Au micro de Ledebativoirien.net, le Président du Conseil Exécutif et Commissaire Général de la 9e édition du Manon Festival, FLAN Frédéric, parle des atouts et sites historiques inédits du pays DAN. Il est le président de l’ONG Eco Tourisme et prépare activement la 9è édition du ‘‘Manon Festival’’ prévue du 7 au 10 Mai 2026, avec pour thème : ‘‘INVESTIR A DANANE’’. Suivez.
Que faut-il pour que le tourisme dans le Tonkpi se transforme en une véritable économie ?
Flan Frédéric : Je pense sincèrement que le Tonkpi a tout pour réussir. Nous avons la nature, exemple le Mont Nimba, la culture, l’histoire… Mais il faut maintenant organiser tout cela. Pour que le tourisme devienne une vraie économie, il faut des routes praticables, des hébergements, former nos jeunes aux métiers du tourisme, et surtout impliquer les populations locales.
Le tourisme doit nourrir les familles, créer des emplois, faire vivre les femmes et les jeunes. À partir de là, on ne parlera plus de tourisme occasionnel, mais d’une vraie richesse pour la région.
Au de-là, plusieurs éléments nécessaires : on peut parler du renforcement des capacités humaines car il est bon de former et sensibiliser les communautés locales pour qu’elle puisse gérer et préserver les sites touristiques efficacement ; rendre modernes les infrastructures et services telles que les routes d’accès, les hôtels, restaurant, les services de transport, mettre en avant les atouts naturels et culturels à travers un marketing territorial ;
digitaliser les sites touristiques de manière inclusive, faciliter l’accès aux informations touristiques et améliorer l’expérience des visiteurs, créer des emplois liés au tourisme pour que la communauté locale bénéficie directement des retombées, mettre en place un cadre de gouvernance propice à l’investissement durable pour encourager le développement du tourisme dans le Tonkpi.
De nombreux sites restent méconnus. Comment changer les choses ?
F. Frédéric : Le problème aujourd’hui, c’est que nos merveilles sont cachées. On a des cascades magnifiques, des montagnes, des forêts sacrées, une culture extraordinaire. Mais personne ne les voit. Donc il faut communiquer davantage : les médias que vous êtes, les réseaux sociaux, les documentaires, les festivals.
Aussi, comment faire pour que les sites méconnus soit connus voir changer cela, il faut utiliser les réseaux sociaux comme je l’ai dit, en partageant les photos, vidéos et les rendre visible, créer et organiser des campagnes de promotion pour attirer l’attention des touristes et des médias, créer des partenariats avec les agences de voyages, des hôtels et restaurants ;
améliorer l’accès aux sites et faisant des ouvertures de voies d’accès, créer des évènements et des festivals pour attirer les touristes et promouvoir les sites. C’est d’ailleurs pourquoi nous avons créé le Manon Festival : pour servir de vitrine au Tonkpi. Si on ne montre pas ce qu’on a de meilleurs, personne ne viendra le découvrir.
Quelles difficultés rencontrez-vous dans la promotion du tourisme et de la culture Dan ?
La première difficulté, je vais être honnête, c’est le financement. Organiser, former, promouvoir, ça demande des moyens. Ensuite, il y a aussi le manque d’infrastructures et parfois le manque de structuration des acteurs. Mais malgré tout, nous restons déterminés. Je voudrais vous dire aussi, Manque de visibilité des sites, la culture Dan peu connue, insuffisance des infrastructures et ceux existants sont en mauvais état ce qui décourage le visiteur ;
le manque de financement comme je l’ai dit plus haut, peux limiter les efforts de promotion et de développement du tourisme, la concurrence trop forte avec d’autres destinations, la menace des traditions et culturels par le modernisme et l’urbanisation. Parce que la culture Dan est trop riche pour rester dans l’ombre. Nous avons le devoir de la valoriser.
Maintenant il faut une politique de réhabilitation des sites touristiques, création des plantations forestières pour régénérer par exemple les lianes, créer des conditions pour rendre accessible les sites, développer des espaces de loisirs et de détente en montagne, en forêt pour développer le tourisme d’aventure, renforcer les capacités des travailleurs, impliquer les communautés locales, améliorer la sécurité des sites.
Votre festival est à sa 9ᵉ édition. Quels sont ses objectifs ?
Le Manon Festival, pour nous, ce n’est pas seulement la danse ou la fête. C’est un outil de développement. Notre objectif, c’est de valoriser la culture Dan, soutenir les femmes rurales, encourager les paysans à l’agriculture durable et moderne zéro déforestation, les cacaos culture sous-bois, attirer des partenaires, et surtout créer de l’activité économique pour Danané et toute la région.
Pendant le festival, tout le monde travaille : hôteliers, restaurateurs, artisans, transporteurs, même les guides touristiques. C’est ça notre vision : la culture au service du développement. Nous préservons l’environnement et les cultures locales pour un développement durable, donc en un mot nous voulons un environnement vert.
Les touristes sont-ils intéressés par l’écotourisme ?
Oui, énormément. Aujourd’hui, les visiteurs veulent du vrai, de l’authentique. Ils veulent vivre avec les populations, découvrir la nature, protéger l’environnement. Et ça, le Tonkpi peut l’offrir naturellement. Avec nos forêts sacrées ; Les cascades naturelles ; Les ponts de lianes ; Les poissons sacrés aux queux rouges ; Les silures sacrés ;
La grotte naturelle à Source Mystique (TIMBA) ; La grotte naturelle à source Thérapeutique (YOHOMA) ; Le Mont Nimba ; Le Mont Clauyo ; Le Mont Tonkpi ; Le Mont Sangbé, l’agriculture durable, la vie villageoise. Nous sommes une destination idéale pour l’écotourisme. Je dirais même que c’est notre plus grande force.
Quelles sont les urgences pour le tourisme dans le Tonkpi ?
Il faut agir vite sur trois choses essentielles: Les routes pour les accès aux sites; La formation des jeunes et la promotion de la destination; Si nous réglons ces points, je vous assure que le Tonkpi peut devenir l’une des destinations touristiques les plus attractives de Côte d’Ivoire.
Le potentiel est énorme. Il ne reste plus qu’à y croire… et à investir. C’est pourquoi cette année pour la 9è édition du Manon Festival qui aura lieu du 7 au 10 Mai 2026, qui a pour thème tout trouvé, ‘‘INVESTIR A DANANE’’.
Que voudriez-vous ajouter au terme de notre entretien ?
Flan Frédéric: Pour terminer, je voudrais, du fond du cœur, adresser mes sincères remerciements à M. Siandou Fofana, Ministre du Tourisme et des Loisirs; à Mme Françoise Remarck, Ministre de la Culture et de la Francophonie; à Mme Malékah Mourad-Condé, Directeur Général de Côte d’Ivoire Tourisme; au Dr N’guettia Marcel Kouadio, Président du Fonds de Développement Touristique; au Dr Jean Marie Atta, Secrétaire Exécutif du Conseil National du Tourisme;
A M. Diabaté Lancina Kalifa, premier Magistrat de Danané ; ainsi qu’à notre belle marraine Edwige DIETY, Présidente de la Fondation KED; à Mme Patricia Guerrier, présidente de la Société ISIS Immobilier; et à tous nos partenaires.
Ils ont cru en nous, et nous accompagnent avec fierté, ils nous tendent la main, et leur soutien est un véritable soulagement pour nous. Grâce à eux, nous avançons avec confiance et assurance.
Je remercie les Directeurs Régionaux, les Directeurs départementaux. Dans l’accomplissement de leur contrat social, ils accomplissent leurs taches. Vive le Manon 9. Pour que rayonne Danané et la grande région du Tonkpi. Je vous remercie.
Ledebativoirien.net
HERVE MAKRE

