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Procès-marché d’Adjamé Roxy : le Tribunal du Commerce condamne et ordonne le déguerpissement du promoteur et à payer 500 millions FCFA aux commerçantes en joie

Procès-marché d'Adjamé Roxy : le Tribunal du Commerce condamne et ordonne le déguerpissement du promoteur et à payer 500 millions FCFA aux commerçantes; Ledebativoirien.net

Une décision symbolisant la JIF 2026 autour de la construction du marché

Le jeudi 12 mars 2026 quelques jours après la célébration de la Journée internationale des droits de la Femme, le Tribunal du Commerce d’Abidjan rendu une décision de justice savourée comme une autre victoire de la lutte pour l’égalité des sexes par la partie plaignante et son conseil Me N’golo Coulibaly. La société Digital Parteners Immobilier dite DIPIMO a été condamnée dans le procès l’opposant à la société Coopérative des Marchés Gouro d’Adjamé Roxy, dite COMAGOA « SCOOP CA ».

Décision du tribunal et soulagement:

« Seule la société COMAGOA dirigée par sa présidente Poné Lou Bonan est régulière. La résiliation du contrat de bail à construction consentie au promoteur  Le déguerpissement du promoteur et des occupants de son chef ; La condamnation du promoteur et de sa société (DIPIMO à payer la somme de cinq cent millions (500.000.000) F CFA, à titre de dommages et intérêts », ainsi jugé à  Abidjan.

Me N’golo Coulibaly, Conseil des commerçantes regroupées au sein de la société Coopérative des Marchés Gouro d’Adjamé Roxy-COMAGOA « SCOOP CA», n’a pas caché sa satisfaction au terme du verdict, à la sortie de la salle d’audience. « Nous sommes très heureux du verdict rendu par le Tribunal du Commerce.

C’est un procès qui en même temps convoquait les questions de genre, l’égalité entre le gente féminine et masculine, le respect des droits de la femme. Bien que prédominé par des hommes, le jury présidé par une dame a fini par prononcer la décision très attendu par tout un groupe de commerçantes et opératrices économiques qui attendent la construction du Marché d’Adjamé Roxy », a-t-il déclaré.

Me N’golo Coulibaly, avocat de la partie plaignante

Une joie que n’a pu contenir dame Poné Lou Bonan, présidente de la COMAGOA, donc des différentes commerçantes engagées dans le procès contre le promoteur. « Nous, on est vraiment contente même si l’affaire a trop duré. Le monsieur là fini de nous blaguer pour bouffer notre argent et puis, il nous parle mal pour mettre dessus encore. Mais Dieu merci notre avocat et puis la femme juge-là ont bien fait leur travail ».

La rencontre des femmes du marché et le promoteur

La société Coopérative des Marchés Gouro d’Adjamé Roxy, dite COMAGOA « SCOOP CA », est spécialisée dans la distribution, la vente et l’approvisionnement des marchés d’Abidjan, en produits vivriers. Ce groupement des femmes a vu le jour en 1972, avec à leur tête, feue Nanti Lou Irié Rosalie. Aujourd’hui, il est st dirigé par dame Pone Lou Bonan, Présidente du Conseil d’Administration.

Les femmes de cette Coopérative sont propriétaires d’une parcelle de terrain d’une contenance de 7431 m2, sise dans la Commune d’Adjamé, où elles ont implanté un marché et y exercent leurs activités commerciales, notamment, l’achat et la vente des produits vivriers.

Poné Lou Bonan Hortense, présidente des Femmes réunis au sein de la COMAGOA

Cependant, ledit marché étant devenu vétuste, « les femmes du Marché Gouro » ont manifesté le désir de bâtir un nouveau marché moderne.

A cet effet,  Koffi Yao Richard, Gérant de la société Digital Parteners Immobilier dite DIPIMO s’est présenté comme étant un grand entrepreneur, disposant de moyens financiers conséquents et susceptible de réaliser le projet de construction du nouveau marché, dont le coût des travaux a été évalué quinze milliards (15.000.000.000) F CFA. Ainsi, les femmes du Marchés Gouro signent un contrat de bail à construction avec l’opérateur immobilier Koffi Yao Richard, le 21 Août 2021.

A travers le contrat de bail à construction, le promoteur prend plusieurs engagements, entre autres : verser la somme d’un Milliard (1.000.000.000) F CFA, aux femmes du Marché Gouro ; réaliser les travaux de construction, puis livrer le nouveau marché, au plus tard le 2 Janvier 2024 ; verser la somme mensuelle de vingt Millions (20.000.000) F CFA, aux femmes du Marché Gouro, deux ans après le début des travaux.

Cependant, non seulement, le promoteur, l’opérateur Koffi Yao n’a respecté aucun engagement, mais en plus, celui-ci a démoli et rasé le marché. Ainsi, plus de quatre ans après la signature du contrat, les travaux n’ont véritablement pas progressé et sont au stade du terrassement.

Bien plus, alors même que le contrat ne l’y autorise pas, le promoteur, à l’insu des femmes du Marché Gouro,  procède à la vente de magasins, box, étales. Collectant ainsi plus de Deux Milliards (2.000.000.000) F CFA, à titre des frais de souscription, bien que l’édifice ne soit pas encore construit.

Le délai de construction convenu est arrivé expiration le 2 Janvier 2024, tandis que le promoteur n’a absolument réalisé les aucune œuvre attendue. Face à l’inertie du promoteur, les femmes du Marché Gouro ont dénoncé le contrat, d’une part, puis engagé des procédures judiciaires contre le promoteur véreux, d’autre part.

Au Pôle pénal économique et financier d’Abidjan

Suite à la plainte formulée par les femmes du Marché Gouro, le Procureur du Pôle Pénal Economique et Financier d’Abidjan, a ordonné l’ouverture d’une enquête préliminaire sur les faits d’escroquerie et blanchiment de capitaux reprochés au promoteur Koffi Yao Richard, gérant de Gérant de la société Digital Parteners Immobilier (DIPIMO).

A la suite de l’enquête conduite par la Police Criminelle du Plateau, l’opérateur a été déféré au Parquet du Pôle Pénal. Une information judiciaire a été ouverte à son encontre et il a été placé sous mandat dépôt en mai 2025.

Cependant, alors que l’information judiciaire n’est pas terminée,  l’opérateur  n’ayant pas remboursé les fonds des commerçants souscripteurs, ni payé une caution, celui-ci a été mis en liberté.

Une libération a créé des inquiétudes chez les souscripteurs qui ont appelé  l’Etat de Côte d’Ivoire au secours, face à ce promoteur qui soutient avoir des relations haut placées au sein de l’administration de l’Etat, selon les témoignages d’une présidente de coopérative de  commerçantes victimes.

Au tribunal de Commerce d’Abidjan les femmes du Marché Gouro ont vu ordonné la résiliation du contrat de bail à construction, le déguerpissement du promoteur et le paiement de dommages et intérêts.

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DJIBRIL PARKER

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