : « Vont-ils troquer le fauteuil présidentiel contre le banc parlementaire ? »-Petrouce; Ledebativoirien.net

Ce diagnostic appelle à des solutions concrètes, et je formule aujourd’hui les propositions qui suivent. D’abord, et avant tout, je demande la démission formelle de Monsieur Tidjane Thiam de la présidence du PDCI-RDA. J’invite M. Thiam à se mettre en congé pour laisser la place au Doyen d’âge du parti de prendre le relai conformément aux textes et aux usages du PDCI-RDA.

De deux, je préconise qu’il soit diligenté un audit complet, indépendant et transparent de la gestion du parti depuis l’arrivée de M. Thiam en décembre 2023 jusqu’à ce jour. De trois, je demande la convocation diligente d’un Bureau politique, un vrai Bureau politique, dans les règles de l’art, afin de prendre les décisions indispensables à une restructuration effective, crédible et rassembleuse du parti.

Je refuse que le PDCI-RDA devienne un parti refermé sur lui-même, coupé de sa base, dominé par des cercles restreints et des pratiques qui éloignent les militants du terrain. Je refuse que les défaites successives soient banalisées ou maquillées par des discours d’autosatisfaction. Le combat que je mène n’est pas un combat contre quelqu’un », a lancé Valérie Yapo, membre du Bureau Politique du parti fondé par Félix Houphouët-Boigny. Sans détours elle s’adresse plus  hauts cadre du PDCI.

80 ans du PDCI RDA : Valérie Yapo demande la démission formelle de Tidjane Thiam de la présidence du PDCI-RDA et dénonce une mafia ;Ledebativoirien.net

« C’est le lieu pour moi, une fois encore, de m’adresser aux doyens et dignitaires du parti. En ces moments où notre parti navigue dans des eaux troubles, votre responsabilité est encore plus grande. Combien de temps encore allez-vous laisser la forfaiture prospérer dans notre parti politique ?

Allez-vous continuer à regarder et assister indifférents que les morceaux restants du PDCI-RDA lui soient ravis pour tenter un hypothétique sursaut de relève ? Non ! C’est plus que jamais le moment.  Nous avons le devoir de sauver le PDCI-RDA, notre PDCI-RDA à tous, maintenant et ensemble ».

Selon la militante, depuis la disparition brusque de son illustre leader, le président Henri Konan Bédié, et l’avènement de Tidjane Thiam à la tête du PDCI-RDA, en décembre 2023, ce  grand parti traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire. « Ce constat n’est ni émotionnel, ni personnel ; il est politique, factuel et mesurable. Jamais le PDCI-RDA n’a été aussi divisé et mal structuré qu’au cours de ces dernières années.  Jamais le dialogue interne n’a été aussi absent. Jamais les textes, les usages et les bonnes pratiques n’ont été autant piétinés.

Au lieu de rassembler, la direction actuelle a fracturé et continue ses pratiques qui émiettent le PDCI-RDA déjà en lambeaux. Au lieu de consulter, elle impose. Au lieu de convaincre, elle force. Pas de Bureau politique. Pas de décision prise dans les règles de l’art. Pas de respect des textes et de nos us », dénonce-t-elle.

crise profonde interne

Elle poursuit en évoquant la crise profonde qui se vit au sein du groupe parlementaire PDCI-RDA, avec la désignation contestée de son président « encore par des pratiques mafieuses et égocentriques. Le boycott par certains députés fait planer la menace sérieuse d’un danger avec la création possible et murmurée d’un groupe parlementaire dissident composé d’élus PDCI-RDA. Les récents événements politiques nationaux viennent renforcer ce constat.

Après le retrait du COJEP, celui du Mouvement des Générations Capables (MGC) de la CAP-CI confirme une réalité politique préoccupante : le PDCI-RDA se retrouve de plus en plus isolé sur la scène de l’opposition, désavoué par des partenaires qui, hier encore, partageaient une vision commune. Ce n’est pas un hasard. Ce n’est pas un complot. C’est la conséquence de choix stratégiques qui doivent aujourd’hui être réévalués » souligne la  militante.

Les décisions majeures du parti sont prises en dehors des cadres habituels

 Des Bureaux politiques et  Congrès sont organisés en 48h avec des issues bien connues à l’avance, ajoute-elle. «  A savoir, imposer un homme, un messie, sans débat contradictoire à l’intérieur du parti dit ‘’démocratique’’, héritage politique de feu Félix Houphouët-Boigny, l’Apôtre du Dialogue et de son digne successeur, feu le Président Henri Konan Bédié, qui s’est illustré comme un homme de conciliation jusqu’à sa disparition.

Au PDCI-RDA, depuis plus de deux ans, des alliances sont décidées sans mandat, sans débat, sans consultation préalable de nos instances dédiées. Les militants ont été pris en otage par une direction aux ordres, transformant un parti démocratique en un appareil verrouillé par une mafia. Le résultat est sans appel.

Le PDCI-RDA a brillé par son absence à l’élection présidentielle du 25 octobre dernier, une troisième fois consécutive dont tout le monde présageait déjà des conséquences graves que cela allait infliger à notre grande famille politique. Les résultats catastrophiques aux élections législatives du  27 décembre 2025 n’ont étonnés personnes ». 

Pour Valérie Yapo,  le message des dernières législatives est clair, fort et sans équivoque à tous les observateurs de la vie politique en Côte d’Ivoire : le PDCI-RDA traverse une crise profonde, structurelle et politique. D’une centaine de députés, il y a deux législatures, le PDCI se retrouvent aujourd’hui avec 32 députés à l’issue des derniers scrutins, soit moins de la moitié de sièges qu’il a occupé durant la législature passée.

« Ce que nous vivons aujourd’hui n’est pas une simple contre-performance électorale. C’est un signal d’alarme. Et cela exige de nous une introspection sincère, courageuse et collective. Partout sur le territoire national, y compris dans des zones historiquement favorables au parti, les résultats ont révélé une rupture entre la direction et la base militante, une perte d’ancrage territorial et une désorganisation progressive de nos structures traditionnelles.

Le PDCI-RDA n’est pas un parti de repli, encore moins un parti d’isolement. Il est historiquement un parti de dialogue, de rassemblement et d’équilibre. Lorsqu’il s’éloigne de cet ADN, il s’affaiblit. C’est pourquoi je le dis avec gravité et loyauté : le PDCI-RDA a besoin d’un sursaut.

Il a besoin d’une pause stratégique au sommet. Il a besoin d’un large dialogue interne, inclusif et apaisé », déclare-t-elle tout en soulignant  que ses  déclarations  ne sont,  ni une attaque personnelle, ni une remise en cause d’un homme.

« C’est une exigence politique dictée par l’intérêt supérieur du parti. Dans l’histoire du PDCI-RDA, les grandes figures ont toujours su, lorsque les circonstances l’imposaient, prendre du recul pour permettre au parti de se ressourcer et de se réorganiser. Cette sagesse houphouëtiste doit nous inspirer aujourd’hui.

pdci rdi

C’est un combat pour la survie, la réforme et la renaissance du PDCI-RDA. Hélas, il faut qu’on en parle, tous ces soubresauts sont couronnés par un fait marquant que tout le monde le constate et s’interroge sans s’y prononcer ouvertement: l’absence prolongée et sans raison apparente du Président du parti à l’extérieur. Nous sommes présentement à un an dans quelques jours, que M. Tidjane Thiam, Président du PDCI-RDA, est cloîtré à l’extérieur du pays, sans explication claire donnée aux militants.

Elle  poursuit assénant que  le PDCI-RDA est plus grand qu’un homme. « Le PDCI-RDA n’appartient à personne. Il appartient à ses militants, à son histoire et à l’avenir de la Côte d’Ivoire.  Nous, fidèles militants du PDCI-RDA, héritiers des Présidents Houphouët-Boigny et Kona Bédié, nous n’avons pas d’autre famille  politique. Nous n’avons que le PDCI-RDA.

Formée au moule du PDCI-RDA, je suis PDCI-RDA, et je le demeure, par fidélité à nos pères fondateurs.  Par conséquent, nous ne pouvons, et nous ne devons rester indifférents et regarder mourir le PDCI-RDA qui marque un recul sérieux, visible et palpable sur le terrain aujourd’hui, même dans ses bastions traditionnels.

Nous ne pouvons, et nous ne devons rester les bras croisés et regarder notre famille politique aller à sa perte sans rien faire.  C’est pourquoi j’ai décidé de parler, j’ai décidé une fois de plus encore de tirer la sonnette d’alarme, car je constate que nous continuons de nous complaire dans notre confort, dans une indifférence coupable et une inaction qui précipite le PDCI-RDA vers des lendemains incertains.

Son appel aux  militants du PDCI RDA

« J’en appelle à tous les cadres, à tous les élus, à tous les militants sincères. Ouvrons le débat au PDCI-RDA. Ouvrons un nouveau chapitre, fondé sur l’écoute, la collégialité, le respect des structures et la reconquête du terrain.

Le PDCI-RDA vaut plus que nos personnes. Il vaut plus qu’une ambition personnelle. Il est une part essentielle de l’histoire et de l’avenir de la Côte d’Ivoire. Cette année, dans deux mois, le PDCI a 80 ans. 80 ans, c’est l’âge de la maturité, l’âge de la sagesse. Il faut que cette sagesse habite tous les cadres, militants et sympathisants du PDCI-RDA.

Cet âge ne doit pas être celui de notre déclin, mais synonyme de notre résilience. Il est temps de remettre résolument sur les rails le plus partis bâtisseurs de la Côte d’Ivoire moderne.  Il nous faut faire la catharsis du  PDCI-RDA et le remettre sur les rails comme le phénix qui renait de ses cendres. Ce n’est pas un rêve, c’est un challenge indispensable, j’y crois et je nous y invite tous », terme Valérie Yapo, membre du Bureau Politique du PDCI-RDA.

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