Sans détours avec le Ministre des Transports Amadou Koné (Partie 2) : «J’insiste, il faut être patriote à tous les postes et quel que soit le job que nous faisons. …»

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« Je demande à tout le monde de rester dans le mode opératoire-ce n’est pas compliqué » Amadou Koné

Sans détours avec le Ministre des Transport Amadou Koné (Partie 1:) « L’échec de la Convention  d’Etat  de concession d'immatriculation est là ! Je prends les choses en main…» ledebativoirien.net

C’est le début du projet pilote du système d’immatriculation initial des véhicules en Côte d’Ivoire  pour la mise en place d’attribution d’un numéro unique à un seul véhicule pour un seul propriétaire. Pourquoi en est-on arrivé  à la prise en main de l’immatriculation par le ministère ? Dans  un échange exclusif  et inédit avec la rédaction de ledebativoirien.net, le Ministre Amadou KONÉ,  sans détours éclaire. Suivez le ministre dans cette partie 2.

LDI: Côte d’ivoire Logistiques dans la même dynamique ?

Le Ministre Amadou Koné : Aujourd’hui il y a un mode opératoire. Je demande à tout le monde de rester dans le mode opératoire. Ce n’est pas aussi compliqué que cela ! Quand je finis, je fais un point au gouvernement, après qu’on ait fait un séminaire avec tous les acteurs, nous nous retrouverons avec des documents qui permettront à chacun de travailler de façon légale. Nous poserons le cas de toutes les personnes qui ont payé auprès de 2GE et qui n’ont pas encore pu disposer de leurs plaques d’immatriculation, après avoir stabilisé le système. Il faut qu’ils aient leurs plaques, mais ce sera dans le cadre d’un atelier.

Mon objectif n’est pas d’exclure quelqu’un. Il faut faire avancer le pays. On peut être un privé et être patriote. On nous demande de faire des champions locaux. Mais le privé local, il doit être patriote. C’est ensemble, gouvernant, privé local, national qu’on peut tirer le pays vers le haut. Pour moi, un privé national doit être patriote. Il y a des privés nationaux ailleurs qui sont des patriotes, que ce soit dans des pays développés ou sous-développés. Comment l’Etat pourrait faire des facilités à un privé local, s’il n’est pas patriote !

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Je suis privé, je me fais de l’argent, mais je veux que mon pays avance. Je suis dans un secteur, je veux que ce secteur soit l’un des meilleurs sur le continent, je m’investis. Mais on ne peut pas être là et vouloir tirer profit de la naïveté des autres parce qu’ils ne connaissent pas leur droit.

Je ne fais rien qui soit illégal. Je ne suis contre personne. Je veux faire mon boulot. Quand il y a problème sur la route, quand il y a accidents, on dit : le ministre des Transports. C’est moi qu’on voit. Ce n’est pas quelqu’un d’autre. C’est moi, le Premier Ministre et le Président. C’est nous qu’on voit. Les gens vont rentrer dans le pays faire des actes terroristes, ils n’ont pas été identifiés, les gens diront l’Etat ne nous pas protégés.

Les gens ne s’imagent même pas comment nous avons fait pendant la CAN 2023, pour que tout se déroule bien, sécurisé. Le nouveau système d’immatriculation sécurisée a joué un rôle pour surveiller tout. Si le véhicule n’est pas identifié, tu fais comment dans un rassemblement de 40 ou 50 000 personnes qui tournent !

Le 2gE a-t-il conscience de ses insuffisances

Le ministre Amadou Koné : Cela fait quatre (4) ans, qu’il y a des échanges de courriers, de documents, des réunions. Je travaille avec eux. L’on m’a roulé. A un moment je dis : « Ça suffit » ! Moi, je lance la vidéo verbalisation et je me rends compte que mon action baisse, parce qu’il n’y a pas de plaques d’immatriculation sérieuses. Vous envoyez des notifications à des personnes, mais vous ne pouvez pas les leurs remettre parce que leurs plaques ne sont pas dans une base de données. Elles font du n’importe quoi dans la ville avec les véhicules et vous ne pouvez pas les retrouver.

Puisqu’elles mettent des plaques banalisées, www et circulent dans la ville… On va très loin et le nouveau le nouveau mode opératoire ne concerne pas que les plaques normales, même les véhicules de l’administration sont concernés. Mais pour changer toutes ces failles dans notre système, il faut que tu aies un système qui puisse te permettre de produire rapidement des plaques d’immatriculation…Mais tu as un système qui est bloqué.

Votre Deadline Monsieur le Ministre !

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Nous nous donnons un (1) an. De juin 2023 à fin mai 2024, pour mettre en place un système d’immatriculation des véhicules qui soit stabilisé, parce que ce n’est pas simple. Dans trois (3) mois j’aurai stabilisé tout.

Mais ce système ne va pas avec des gens qui sont malins, pendant que vous avancez, ils vont tenter de bloquer avec des procès entre eux pour vous distraire, parce qu’ils veulent faire foirer une opération pilote.

Mais elle est tellement engagée que je ne vois pas comment on retourne à la case de départ. Voyant le nombre de véhicules qui circulent avec les nouvelles plaques en Côte d’Ivoire, comment tu recules ! Chacun a sa place dans le mode opératoire. Aujourd’hui avec le nouveau système, le nouveau mode opératoire, tu commets des infractions en Côte d’ivoire on t’attrape, en 48 ou 72 heures. Et c’est bon individuellement pour nous tous.

Et c’est ce qui rend un pays sûr. Donc les choses progressent. Et personne ne peut me distraire et m’éloigner de la légalité. Je suis très avancé et je ne peux pas reculer sur la question, des réformes, de la nouvelle plaque d’immatriculation en plexiglass. Pourquoi on fait la plaque d’immatriculation, mais c’est pour vous identifier ! Une identification biométrique. Une plaque infalsifiable. Il s’agit d’une question sécuritaire nationale.

 Avec l’ancien système, il y a des véhicules qui ont la même plaque, je répète. Tu vas chez un vendeur, tu veux un véhicule de telle marque et telle couleur, le concessionnaire ou l’importateur rentre dans sa base de donnée, s’il y a un véhicule identique, il copie la plaque, tu vas à Adjamé fabriquer la plaque, tu poses. Et voilà les dégâts !

La responsabilité du 2gE

 Durant quatre ans, nous avons multiplié les réunions sur ces questions avec 2GE, il n’y a pas eu de solution. Ils n’ont pas bougé. Après, qu’est-ce que les gens veulent que je fasse. Je lance un projet pilote pour mettre en place un système et puis les gens rentre dedans. Ce qu’il faut que les uns et les autres comprennent, la plaque d’immatriculation, c’est une concession de service public. Donc c’est à l’Etat de fixer les règles et dire, voilà, le service que je demande, le service que je veux concéder. Il me faut formuler le service.

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C’est moi l’Etat qui doit dire, ma plaque, c’est telle couleur, il doit y avoir telle chose, les caractères doivent être de telle taille, quand je mets un fond blanc c’est pour que les gens puissent les lire même la nuit…que la plaque ne soit pas dégradable et qu’on n’emmerde pas les gens tous les deux ans.

Quand on a posé on a posé et c’est fini. Mais c’est à l’Etat de dire, ce qu’il veut pour que la plaque ne s’efface pas, qu’elle soit lisible et sécurisée…

Il faut être aux standards internationaux avec des plaques à fond blanc. Les USA, l’UE, le Japon etc. partout, c’est adopté. Mais si tu as pris l’argent des gens il faut leur donner leurs plaques. Il y a 80 000 personnes qui ont payé et qui n’ont pas eu leurs plaques d’immatriculation avec 2GE. C’est tout cela que nous essayons de corriger. Tout le monde est en danger avec l’ancien système…

J’insiste, il faut être patriote à tous les postes et quel que soit le job que nous faisons. Même si vous êtes serveur dans un restaurant, parce que ce ne sera pas pour vous seulement, pas seulement pour vos pourvoir. Mais la personne qui vient dans votre pays ira avec la bonne image du pays et vous ne savez pas ce que cela rapporte en termes de gain touristique pour le pays. Et vous aurez indirectement fait que des gens viennent dans votre pays et qu’ils n’aillent pas ailleurs. Vous faites gagner la nation. C’est cela que je veux que nos frères comprennent.

Chacun dans ce qu’il fait doit avoir un petit minium de patriotisme. Ce n’est pas une affaire du Président, du Gouvernement, mais c’est chacun. C’est nous tous qui devrons faire avancer le pays. Regardez ce qui s’est passé avec la CAN 2023 réussie. Je vous assure que les vacances prochaines, ceux qui étaient là voudront revenir, ceux qui ont entendu tout ce qui a été fait et dit sur la Côte d’ivoire voudront venir découvrir ce pays. Nous aurons un pique de tourisme que nous n’avons pas eu ces dernières années grâce à la CAN patriotique et l’hospitalité. Et je suis persuadé que l’effet de la CAN va faire d’Abidjan et la Côte d’ivoire une grosse destination. Mais c’est la façon dont-ils ont été accueillis, la modernisation du pays, les gens voudront se promener… voilà !

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Et le pays ne peut pas être sécurisé si le transport n’est pas sécurisé. Si on peut cogner ou tuer quelqu’un et fuir et que l’Etat n’est pas en mesure de retrouver le responsable et faire droit à la victime, ce serait une défaillance de l’Etat.

L’auteur s’enfuit et on n’est pas capable de le retrouver parce qu’il n’y a pas de bases de données informatisée de l’immatriculation. Pour éviter tout çà, il faut que cette personne sache que si elle commet un délit, on va l’identifier et l’attraper. Donc elle ne fera pas ça. Travaillons pour les enfants de demain.

Je pense que c’est cela le sens de notre responsabilité, bâtir aujourd’hui et préparer demain. Il faut que le pays soit sécurisé. J’apprécie votre démarche à venir aux informations. Vous aurez plus de documentations avec le Dircab pour répondre à votre demande d’information, merci ». Fin de l’échange du ministre des Transport de Côte d’ivoire, monsieur Amadou Koné, le jeudi 29 février à Abidjan avec la rédaction de ‘’Le Debat Ivoirien’’.

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HERVE  MAKRE

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