L’un des’instituts de recherche est établi sur 19 hectares. Mais, les populations du village d’Abadjin-Doumé sous-préfecture de Songon à l’Ouest d’Abidjan, n’en croient pas leurs oreilles et leurs yeux, puisque l’acte de celui-ci déroute. Elles constatent que le Centre national de recherches agronomiques (CNRA) tente par la force de prendre tous le reste des 231 hectares, leurs terrains. Quelle histoire ! Le feu couve toujours malgré les recherches..
C’est que, lors de notre passage sur un site contiguë au siège du CNRA, nous constatons que des agents de la Gendarmerie nationale venus des escadrons de Yopougon et de Songon, armés de kalachnikovs intiment l’ordre aux ouvriers d’arrêter les travaux de lotissements et d’aménagement du site ‘’litigieux’’. Face à l’étonnement et de savoir ce qu’il passe, les forces de l’ordre expliquent qu’ils ont été mis en mission par leur hiérarchie, précisément les Commandants de Brigade qui eux, auraient reçu un ordre d’un ministre.
Alors, nous tentons de fouiller un peu plus. Et là, nous apprenons que les éléments de la gendarmerie de Songon étaient là pour maintenir l’ordre public troublé par la présence inopinée de leurs frères d’armes venus d’ailleurs, en toute violation de la compétence territoriale, et avec qui les populations voulaient en découdre.
Mais pourquoi une affaire frappée de l’autorité de la jugée continue d’alimenter des tensions dans la localité ?
La structure étatique revendique la propriété de 231 hectares qu’elle détiendrait du fait de la présence de sa direction générale sur un espace de 19 hectares, domaine d’expérimentation y compris. «Faux!», rétorquent les villageois avec documents à l’appui. Mais encore que, là où le bât blesse, le CNRA, lui-même, a intenté une action en justice et a été débouté en appel (voir fac-similé).
À la lumière de certains faits, le CNRA a décidé de passer outre les décisions de justice qui le condamnent et lui dénient toute propriété sur la parcelle concernée, de se l’approprier aux forceps. Les responsables de cette structure étatique ont donc choisi de recourir à la force publique en réquisitionnant la gendarmerie de Yopougon aux fins d’intimider la population et les travailleurs du site. «Pourtant, elle est dans l’incapacité de prouver ses titres fonciers sur la parcelle qu’elle revendique bec et ongle», expliquent, les propriétaires terriens. Lesquels n’hésitent pas à dénoncer les agissements du CNRA qu’ils qualifient de «voies de fait». Des observations faites, lors d’un échange avec la Presse, à la suite des échauffourées entre gendarmes et populations évitées de justesse, Et ce depuis bientôt 4 ans que l’affaire est devant les tribunaux. La structure étatique prospère, selon eux, dans l’illégalité et pour cause.
Le CNRA lésé ?
Pour lui, il est impossible que l’Etat de Côte d’Ivoire puisse céder leurs terres au CNRA sans leur accord et sans purge des droits coutumiers. «Mieux, soutient-il, c’est l’Etat lui-même qui, par décret présidentiel, a classé la zone concernée comme « zone urbaine » dans le schéma directeur d’urbanisation du Grand Abidjan ». (voir fac-similé).
Ballé Djoman Abel en appelle donc à la vigilance des autorités judiciaires et étatiques quant aux agissements « d’un autre âge » des responsables de CNRA. La parcelle litigieuse porte sur 231 hectares 150 ares et 42 centiares. Le CNRA ne possède que 19 hectares 75 ares et 11 centiares. Une affaire de gourmandise institutionnelle?
Selon lui, le CNRA créé en 1998 est installé sur une superficie de 230 ha et non 19 comme le disent ses adversaires…Faux crient les populations du village d’Abadjin-Doumé. Le CNRA indique vouloir fournir plus de détails dans les prochains jours. En attendant, il est prié de relire les décisions de justice, en référence, celle du 29 juin 2019 N°126…Qui le déboute.
H. MAKRE
