Echos Ouest africain : la Cedeao et l’Umoa et l’Uemoa dans le brouhaha ?

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Les régimes au pouvoir au Mali, au Burkina Faso et au Niger ont décidé de se retirer de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Et la suite ? Quelques réflexions sur la vie dans l’espace sous régional ouest africain.

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« Une fois que ces trois pays auraient abandonné le FCFA que pourrait-il rester de l’UMOA et de l’UEMOA? Les sanctions punitives, injustes, illégales de l’Umoa contre les populations du Niger et leurs conséquences institutionnelles en seraient les causes.

Il y aurait automatiquement une discontinuité territoriale dans cette Union prétendue d’intégration régionale pour cinq pays restants. À l’Est, deux pays membres, le Bénin et le Togo, seraient entourés de quatre pays non membres du FCFA qui sont le Nigéria, le Niger, le Burkina  et le Ghana.

Au Centre, la Côte d’Ivoire se retrouverait seule entourée par le Ghana, le Burkina Faso, le Mali, la Guinée et le Libéria, donc cinq pays non membres du FCFA. À l’Ouest, il y aurait, le Sénégal et la Guinée Bissau, encadrés par trois pays non membres que sont la Guinée, le Mali et la Mauritanie.

Cette discontinuité territoriale sera-t-elle sans conséquences sur l’intégration économique et monétaire qui semble être l’objectif de l’UEMOA? Faut-il exclure la possibilité qu’il s’en suivent, trois FCFA UMOA, différents selon que l’on sera au Centre, à l’Ouest et à l’Est, comme a été le cas lorsque les Banques centrales émettrices du FCFA ont quitté Paris pour Dakar et Yaoundé, créant une distorsion entre le FCFA d’Afrique de l’Ouest et celui d’Afrique Centrale?

Les initiateurs de ces sanctions punitives illégales, en considérant l’UMOA comme une zone d’intégration politique désintégrant l’Union Économique et Monétaire. Comme dit la chanson: ‘‘Better think twice, because being evil has a price’’”, soutient Professeur Mamadou Koulibaly

Coup de massue au Sénégal

Sénégal MACKY SALL ledebativoirien. net

« Le Sénégal s’enfonce dans l’impasse avec un Macky Sall désormais seul contre tous. Les Sénégalais sont majoritairement dressés contre lui. Et à l’extérieur, il ne bénéficie d’aucun soutien.

En effet, l’Union africaine et la CEDEAO, rejointes par l’Union européenne, ont demandé le rétablissement du calendrier électoral. Les USA, sans langue de bois, ont fermement condamné le report de l’élection au 15 decembre 2024, avec dix mois de transition civile.

Et pour boucler la boucle, le Conseil constitutionnel du Sénégal vient d’asséner le coup de massue. En sa séance du 15 février 2024, la clé de voûte des institutions de la République a pris deux décisions pour clore le débat:

• il annule la loi n°4/2024 portant dérogation aux dispositions de l’article 31 de la Constitution adoptée le 5 février 2024 à l’Assemblée nationale, « par la force des baïonnettes »; • il retoque le décret n°2024-106 du 3 février 2024 portant abrogation du décret n°2023-2283 du 26 novembre 2023 portant convocation du corps électoral pour l’élection présidentielle du dimanche 25 février 2024.

Par conséquent, le Conseil constitutionnel, prenant acte de l’impossibilité d’organiser le scrutin à la date initialement prévue, invite l’État à le tenir dans les meilleurs délais, avec les vingt candidats déjà retenus. Le mandat du président sortant est censé s’achever le 2 avril 2024« , ajoute  Ferro M. Bally.

« Les Putschistes et les élections

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Ceux, qui en Afrique, considèrent que l’élection est le seul gage de la légitimité démocratique dans une République, devraient soutenir ce que le Président élu du Sénégal est en train de faire en engageant tout son peuple souverain dans la voie qu’il lui a choisi en tant que chef d’État démocratiquement élu.

Comme il est élu, donc il peut tout faire légitimement et légalement. Pour ne pas être d’accord avec lui, il faut attendre d’être élu soi-même.

Les mécontents de cette décision devraient donc attendre les prochaines élections pour faire valoir leurs points de vue. Toute autre solution serait un putsch. Qu’est-ce qui donne mandat aux manifestants non élus de contester, en dehors des instances, les décisions d’un élu? Mis à part les statuts civil et militaire, quelles différences fait-on entre les coups d’Etat dans les pays africains? », termine Pr Mamadou Koulibaly.

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