Vincent Toh Bi fait des révélations explosives sur l’orpaillage sauvage en Côte d’Ivoire: « Même sous le Pont De Gaule à Abidjan, y a des orpailleurs…dans la lagune en plein Treichville… »

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Des produits dangereux pour l’homme, pour la faune et la flore aquatiques y sont déversés sans aucune émotion»

Vincent Toh Bi formel fait des révélations explosives sur l'orpaillage sauvage en Côte d'Ivoire: Même sous le Pont De Gaule à Abidjan, y a des orpailleurs...dans la lagune en plein Treichville...ledebtivoirien.netLe gouvernement ivoirien a-t-il jeté l’éponge dans la lutte contre l’orpaillage sauvage clandestin ? Une question qui mérite d’être posée au regard des réalités par l’ex-préfet d’Abidjan, Vincent Toh Bi dans son périple à travers la Côte d’Ivoire profonde. Même, Abidjan, la capitale économique, l’orpaillage clandestin se pratique «sous un pilier du Pont De Gaule à Abidjan, il y a des orpailleurs… dans la lagune en plein Treichville», selon le président de l’organisation citoyenne, Aube Nouvelle.

«Je savais que ce pays, la Côte-d’Ivoire,  était très riche, mais je ne savais pas que nous étions tous assis sur de l’or… au sens propre. La recherche sauvage de l’or, l’orpaillage clandestin, semble se faire sur chaque centimètre carré de notre territoire et se pratiquer partout  aujourd’hui. AUBE NOUVELLE est dans le pays profond. Il n’y a pas un seul village visité où ne se pratique l’orpaillage sauvage. Venez participer à nos missions et vous vous rendrez compte vous-mêmes du ravage. Nous sommes venus parler de cohésion sociale et d’anticipation sur les conflits mais nous découvrons dans certaines zones de gros problèmes qui vont créer de gros conflits en Côte-d’Ivoire demain. Juste quelques exemples de zones où l’orpaillage est devenu un véritable fléau : Bouaflé, Kossou, Gbon, Kolia, Bocanda, Boundiali, Bettie, Kokoumbo, Yakasse Attobrou, Daoukro, Zoukougbeu, Issia, Vavoua, Séguéla, Brobo, Tai , Botro, Zouan hounien, Maferé, Bouna, Sakassou, Dimbokro , Toumodi, Les rives de la Comoé et du Bandama.

vincent toh bi 011Dans certaines localités, il y a même plusieurs zones touchées simultanément. Exemples: -Toulepleu : Doho, Diolle, Bahakpahi, Tambli, Tiobly, Gueya, Klobly, Bazobly, Gueyede, Pekan Village, Pekan barrage-Odienne: Daga, Nienesso et  Korondougou, Niamanso, Sanaferedougou, Mazela et Kabangoue.

Juste quelques exemples très limités, sinon ce post serait interminable. Des appareils géants et des machines rudimentaires remuent la terre de fond en comble. Des milliers de personnes s’engouffrent dans la terre, dans les mines et dans les cours d’eau pour chercher de l’or. Ils ressemblent à des diables noirs peinturlurés d’argile rouge et blanche. Apparemment, l’expertise humaine de cette ruée vers l’or vient d’ailleurs. La terre est tellement remuée et lessivée qu’on croirait qu’une puissante bombe est tombée là. C’est un paysage apocalyptique. Lorsque les grands orpailleurs clandestins finissent de malmener le sol, de petits clandestins débrouillards tamisent les pierres et le sable laissés pour chercher de l’or, qu’ils trouvent d’ailleurs.

vincent toh bi 00Certains cours d’eau sont asséchés par les orpailleurs qui y déposent de grandes quantités de terres, modifiant le lit et la trajectoire de ces eaux dont les branches meurent quelques kilomètres plus loin. Le Bandama, la Comoe, le N’Zi, la Bia pour ne citer que quelques-uns des nombreux cours d’eau, sont détruits et infestés par les clandestins. Des produits dangereux pour l’homme, pour la faune et la flore aquatiques y sont déversés sans aucune émotion. À Tiapoum par exemple, cela fait 5 ans qu’en raison de l’orpaillage, la lagune est polluée, trouble et n’offre plus de poisson. Dans de nombreux villages de Dimbokro, l’eau a changé de couleur plusieurs fois, du fait des orpailleurs.

Aucune partie du territoire national n’est épargnée.  Les zones Nord de la Côte d’Ivoire subissent un assaut inégalé. Touba, Odienne, Korhogo, Ferkessedougou, Boundiali, Tengréla, Katiola, Seguela, Mankono. Etc.

vincent toh bi3Dans la partie Sud du pays, c’est l’hécatombe. Il y a des orpailleurs partout. Sous prétexte que leurs produits agricoles ne leur rapportent pas de gros sous, dans certaines zones, les villageois vendent à 300.00 frs CFA un hectare de terre sur lequel il se trouve des plants de cajou, de café, de  cacao, d’hévéa, tous en plein production. Ailleurs, cet hectare de terre en pleine production livré à l’orpaillage coûte 1.500.000 frs CFA. Dans la zone Ouest du pays, de nombreux villages découvrent un orpaillage sauvage. Régions Tonkpi, Guemon, Cavally.

Même sous un pilier du Pont De Gaule à Abidjan, il y a des orpailleurs… dans la lagune en plein Treichville. Dans certains villages de la zone de Yamoussoukro, l’orpaillage a modifié la vie sociale des populations. Certains ne vont plus au champ. Ils préfèrent chercher l’or. Mais si tout le monde a de l’or, qui va donc produire à manger ? Il faut donc s’attendre à long terme à la raréfaction et à l’appauvrissement des terres cultivables et donc à une baisse des rendements agricoles. La vie chère sera donc une actualité de tous les jours. Selon certains spécialistes, il faut 10 à 30 ans avant que les terres détruites ne retrouvent un tout petit peu de leur consistance pour être cultivables.

Vincent Toh Bi formel fait des révélations explosives sur l'orpaillage sauvage en Côte d'Ivoire: Même sous le Pont De Gaule à Abidjan, y a des orpailleurs...dans la lagune en plein Treichville...ledebtivoirien.netÀ Katiola, un jeune homme m’avait dit : «comment tu veux que j’aille me fatiguer pour travailler au champ, alors que je gagne 15 millions chaque mois quand je cherche l’or en brousse !!! ». On m’a dit que tout le monde trouve son compte dans l’orpaillage clandestin sauf … l’Etat. En visite dans un village il y a 4 jours, je me suis retrouvé sur le Bandama face à 4  grands groupes d’orpailleurs. J’ai essayé de les intimider en filmant leurs opérations avec mon téléphone portable. Ils m’ont regardé, l’air amusé, comme pour dire : «Tu perds ton temps, quoi !». Ils ont poursuivi leur diabolique entreprise, sereins. On dit qu’ils sont souvent armés. Il y a clairement aujourd’hui un nouveau type d’immigration spécifiquement lié à l’orpaillage clandestin et cela inquiète.

Enfin, l’orpaillage est venu dans les zones rurales où nous sommes avec des phénomènes qui s’amplifient : drogue, prostitution, violence, cherté de la vie. Partout où il y a l’argent rapide et facile, il y a la mort … Faisons quelque chose pour nos villages en cours de destruction. Retournons-y pour sensibiliser nos parents, sinon le seul village qui nous restera sera….Abidjan…», prévient Vincent Toh Bi. Alors, à quoi joue l’État de Côte d’Ivoire face à cette réalité malheureuse et dommageable ?

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H.KARA

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