Tension et tromperie à Jacqueville : le maire Joachim Beugré avertit Beugré Mambé et Koné  Bruno sur les risques d’un séminaire annoncé à Adoukro

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Dans  un communiqué dont  ledebativoirien.net  a reçu copie, le maire de la commune de Jacqueville Joachim Beugré dénonce une activité annoncée  autour d’un projet d’aménagement d’Adoukro dont  le conseil d’Etat a prononcé l’annulation. Ce que dit le communiqué de la mairie de Jacqueville sur le litige  foncier  d’Adoukro.

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« Le maire de la commune de Jacqueville informe l’opinion nationale et internationale que, depuis 2003, un litige foncier oppose quatre (4) villages de Jacqueville à un opérateur.

En effet, un inconnu de Jacqueville jusqu’en 2003,  une  personne du  nom de ODA Edouard, surgit de nulle part, fait ériger le campement Adoukro en un village à l’insu des  propriétaires terriens. Nomme un de ses protégés, chef de  village, s’autoproclame chef de terre, spolie  2400 hectares de terre à  quatre  villages environnant : N’Djem, Sassako-Bégnini, Abréby et Avagou.

Trompe la vigilance du ministère de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, en 2014. Obtient l’approbation d’un aménagement sur les 2400 hectares spoliés, malgré 75 oppositions à l’issue de l’enquête publique. Ainsi, naît le conflit foncier d’Adoukro qui oppose les populations de quatre villages menacés avec la société SGIR gérée par monsieur ODA Edouard qui est porté devant les instances judiciaires et connu du Gouvernement de Côte d’Ivoire.

Le 22 mars 2023, soit après 20 ans de tension, de violences et de procédures judicaires, le projet d’aménagement d’Adoukro est annulé  par le Conseil d’Etat par arrêt n°85 du 22 mars 2023.  Alors que  les  populations s’attendent  à   un retour définitif de la paix dans le département, contre toute attente, monsieur ODA Edouard vient de refaire surface à travers un communiqué diffusé dans la presse et  sur les réseau sociaux,  informant  l’opinion  publique d’un séminaire régional sur son  projet d’aménagement d’Adoukro,  pourtant annulé il y a exactement 1 an par le Conseil d’Etat.

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Les  populations de Jacqueville et leurs élus sont  encore plus surpris, lorsque le communiqué de monsieur ODA Edouard indique que son séminaire est placé sous la présidence de monsieur Robert Beugré Mambé, Premier Ministre, ministre des sports et du cadre de vie ;

sous l’autorité de monsieur Lohoues Essoh Vincent, ministre gouverneur du district des  lagunes et en présence effective de monsieur Bruno Nabagné Koné, ministre de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme.

Le maire de Jacqueville attire l’attention des personnalités citées  dans le  communiqué de presse sur cette tromperie et les risques de tensions sociales dans le département. Il recommande l’application stricte de l’arrêt du conseil d’Etat qui a annulé le projet d’aménagement d’Adoukro », signé Joachim Beugré, maire de Jacqueville.

Contacté en savoir davantage sur la participation annoncée du Ministère de la Construction à ce séminaire, un proche de Bruno Koné a confié que le Ministre n’a jamais donné son accord pour une quelconque participation à cette activité.

L’histoire d’Avagou, Sassako-bégnini, Abréby et N’Djem opposés au  projet d’aménagement foncier dénommé « Adoukro Tranche 2 ».

C’est que par arrêté No118/AT/DGAT du 9 mars 2007, le ministre de l’Administration du territoire, sous le régime du président Laurent Gbagbo, a érigé Adoukro, un campement d’hospitalité mis à la disposition de pêcheurs béninois, en village, sans enquête publique.

Aussitôt, est né le litige, puisque la décision d’érection a été prise à l’insu du village de Sassako-bégnini dont est issu le campement en question. Dans la foulée, l’époux d’une ressortissante de Sassako-Begnini, Oda Édouard, formule une demande de lotissement en vue de la création d’un projet d’aménagement urbain, sous le couvert de sa société SGIR.

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Malgré le résultat de l’enquête publique qui a relevé soixante-quinze (75) oppositions des propriétaires terriens et propriétaires de plantations de coco, palmiers à huile et manioc, le Ministère de la Construction, alors dirigé par le ministre Mamadou Sanogo, a tout de même approuvé ce lotissement d’Adoukro par arrêtés No 14-1273/MCLAU /DGUF /DU/SD du 21 novembre 2014, No14-1274/MCLAU /DGUF /DU/SDAF du 21 novembre 2014. Sauf que l’analyse de ces documents administratifs, laisse apparaître une grave irrégularité.

Alors que le campement d’Adoukro, érigé en village, s’est vu accorder une superficie de sept cent neuf  (709) hectares par l’administration territoriale, les arrêtés d’approbation du lotissement de ce nouveau village, parlent d’une superficie de deux mille quatre cents  vingt-deux  (2422) hectares.

Ces arrêtés d’approbation de lotissement, annexent une partie du patrimoine foncier des villages voisins que sont N’Djem  (qui abrite le pont de Jacqueville), Abréby, (le 1er   village fondé par les Alladjans au 15è siècle), Sassako-bégnini  (dont est issu le campement Adoukro devenu village), et Avagou  (le 3ème  village le plus ancien du peuple Alladjan). Adoukro, le campement devenu village par arrêté signé en 2007,  dernier né, devient sur le papier, le plus grand village de la zone.

Le maire de la commune de Jacqueville, Beugré Joachin, n’a de cesse attiré en vain l’attention du ministre de la Construction d’alors  Mamadou Sanogo sur le caractère conflictuel du projet.

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En avril 2020, il a saisi le ministre de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, Bruno Koné, à travers un courrier dans lequel il demande;

« face à cette situation explosive sur le terrain (…) d’annuler les arrêtés d’approbation du lotissement d’Adoukro ou, tout au moins, de les modifier afin que les villages de N’Djem, d’Abréby, de Sassako-bégnini et d’Avagou, ne soient pas spoliés de leurs terres« .

Les villages d’Avagou, de Sassako-bégnini, d’Abréby et de N’Djem quatre se sont tournés alors vers le palais  présidentiel.

« Nous souhaitons que ce lotissement d’Adoukro soit purement et simplement annulé et que nos terres nous soient restituées« , avait demandé au nom des 4 villages impactés, N’drin Marcellin, président du Collectif des propriétaires terriens de Sassako-bégnini. Au ministère de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme, personne les choses ne bougent pas trop.

Le Conseil d’Etat entre en scène et  annule les arrêtés d’approbation de ce lotissement d’Adoukro

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Le 1er septembre 2022 à la place de lutte de Sassako-bégnini, les villages de N’Djem, d’Abréby, de Sassako-bégnini et d’Avagou, impactés par ce projet de lotissement, ont, par la voix de N’drin Marcellin dit Chef Amine, président du Collectif des propriétaires terriens de Sassako-bégnini, avait lancé :

 « Nous souhaitons que ce lotissement d’Adoukro soit purement et simplement annulé et que nos terres nous soient restituées», a-t-il appelé. L’annulation donc annoncée de ce lotissement par le Conseil d’Etat, vient restaurer les populations meurtries dans leurs droits. 

Le Collectif des Opérateurs de Sassako -Adoukro (COSAD) qui comprend plus 60 opérateurs avec qui chaque propriétaire terrien a signé une convention, a salué la décision du Conseil d’Etat qui vient annuler les arrêtés de monsieur Oda. Place maintenant au projet LOBOTCHE-AMAN qui est celui qui vient en remplacement de, Adoukro tranche 1 et 2.  LOBOTCHE-AMAN est le nouveau projet de lotissement que les adhérents, les villages et le COSAD ont soumis au ministère de la Construction pour approbation dans  une  union autour d’une entente sacrée des chefs des villages pour soulager la population.

Plus tard, au fil des activités agricoles et de la pêche, les propriétaires des terres y ont installé des pêcheurs béninois et d’autres villageois s’y sont installés. Une famille de Jacqueville, actuel chef-lieu, s’y installe également avec la bénédiction du chef de terre de Sassako. Elle y fonde une plantation. Et c’est dans cette famille que M. Oda, présenté comme non originaire de la région épouse une native de ladite région, laquelle hérite plus tard des terres et plantations de son défunt père.

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Le maire de Jacqueville, Beugré Joachin, lors d’une rencontre avec  la  presse en septembre 2021, n’avait pas manqué d’affirmer que le village d’Adoukro, « c’est en tout 709 ha dont 574 ha, soit 81 % de la superficie, sont la propriété du village tuteur de Sassako. Comment se fait-il que le lotissement couvre 2440 ha ? Je ne suis pas opposé au développement de ma commune mais je suis opposé à la spoliation des terres de mes populations».

Adoukro a été  jusqu’à une époque récente, le débarcadère du village de Sassako qui est adossé à la mer et qui a ses terres à Adoukro au bord de la lagune. Ce débarcadère servait de point de ralliement au chef-lieu de sous-préfecture Dabou. C’est aussi en cet endroit que les villageois de Sassako cultivaient la noix de coco, principale culture de rente.

Comme, le jeudi 1er   septembre 2022, les chefs de villages, chefs de terre et  populations d’Avagou, de Sassako-bégnini, d’Abréby et de N’Djem à la place de lutte de Sassako-Bégnini se sont dressés contre le projet d’ODA, ils affichent  la même détermination en 2024.

Avec l’annonce d’un séminaire sur le même projet annulé, ne dites  pas que la tension va monter d’un cran dans le département de Jacqueville dont  le maire appelle  à l’application de l’arrêt du conseil d’Etat.

Ledebativoirien.net

Grace Ozhylly

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