La tension est toujours palpable entre le Bureau Africain De Construction d’Investissement & Divers et le Renouveau syndical du Fisc (Resa-Fisc). L’incertitude plane sur la rencontre d’échanges des deux parties prévue pour ce 4 mars2024. Les échanges de courrier entre les deux entités en dit long sur l’ambiance autour du Projet “Espérance” à Bingerville. Et pour cause.
« Dans un souci d’apaisement et de clarification relativement aux paiements entre le syndicat RESAFISC et la société BACID SA, nous avons l’honneur de vous inviter à une séance de travail. Cette rencontre aura pour objet d’examiner les différents points afférents auxdits paiements et d’effectuer un point financier relatif au RESAFISC, afin de permettre un échange structuré. La séance de travail se tiendra le Mercredi 4 Mars 2026 à 15 heures, au siège de BACID SA, sis à la Riviera Bonoumin » écrit le Bureau Africain De Construction d’Investissement& Divers au Secrétaire général du Syndicat.
Réponse à BACIDSA
« (…) Qu’ainsi donc mon client de par mon canal vous donne son accord pour participer à cette séance de travail ; Toutefois, mon client le RESAFISC demande que cette séance de travail, ne se tienne pas au siège du BACID SA tel que vous le souhaitez ; Qu’il propose donc en lieu et place que la rencontre se tienne à l’Hôtel BELLE COTE sis à la Palmeraie rosier programme 5 à la même date et heure indiquées dans votre courrier » réplique le Conseil du Renouveau Syndical des Agents du Fisc en abrégé RESAFISC.
L’imbroglio est total.
Un petit détour à Bingerville, 28 février 2026 pour saisir la température. L’atmosphère était lourde, presque électrique, à l’entrée de la cité « Espérance », ce 28février à Bingerville. Entre agents des Impôts mobilisés et forces de l’ordre en position,
la scène en disait long sur la gravité de la crise qui secoue le projet immobilier porté par le Renouveau syndical du Fisc (Resa-Fisc). Empêché d’accéder au site où il entendait animer une conférence de presse, le Secrétaire général Zéréyé Zédou a dû se résoudre à s’exprimer à l’extérieur, sous le regard attentif de ses membres.
Un projet de 150 logements en panne
Lancé il y a cinq ans avec la société immobilière BACID-SA, le projet « Espérance » devait offrir 500 logements aux agents des Impôts, membres du syndicat. Mais aujourd’hui, l’enthousiasme des débuts a laissé place à l’incompréhension et à la colère. Selon les responsables du Resa-Fisc, seuls 19 logements ont été livrés, bien loin des 150maisons prévues pour la première tranche.
« C’est le cœur meurtri que nous assistons à cette situation », a déclaré M. Zéréyé, dénonçant une mise en œuvre qu’il juge contraire aux clauses contractuelles. Le contrat initial prévoyait des maisons clés en main, avec un paiement à effectuer six mois après la livraison. Une disposition que le syndicat estime ne pas avoir été respectée.
2,3 milliards FCFA versés, des engagements contestés
Au cours de la conférence de presse improvisée, en présence de Gnakpa Honoré, collaborateur de l’avocat du syndicat, Maître Abié Modeste, le SG du Resa-Fisca brandi des copies de chèques, évoquant des montants oscillant entre 100 et400 millions FCFA.
Au total, 2,325 milliards FCFA auraient été versés par anticipation au promoteur pour soutenir la réalisation de la première tranche, dont le coût global était estimé à 5,6 milliards FCFA pour 150 logements.
« Voyant que nous n’étions pas d’accord pour l’accompagner dans cette forfaiture, il a commencé à mettre des blocages dans la réalisation du projet», a soutenu M. Zédou, accusant son partenaire de vouloir augmenter unilatéralement les coûts initiaux des maisons. Pis, le syndicat dénonce la vente de logements à d’autres souscripteurs non membres, alors même que l’affaire est pendante devant la justice.
Une affaire désormais devant le Tribunal de commerce
Face à l’impasse, le Resa-Fisc a saisi le Tribunal de commerce. L’audience est annoncée pour le 5 mars prochain. Le représentant de l’avocat du syndicat accuse le promoteur d’avoir enfreint les clauses contractuelles, rappelant que sur 123 souscripteurs, seuls 19 ont reçu leurs maisons.
Joint au téléphone, le même jour, Salami Rachidi, PDG de BACID-SA, assume avoir requis la présence policière pour « sécuriser ses activités et les résidents » du site. Il rejette par ailleurs les accusations et pointe la responsabilité du Resa-Fisc.
Sa version détaillée, appuyée de documents, sera publiée dans une prochaine édition. En attendant le verdict judiciaire, cette affaire relance le débat sur les conflits récurrents dans le secteur immobilier en Côte d’Ivoire. Les souscripteurs, eux, retiennent leur souffle. Ce mercredi 4 mars 2024 les deux parties devraient se rencontrer. Si les esprits s’apaisent.
Ledebativoirien.net
GRÂCE OZHYLLY

