Me Adama Kamara, Ministre de l’Emploi, de la Protection Sociale et de la Formation Professionnelle, a profité du temps privilégié des honneurs à lui fait par les acteurs de son département, ce vendredi 13 février 2026 à la salle des fêtes de l’Agence CGRAE Attoban-Cocody, pour partager sa vision à travers un programme très enlevé.
Il a présenté ce qui devra être inscrit au premier rang des défis à relever par l’ensemble de ses collaborateurs: Directeurs Généraux des Institutions de Prévoyance Sociale (IPS-CNPS, CGRAE et CNAM); Directeurs Généraux des Etablissements Publics Nationaux; Présidents de Fonds (FDFP et FIPPSH);
Directeurs des Ecoles Spécialisées; Directeurs Régionaux, les Inspecteurs du Travail et les Responsables des Centres sociaux. Ici un large extrait de son message programme rigoureux au titre de l’année 2026 pour son département ministériel. Un message très clair délivré.
Les défis de 2026
«Au titre du travail, je souhaite être très clair
Les Inspecteurs du Travail sont, pour les travailleurs, des défenseurs et pour les entreprises des garants de l’ordre social et du respect de la loi. La population doit sentir davantage votre présence, votre engagement et votre détermination. J’exhorte donc l’ensemble des Inspecteurs du Travail, à Abidjan comme à l’intérieur du pays, à faire preuve de plus de diligence et de rigueur.
Pour assurer un suivi direct et réactif, un rapport hebdomadaire détaillé, listant les entreprises inspectées, les infractions observées et les actions correctives engagées, devra être transmis par voie hiérarchique au Directeur de Cabinet.
En outre, la lutte contre le travail des enfants devra également être intensifiée avec des approches innovantes.
En matière d’emploi
L’année 2026 doit poursuivre la dynamique de structuration des emplois décents, en particulier pour les populations vulnérables, afin de garantir une insertion sociale et économique durable. Un accent particulier sera mis sur le contrôle de l’effectivité des politiques d’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap, notamment dans le secteur privé.
Ce dispositif fonctionne déjà dans le secteur public. Il doit désormais produire les mêmes résultats dans le privé à l’aide de la COTOREP secteur privé et le Fonds d’Insertion des Personnes en Situation de Handicap (FIPPSH). Nous devrons également adopter un plan d’action innovant pour structurer, promouvoir et soutenir les métiers de services à la personne et aux entreprises, véritables gisements d’emplois pour notre jeunesse.
Au titre de la protection sociale
La vision du Chef de l’État est claire et exigeante : la croissance économique doit être équitablement redistribuée et profiter en priorité aux couches les plus vulnérables. Ce nouveau quinquennat doit permettre de matérialiser cette vision. Les IPS, en raison de leurs santé financière, sont appelées à faire plus d’actions sociales tout en poursuivant l’élargissement du panier de prestations sociales.
A l’attention de la CNPS (Caisse Nationale de Prévoyance Sociale) et de la CGRAE (caisse générale de retraite des agents de l’Etat
Nous devons comme l’exige l’article 27 de la loi n°2014-131 du 24 mars 2014 instituant la CMU, faire du numéro d’immatriculation à la CMU l’identifiant unique de sécurité sociale. Nous ne devons donc, en aucune manière, violer la loi, ce d’autant plus que la loi n’est pas faite pour être violée.
Mettre en œuvre cette exigence légale, est la preuve de l’intérêt attaché à notre système de sécurité social commun à toutes les IPS (Institution de Prévoyance sociale). C’est un chantier que nous devons ouvrir et exécuter.
Au surplus, l’une des IPS en l’occurrence la CNAM, étant détentrice de la plus grande base de données biométriques, la preuve de vie des assurés sociaux ne doit plus être fait comme ce l’est actuellement, mais plutôt par la biométrie. C’est une fierté commune à partager parce que protecteur des droits et intérêts des IPS ainsi que ceux des assurés sociaux en activité ou à la retraite.
J’invite la CNPS et la CGRAE
dans une synergie d’actions, avec l’IPS sœur qu’est la CNAM, à s’approprier ces données biométriques pour sécuriser notre système de sécurité sociale contre la fraude qui est la principale cause du déséquilibre financier que peut connaître une IPS.
Pour la CMU, malgré les avancées enregistrées, il nous faut aller encore plus loin. En 2026, nous avons deux objectifs majeurs : atteindre 30 millions d’enrôlés et rendre effectif et opérationnel le prélèvement à la source pour le secteur informel.
Nous devons en outre être ouverts aux critiques des usagers en y apportant les réponses appropriées pour le bon fonctionnement du volet assurantiel dont nous avons la responsabilité de la mise en œuvre.
Au titre de la mutualité
nous devons la rendre davantage dynamique par une synergie entre les mutuelles et les IPS dans l’intérêt des assurés sociaux qui sont à la fois, assurés sociaux dans les IPS et dans les mutuelles. Cela sera matérialisé par l’atelier résidentiel en préparation.
L’intégration de la Formation professionnelle à notre département ministériel
Nous engage à la construction d’une adéquation véritable entre développement de compétences, insertion professionnelle garantie et renforcement de la protection sociale des travailleurs. La formation professionnelle doit devenir un véritable levier de sécurisation des parcours, de compétitivité des entreprises et d’employabilité durable pour notre jeunesse.
La transformation structurelle de notre pays, voulue par le Chef de l’État, Alassane Ouattara nécessitera des ouvriers qualifiés et des professionnels de haut niveau pour accélérer l’industrialisation de notre économie.
On le sait tous : les entreprises font généralement face à de réelles difficultés en termes de disponibilité de main-d’œuvre qualifiée alors que nos jeunes sont en quête d’emploi, mais sont malheureusement peu qualifiés pour les emplois disponibles.
Notre ambition doit donc être de former des personnes (jeunes, femmes, adultes) prêts à l’emploi, apte à travailler directement dans ces domaines où le besoin est réel. Les créateurs d’emplois doivent être à la porte de nos centres de formation prêts à recruter les personnes formées.
Nous devons pour se faire, mettre à jour les curricula en fonction des besoins des chefs d’entreprises et poursuivre, après évaluation de nos outils, la création de centres répartis sur l’ensemble du territoire national, disposant de capacités d’accueil idoine et d’équipements didactiques modernes.
Première mission: les rencontres
C’est la raison pour laquelle, je me suis donné pour mission première de rencontrer le Patronat et toutes les Chambres Consulaires afin qu’on fasse ensemble, la cartographie des besoins et la quantification des profils recherchées par les entreprises. Ces rencontres avec le secteur privé nous permettront de former plusieurs milliers de jeunes que les entreprises pourront recruter directement.
A cette initiative majeur, nous devons ajouter la création d’usines écoles dans des domaines pratiques, je pense notamment au secteur du bois, de la soudure et de la fabrication de pièces mécaniques. Nous devons éduquer nos jeunes et les faire rêver avec la Formation Professionnelle qui doit devenir une Formation de Prestige dans notre pays, un cursus envié et hautement valorisant.
La Direction de la Communication du Ministère doit justement aider à ce changement de mentalité à travers une communication qui tient compte de notre sociogramme. D’ailleurs, pourquoi ne pas penser à un hymne des cols bleus qui mettra en valeur le rôle crucial de ces derniers dans la construction de notre Nation ?
Faisons preuve de créativité et de simplicité pour une formation professionnelle qui fait rêver à l’image de la Grande Côte d’Ivoire à laquelle nous aspirons tous. Concernant les projets finances ou cofinances par les bailleurs de fonds et nos partenaires au développement nous devons poursuivre nos efforts pour l’amélioration des niveaux d’exécution et des taux de décaissements.
Pour l’année 2026
Notre priorité sera de faire entrer l’ensemble de nos projets structurants, notamment le Projet d’Investissement en Protection Sociale (PIPS) dans une phase de consolidation et d’impact. J’en appelle donc à l’engagement total de l’ensemble des coordonnateurs, directeurs et responsables concernés afin que ces projets soient traités avec la diligence et le sens des résultats qu’ils exigent.
L’année 2026 s’annonce exigeante mais passionnante. Je suis convaincu que, par notre engagement renouvelé, notre esprit d’innovation et notre sens du service public, nous relèverons ces défis avec brio. Travaillons avec rigueur, passion et proximité.
Faisons de cette année celle où chaque Ivoirien sentira que son État le protège, l’accompagne et croit en son potentiel. Que l’année 2026 soit, pour vous, vos familles et pour notre chère Côte d’Ivoire, une année de santé, de paix, de succès partagés et de prospérité inclusive….» indique Me Adama KAMARA. Un message bien perçu par l’ensemble de ses collaborateurs, qui désormais sont au pied du mur de l’Emploi, de la Protection Sociale et de la Formation Professionnelle.

