Vidéo-verbalisation ou terreur des usagers : des témoignages terrifiants

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Cette autre partie consacrée à la vidéo-verbalisation s’ouvre avec quelques témoignages sélectionnés dans les médias, sur les réseaux sociaux et plusieurs comptes. Suivez.

Témoignage de M. B.S. K.

« Ces derniers temps, on remarque de plus en plus d’actes qualifiés d’incivisme sur nos routes. Mais une question mérite d’être posée honnêtement : pourquoi ces comportements se multiplient-ils aujourd’hui ? La réponse n’est pas si compliquée. Beaucoup d’usagers de la route se sentent asphyxiés par le système actuel de vidéo-verbalisation. Un système censé améliorer la discipline routière, mais qui, dans les faits, est en train de ruiner financièrement de nombreux citoyens. Aujourd’hui, un simple automobiliste peut se retrouver à devoir 200 000 à 300 000 francs CFA d’amendes par mois, sans véritable possibilité de contester.

Vidéo verbalisation ou terreur des usagers : des témoignages terrifiants; Ledebativoirien.net

Les contraventions tombent, s’accumulent, et la seule option reste souvent : payer, même quand on est convaincu d’être dans son droit. J’en ai fait personnellement l’expérience. J’ai récemment payé plus de 200 000 francs CFA d’amendes, dont une grande partie pour non-port de la ceinture de sécurité. Pourtant, mon véhicule est équipé d’un système sonore très gênant qui se déclenche automatiquement dès que la ceinture n’est pas attachée ».

J’ai contesté. Je n’ai pas eu gain de cause. J’ai payé.

Et ce scénario se répète. Chaque mois, de nouvelles contraventions arrivent, parfois jusqu’à 100 000 francs CFA, sans explication claire, sans preuve accessible, sans débat contradictoire. À ce rythme, ce n’est plus de la prévention, c’est une pression financière permanente. Les transporteurs, eux, n’en peuvent plus. Certains ont déjà menacé de faire grève ou d’augmenter les tarifs du transport, car une grande partie de leurs bénéfices part désormais dans des contraventions parfois perçues comme imaginaires. Et quand le transport augmente, c’est toute la population qui paie.

Dans ce contexte, il devient difficile de jeter la pierre à ceux qui en viennent à cacher leur plaque d’immatriculation. Ce n’est pas une justification, mais un signal d’alarme. Quand la loi est ressentie comme injuste, elle pousse certains citoyens à la contourner au lieu de la respecter. L’objectif de l’État ne doit pas être de ruiner ses citoyens, mais de les éduquer, les corriger et les protéger. La sécurité routière est une nécessité, personne ne le conteste. Mais elle doit être équilibrée, transparente et humaine.

Il existe pourtant des solutions simples

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« Permettre une vraie procédure de contestation, rapide et accessible ; privilégier la sensibilisation avant la sanction lourde ; plafonner les amendes mensuelles pour éviter l’asphyxie financière; associer les usagers et les transporteurs aux réformes du système. La population ne refuse pas la discipline. Elle refuse l’injustice. L’État doit entendre ce malaise avant qu’il ne se transforme en colère sociale. » Pris sur la page de Franck B. B.Z..

Autre témoignage de H.N.

« J’avoue que cette histoire de vidéo verbalisation c’est clairement de l’arnaque. Depuis j’ai été chopé une fois et que j’ai dû payer 35000f à un de leur poste de contrôle, je ne dépasse pratiquement plus 60Km/h à Abidjan et pas de 90km/h sur les voies nationales. Mais je vous dis souvent que je reçois des messages me disant que j’ai fait 71 ou 72km/h là où je devrais en faire au maximum 70km/h.

Mais grande fut ma surprise quand en novembre dernier j’ai été encore interpellé après vérification on me dit que je dois 190000 F CFA. J’ai regardé le nombre de messages reçus sur mon téléphone et ce qu’on me demande de payer la différence est hallucinant. Je n’avais pas suffisamment d’argent mais on m’a obligé à payer. J’ai dû appeler certains de mes amis pour me venir en aide vu que je n’avais pas prévu.

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Mais avoir payé grande fut encore ma surprise quand quelques jours après étant à Abengourou je reçois une notification me disant que j’ai commis une infraction aux codes de la route datant de septembre alors que je croyais avoir tout payé parce qu’on m’a fait le point de toute l’année pour me demander de payer. J’aurais mieux compris si c’était une infraction de novembre parce que certainement ils n’ont pas encore fait la vérification du mois.

Mais en septembre j’ai trouvé ça suspect. Alors que la liste qui m’a été donnée, il y avait déjà des infractions de septembre que j’ai toutes soldées. Malheureusement on n’a aucun moyen pour attester de la véracité des contraventions qu’on nous fait payer. On te montre juste une photo de ta voiture dans un lieu précis avec une pseudo vitesse qu’on t’attribue.

J’espère qu’un jour on aura de façon instantanée le message dès que tu es flashé par une caméra de vidéo verbalisation comme ça tu as la possibilité de savoir si effectivement tu faisais de la vitesse ou pas. Mais attendre des mois avant de recevoir un message qui est à mon sens contestable vraiment ça ne fait pas sérieux. Je ne sais pas pourquoi des systèmes qui marchent parfaitement et clairement en occident, lorsqu’ils sont parachutés en Afrique, pour comprendre il faut souvent appartenir à une secte ».

Autre témoignage

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« J’ai vécu une scène où à chaque fois que je recevais je soldais par un réseau Mobile Money, jusqu’au jour où on m’arrête à un barrage et après vérification la dame m’informe que je dois 108000 FCFA. Étonné j’ai contesté en montrant les reçus de paiement que j’effectuais par mobile Money. Et là ça n’a rien changé car ils m’ont carrément dit que dans leur machine rien n’indique que j’ai soldé, donc c’est de payer ou mon véhicule ira en fourrière, et là je n’avais aucun choix que de payer.

Il y a quelques jours, pendant que nous étions dans le Worodougou dans les villages pour la campagne des législatives, je reçois un message m’indiquant que j’ai commis une infraction depuis le 16 octobre, et c’est fin décembre que je suis informé. Mais là n’est pas le problème, ce qui a attiré mon attention sur l’infraction est qu’on trouve que je n’avais pas porté de ceinture de sécurité, alors que chose que je n’ai plus fait depuis mon accident sur la route de Lakota en 2015.

Donc à mon retour à Abidjan je me rends dans un centre CGI pour en savoir, on me sort le cliché où on voit que j’avais pris ma ceinture de sécurité, peut être que c’est l’agent verbalisateur qui avait un problème de vue. Mais là encore, on m’a fait savoir que j’étais hors délai pour la réclamation et que je devrais payer. Voilà ce que nous vivons sur nos routes ».

Un autre témoignage encore-Yao M.E.

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« En 2019, je venais à Abidjan, en provenance de Yamoussoukro à bord du véhicule de mon frère qui était au volant. Son ami lui mettait la pression pour qu’il accélère un peu ça il devait récupérer un colis avec lui avant de rentrer à Faya. Nous on devait se rendre à Bassam. Face au refus de mon frère de faire la vitesse car ayant une vision pas très nette les soirs (il porte des verres), l’ami a proposé qu’il me passe le volant pour que je puisse rouler un peu plus vite.

Selon son calcul, on devrait rouler à 140 Km/h pour pouvoir être là à l’heure qu’il souhaitait. Mais j’ai refusé. De mémoire de conducteur, ma plus forte vitesse que j’ai accidentellement atteint était le 130Km/h (je ne suis pas friand de la vitesse)

Un peu plus devant, les techniciens radar nous arrêtent et nous font savoir que nous avons dépassé les 120km/h, ce qui me surprenait puisque je suivais moi-même le compteur pour empêcher que mon frère dépasse les 110 Km/h. D’une voix calme, je leur ai demandé de me montrer les images qu’ils ont capturées de nous à cette vitesse qu’ils nous attribuent. Le gars appelle son collègue ou acolyte,   »allo? C’est le 4×4 bleu avec dabagaou devant là non? » et l’autre de répondre au bout du fil :  »oui c’est ça même »  »ah le monsieur demande les images »  » oui c’est eux, mais les images sont floues hein.

Je lui ai dit: « monsieur, si vous ne pouvez pas produire les images, alors permettez que nous poursuivions notre route, Sinon moi-même je me plaignais de tous ceux qui nous dépassaient, mais curieusement vous ne les avez pas arrêtés pour excès de vitesse  ».  »C’est compris, bonne route monsieur. » Il faut souvent une lucarne pour que chacun s’explique, ça évite beaucoup de choses.

Et encore un autre témoignage. Y.

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« Je partage la même inquiétude pour cette vidéo verbalisation. J’ai un parent qui reçoit des notifications de vidéo verbalisation avec la mention non port de ceinture et excès de vitesse pour une motocyclette qui roule à l’intérieur du pays pendant que la photo est bien deux véhicules circulant à Abidjan. Ce parent n’a jamais dépassé Niakaramadougou avec sa moto. Même si c’était le cas comment on peut verbalisation une motocyclette pour non port de ceinture. Et jusque-là pas de suite après nos réclamations. Il faut véritablement éprouver le système, il y a une forme de légèreté quelque part. Aussi, il faut donner la chance à l’automobiliste de contester avant de payer.

Suivez un autre  encore-Mah. S.

« C’est une véritable répression financière sur la population. Des infractions fabriquées de toute pièce, souvent même ils manquent d’intelligence, parce que pour mentir, il faut être un peu intelligent. Comment une voiture qui démarre à 200 mètres d’une caméra de vidéo verbalisation, peut atteindre 83 km /h à la caméra ? ».

Autre colère Leprince D.

« Moi ma question est pourquoi il n’y a plus de message d’alerte sur nos téléphones ? Au départ de ce système était vrai, car moi je suis très pointilleux sur ces choses. La toute première fois que s’est mis en place le système, j’étais content d’aller payer à cause du professionnalisme qui m’a laissé sans voix. J’ai dépassé une installation et en quelques minutes près j’ai reçu un message et quand je regarde il s’agit bien de moi car l’endroit indiqué par la photo était bien celui où je me trouvais. J’ai dit ‘‘ah c’est convainquant’’.

Quipux-vidéoberbalisation en Côte d’Ivoire : tout sur le dispositif du traitement des infractions; Ledebativoirien.net

Après, progressivement les choses ont commencé à changer jusqu’à ce que maintenant plus rien, pas de message de notification ni d’alerte. C’est un jour en allant pour ma visite technique que l’état me met le ciel sur la tête… j’ai beau contester que je n’ai jamais reçu de messages en sortant même le téléphone pour preuve mais rien y fit. J’étais dans les griffes étouffantes d’un système que j’avais mal fait de vite juger bon. Je demande quand même la fiche et je vois des choses, je demande des explications et on me sort que non, les messages on les envoie peu à peu.

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On ne les perçoit pas le même jour etc. etc. puisque les gens avaient la possibilité de suivre leur trajet et donc en mesure de contester les amendes. L’Etat a jugé mieux de gérer tout seul les infractions et de les sortir comme une facture de courant au grand dam de l’usager. La chose qui hier était systématique ne l’est plus aujourd’hui et ma question reste : Pourquoi cela ? A qui profite la magouille ? » James K.P. Le débat est lancé.

QUIPUX en réaction a livré le processus de gestion des infractions.

Ledebativoirien.net

GRACE OZHILLY


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