Prophétesse Bagué Wlon-Yo: cette paysanne qui reçut la révélation de la mission DEHIMA honorée à  jamais pour  la paix (reportage)

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«Si ce que j’annonce n’est pas de Dieu, cette Mission disparaitra après  ma mort. Elle est décédée en 1951,  cela fait 72 ans et  le DEHIMA existe encore et a évolué », ont clamé les fidèles à Yamoussoukro, du 10 au 12 novembre 2023.  Il n’existe aucune  photo d’elle, la prophétesse Bagué Wlon-Yo, mais à la fondation Félix Houphouët-Boigny, le dimanche 12 novembre 2023 au culte de la paix, comme les précédents  jours des festivités du centenaire, sa présence s’est faite palpable par la dimension fondamentalement de l’oralité qui est restée vivante, à la Mission DEHIMA.

L’on a proclamé le nom de ‘‘JESUS’’, mais on ne lit pas la Bible. Les histoires inspirées dont celle des 8 prophètes (anges) qui sont apparus à la prophétesse Bagué Wlon-Yo sont racontées, comme source et fondement de la révélation divine de la mission DEHIMA. Proclamée comme révélée pour  amener la paix dans les sociétés, le centenaire de l’Eglise fondée par la prophétesse Bagué Wlon-Yo (Marie Lalou) en 1922 a montré toute la dimension proclamatrice de cette Église. Voyage au cœur d’un centenaire qui restera historique pour cette Mission.

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Deux sites sont retenus du 10 au 12 novembre à Yamoussoukro.  Le premier, à la place Jean-Paul II, où a été bâti un véritable village du centenaire comportant des espaces: restauration, hébergement, concerts,  conférences, musée et expositions utilisé du jeudi 9 au samedi 11 novembre 2023 ; puis la Fondation Félix Houphouët-Boigny, second site, pour le culte de la PAIX en Côte d’ Ivoire. Cap est  mis sur  la construction de la cathédrale de l’Eglise DEHIMA en Côte d’Ivoire.

Novembre 1922, novembre 2023. Cela fait 100 ans et son esprit veille sur les festivités.  Yamoussoukro, du 10 au 12 novembre 2023, un évènement spécial retient toute l’attention du monde religieux en Côte d’Ivoire: la célébration du centenaire de la révélation à la Prophétesse Bagué Wlon-yo, l’Eglise DEHIMA en Côte d’Ivoire. « Dé » = ‘‘Bonne Parole’’, « HI » = « Venue »;  « Ma » = « Chez nous ». DEHIMA, ou « la Parole de Dieu est avec nous» ou encore, ‘‘la Bonne parole est venue à nous’’.

Fidèles de l’Eglise DEHIMA célèbrent  100 ans de Foi à la mémoire de la prophétesse

100 ans que la Mission divine a été révélée à  une femme à Goboué dans le département de Lakota au centre ouest de la Côte d’Ivoire. Ils sont aujourd’hui des centaines de milliers de fidèles  à croire  en la mission de la prophétesse Bagué Wlon-Yo ou Djigba Dawlon, à l’état-civil.

Le culte DEHIMA est autorisé en 1950 par le gouverneur général de la Côte d’Ivoire Péchoux Élysée Laurent. Mais la prophétesse Bagué Wlon-Yo (baptisée aussi par un missionnaire protestant, ‘‘Marie Lalou’’), affaiblie s’éteint dans le village  Niambrezaria à Divo en 1951, juste un an après cette grande reconnaissance.

Agée seulement de 36 ans, elle est née en 1915 dans le canton rural de Goboué Lakota. Son corps n’aurait pas été inhumé, mythe ou réalité, puisqu’ ayant disparu du lit ne laissant que  son foulard, un mouchoir et un chasse-mouches.

Histoire de la sainte dit ceci

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Djigba Dawlon (Bagué Wlon-Yo) se marie à 22 ans mais refuse le jeu conjugal. Elle entend rester vierge dans la vie du couple. Son  conjoint tombe malade, puis décède. Elle doit épouser le frère du défunt, selon la coutume, mais celui-ci décède également.

Djigba Dawlon est pointée du doigt. Elle quitte alors le village, retourne chez ses parents et commence à prêcher. Inspirée par des esprits divins, elle s’isole durant plusieurs mois, se nourrissant de racines. Elle reçoit des visions, rêves, et des visiteurs spirituels.

Ses enseignements attirent des foules et fais des fidèles, nous sommes en pleine  période coloniale. Une première communauté s’établit autour de sa prédication. Le milieu social est celui des petits travailleurs pauvres, des relégués, des dominés.

Ils trouvent dans l’offre spirituelle proposée par Djigba Dawlon une alternative aux systèmes de sorcelleries, mais aussi au christianisme classique des missionnaires, assimilé à la religion du colonisateur blanc.

La jeune-femme décide de rester célibataire et  se concentre entièrement sur sa vie de spiritualité. Elle s’engage dans la voie de la « cause des prophètes », qui rompt le consensus culturel local autour des fétiches et de la tradition pour promouvoir une option différente, originale, « inspirée ».

Elle a tiré sa révérence,  rappelée à Dieu, le 23 janvier 1951 dans ses trente sixième années de vie.  La mémoire de la fondatrice de cette Eglise, est plus que jamais vénérée.Yamoussoukro aux couleurs 100 ans

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La communauté de fidèles croyants de la Mission fondée en  1922 par Djigba Dawlon, baptisée du nom céleste de Bagué Wlon-Yo est, donc du 10 au 12 novembre 2023, autour du président du Comité National de la Mission Dehima en Côte d’Ivoire, le Pawaba (évêque) Koffi Ethien Mathieu.  Venue de  toute la Côte d’Ivoire, une foule compacte convergeant vers un site spécialement préparé pour  la cause, dans la ville du père fondateur de la nation ivoirienne, Félix Houphouët-Boigny, Yamoussoukro.

Fidèles et invités de marques, tous  ont pris d’assaut la Place Jean Paul II, pour les festivités du centenaire de l’Eglise DEHIMA qui ont démarré, le Jeudi 10 novembre avec l’arrivée des fidèles) et se  poursuit jusqu’à Dimanche 12 Novembre avec la fin des festivités à la Fondation Felix Houphouët-Boigny.

La grande cérémonie d’ouverture s’est déroulée,  le vendredi 10 novembre en présence du Maire de Yamoussoukro, Kouassi Kouamé Patrice  dit KKP, avec  comme  invité spécial, le Président de l’Union des Eglises Révélées d’Afrique (UERA), le révérend Vénérable Supérieur Evangéliste LUC KANON chef de l’Eglise du Christianisme Céleste en terre ivoirienne.

Il y a donc 100 ans, Bagué Wlon-Yo construisait cette religion dans l’humiliation totale comme le témoigneront les fidèles, puisque l’évangélisation chrétienne connaissait une montée fulgurante.

« Aujourd’hui nous avons l’occasion de brandir cette Église à la face du monde dans la fierté la plus totale.  Voilà déjà 100 ans que l’Eglise de Déhima est révélée. Il nous fallait la faire connaître à la population ivoirienne et au monde entier», note  le président du Comité National DEHIMA, le Pawaba Mathieu Ethien Koffi.

Place Jean Paul II à Yamoussoukro

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Tout s’est fait avec un doigté spirituel. Une organisation parfaite : un sanctuaire, des loges, un podium et sonorisation répondant aux normes de gros spectacles, un village gastronomique, un espace musée, des expositions, le pagne du centenaire, T-shirt, écharpes et autres gadgets à l’effigie du centenaire…. Tout a été prévu.

C’est dans cette ambiance, ce vendredi 10 novembre dans  une allégresse totale que  le Maire de Yamoussoukro au de l’Etat ivoirien donné le coup d’envoi des festivités, sous le Thème : « Tous unis autour de l’œuvre de notre mère, la prophétesse Bagué Wlon-Yo ».

« En tant que président de l’Union des Églises Révélées d’Afrique, nous sommes  aux côtés du vice-président Pawaba KOFFI Mathieu, président de l’Eglise Dehima  en Côte d’Ivoire. Nous sommes ici  à Yamoussoukro pour le centenaire de l’Eglise DEHIMA. Que Dieu bénisse la prophétesse Bagué Wlon-Yo. Paix à son âme et à sa congrégation Dehima qui a des adeptes en Côte d’Ivoire, au Liberia, au Ghana, au Burkina Faso et dans d’autres pays d’Afrique », déclare le révérend KANON LUC.

Ces Festivités marquant le Centenaire de l’Eglise de Déhima  en Côte d’Ivoire, qui se tiennent en ce moment avec ferveur  apportent un autre regard sur cette communauté eu égard  aux préjugés la  présentant comme une secte ou ‘‘Eglise de pauvres et de vieux’’.

Après  la journée d’ouverture par l’adresse du maire Kouassi Kouamé Patrice qui salue la naissante de cette Eglise qui  prône la réconciliation, une conférence a été animée dans la soirée autour du thème : « Bagué Wlon-Yo, une Messagère pour réconcilier le djamatriki (peuple noir) avec Dieu » ;  suivie d’un enseignement portant sur « La foi en un Dieu Unique selon Bagué Wlon-Yo ». Toute la nuit a été meublée par les chorales à la louange de Dieu.

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Le second  jour des festivités du centenaire de l’Eglise DEHIMA, le samedi 11 novembre a démarré par  une  opération ville propre, suivie de conférences des cadres de ladite Eglise. Ces actions feront place à un Grand défilé avec toutes les générations exprimant au monde entier, la fin des préjugés sur l’Eglise Déhima qui fait de la Paix un pilier important dans son parcours.

Cette confession religieuse dédie chaque année, une action de prière spéciale à la Cote d’Ivoire et à ses autorités suprêmes. La soirée du samedi 11 novembre sera meublée par une fresque  sur : « La vie de la sainte prophétesse Bagué Wlon-Yo ».  

Elle sera suivie de deux  conférences ; l’une sur : « La jeunesse face aux influence du  monde contemporaine » et l’autre : « L’Eglise DEHIMA et la paix ». Ce sont les chorales qui occuperont toute la nuit pour  préparer le dernier jour, le dimanche 12 novembre 2023. Jour réservé  pour à la Messe annuelle de la PAIX à la Fondation Félix Houphouët-Boigny, précédée d’une longue  procession  à travers la ville de Yamoussoukro.

La Messe annuelle de la PAIX à la Fondation Félix Houphouët-Boigny pour la mission DEHIMA le dimanche 12 novembre 2023

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Combien étaient-ils, les fidèles de l’Eglise DEHIMA en Côte d’Ivoire à prendre d’assaut  la Fondation Félix Houphouët-Boigny de Yamoussoukro ? Et ce,  au dernier jour des festivités du centenaire de ladite congrégation religieuse, le dimanche 12 novembre 2023.

10.000,  15. 000…, difficile de le dire, puisque la ferveur a surpassé les fidèles réunis autour de leur chef, le Pawaba, Koffi Ethien Mathieu, vice-président de l’UERA.  Avec à ses côtés, le président de l’UERA-Union des Eglises Révélées d’Afrique, le révérend KANON  LUC de l’Eglise du Christianisme Céleste, Chef du Diocèse de  Côte d’Ivoire, témoin de  l’annonce de  la construction future de la Cathédrale pour l’honneur de la  fondatrice de la mission DEHIMA, ‘‘Prophétesse Bagué Wlon-Yo’’’ .

Ainsi, du 10 au 12 novembre 2023, l’Eglise DEHIMA a célébré son premier ‘‘centenaire de foi » en Côte d’Ivoire. Des délégations sont  venues du Burkina Faso, Liberia, Ghana etc., pour vivre cet événement qui marque la vivacité des Eglises Révélées d’Afrique. Les fidèles se sont mobilisés pour réunir  le budget des festivités sans avoir,  à recourir  à  un quelconque soutien extérieur.

« Aujourd’hui, vous les fidèles de Dehima, vous avez démontré au monde que les œuvres de paix et de réconciliation de la Prophétesses Bagué Wlon-Yo sont là.

C’est le DEHIMA qui doit montrer cette voix de paix et vous venez de donner le coup d’envoi de cette paix en Afrique et Côte d’Ivoire en Particulier…Mais aussi vous avez démontré toute indépendance devant quiconque, vous avez financé seuls votre centenaire…C’est une leçon pour  toutes  les Eglises révélées d’Afrique» déclarera, le Révérend KANON Luc, Président de l’UERA.

L’existence légale de l’Union des Eglises Révélées d’Afrique avec pour siège Africain en Côte d’Ivoire, démontre le respect que les pouvoirs publics accordent à ces congrégations spirituelles dites révélées. «  Nous amorçons un nouveau centenaire.  La valeur d’une nation repose sur sa valeur intrinsèque et pour la Côte d’Ivoire c’est la religion Dehima basée sur notre valeur culturelle. C’est une religion de vérité…», dira le président du comité d’organisation du centenaire.

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« Nous rendons gloire à Dieu et nous vous remercions car ensemble nous avons atteint le budget de 60 millions de nos Francs. Vous l’avez fait en hommage de la Prophétesse WLo-Yo.

Nous avons  maintenant une  grosse mission, celle de la construction de la Cathédrale Bagoué WLo-Yo de SAKOTA, dans la localité de Divo, la région du Loh Djiboua », a déclaré Dr YAO Zatté, Directeur Exécutif du Bureau du CND.

Et ce, au terme  d’une belle cérémonie de clôture, en couleur, en  pas de danses, de moments de réjouissances, de rythmes et mélodies, le dimanche 12 novembre 2023 à l’occasion  de la messe pour la Paix en Côte d’Ivoire, à la Fondation Félix Houphouët-Boigny.

La Mission DEHIMA a été fondée en 1922 par Djigba Dahonon baptisée du nom céleste ‘‘Bagué Wlon-Yo’’ ou encore ‘‘Marie Lalou’’, puisqu’ayant  fait le choix de restée vierge à l’image de la vierge Marie, mère de Jésus.  Le culte DEHIMA a été autorisé en 1950 par le gouverneur général de la Côte d’Ivoire Péchoux.

Les festivités des ‘’100 ans de Foi’’ de l’Eglise  DEHIMA qui ont enregistré un parterre d’autorités publiques et religieuses, ainsi que les fidèles de cette communauté venus des villes, villages et hameaux les plus reculés afin de ne pas se les faire conter resteront historique pour l’UERA. Ce centenaire organisé sous le thème: « Tous unis autour de l’œuvre de la prophétesse Baguè Wlonyo », a permis de montrer la mission DEHIMA au monde entier. Ce rassemblement aura été aussi pour Yamoussoukro, un hommage au Président Houphouët-Boigny compagnon de la prophétesse Bagué Wlon-Yo.

Mission de l’église Déhima 

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la  guérison de l’âme ; le salut, la restauration, l’émancipation et le développement humain par la lumière de la Parole du Dieu créateur, le Dieu de Bagalédou à travers le culte qui lui est rendu. Et abolir la sorcellerie et le fétichisme, source d’aliénation du peuple noir.

Selon le président du Comité National DEHIMA, le  Pawaba Koffi Mathieu, cette Eglise a une mission sociale qui est celle de susciter la cohésion sociale par le regroupement des peuples dans la même espérance fondée sur l’amour de Dieu et du prochain, favoriser le dialogue interculturel en vue de créer la fraternité universelle gage d’une paix durable. L’Eglise Déhima entend amener les peuples noirs africain à adopter des valeurs de civilisation fécondées sur la parole de Dieu.

Le grand défi de la communauté de fidèles croyants de la Mission DEHIMA est,  pour ses responsables, la construction de la cathédrale à l’honneur de  la prophétesse fondatrice,  Djigba Dawlon, du nom céleste, ‘‘Bagué Wlon-Yo’’ (Marie Lalou). «Si ce que j’annonce n’est pas de Dieu, cette Mission disparaitra après  ma mort » a-t-elle déclaré  à ses disciples. Elle est décédée en 1951, sa mission continue.

LEDEBATVIOIRIEN.NET

HERVE MAKRE-Envoyé spécial  à Yamoussoukro

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