Mairie de Yopougon : Samba David charge dans le litige en zone  industrielle avec « ARBNE 2’’

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La Coalition des Indignés de Côte d’Ivoire (CICI) organisations de la société civile a décidé de se prononcer dans le conflit foncier opposant l’Association des Résidents de Banco Nord Extension 2 (ARBNE 2) et la mairie de Yopougon. Son  coordinateur général David Samba, de son vrai nom Nicaise Douyou, pense que son organisation n’a pas démissionné dans la dénonciation de  l’injustice en Côte d’Ivoire. Suivez ses explications avec  LEDEBATIVOIRIEN

Votre structure a été informée du conflit foncier qui oppose les riverains du terrain des ferrailleurs de Yopougon-Zone industrielle et la mairie. Qu’en dites-vous ?

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Je confirme que nous avons été contactés par le secrétaire général de l’association des résidents du quartier Banco 2 Extension de Yopougon. Ils nous ont contactés par le biais de leur secrétaire général parce qu’ils savent que nous nous sommes toujours opposés aux accaparements des terrains. Et ce n’est pas le premier cas.

En tant que responsable d’organisation de la société civile, que pensez-vous du sujet ?

Ce phénomène d’accaparement de terrain est récurrent dans le pays depuis un certain nombre d’années. Je voudrais citer entre autres Adjamé Washington, Vridi-Cité Douane, Cocody Dinga et Gobelet, Treichville et Koumassi quartiers Houphouet Boigny 1 et 2 pour ne citer que ceux-là. D’abord pour la forme, la minière dont les déguerpissements sont faits ne respecte pas très souvent les normes.

Pour nous, il faut éviter de mener des actions de déguerpissement à certaines périodes comme la rentrée scolaire et en saison pluvieuse. Ensuite, il faut trouver où loger temporairement les populations impactées parce que tout compte fait ce sont des êtres humains souvent en situation défavorisée. Et enfin l’action de suivi doit se faire avec des  moyens d’accompagnement. Malheureusement en Côte d’Ivoire les autorités administratives ne tiennent pas compte des personnes défavorisées. Elles leur marchent dessus et les traitent de sous hommes. Et cela est impardonnable.

Pour le cas de Banco Nord Extension 2 de Yopougon, tout débute en 2021 où l’État de côte d’ivoire a engagé un vaste projet de régulation des lotissements non appliqués en vertu de la loi organique 2020-624 du 14 Août 2020. Et le quartier à l’instar de deux autres a été choisi pour la phase pilote sur une liste de 100 quartiers qui ont fait l’objet d’étude.

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Pour cela les riverains ont payé 3 millions comme contribution à la DTC pour les levés GPS et autres travaux techniques sur le terrain. C’est dans la suite des travaux que le ministère de la construction a demandé au maire de la commune de Yopougon d’ouvrir une enquête publique. Contre toute attente, le maire refuse et se met à faire détruire les maisons sous haute surveillance de la gendarmerie nationale et de la police : ce qui est déplorable.

Plusieurs riverains victimes de la situation en question et d’autres citoyens interrogés pensent que ‘votre structure a démissionné ou trie les combats pour les mener Quel est votre commentaire?

Votre question est très particulière et elle nécessite une réponse encore plus détaillée afin de permettre à chacun de situer les responsabilités dans la lutte sociale et le rôle d’une structure de la société civile.

D’abord, loin de nous lancer des fleurs, je peux dire aisément que nous (CICI) avons été parmi les premières structures de la société civile à faire des accaparements de terrains notre lutte. Et comme je l’ai dit, en 2013 nous nous sommes opposés farouchement au déguerpissement des habitants d’Adjamé Washington, parce que les arguments de zone à risque ne tenaient pas du tout étant donné qu’il n’y avait jamais d’éboulement de terre dans ce quartier. Et plus tard, nous avons eu raison puisqu’il y a une station Shell et un immeuble sur le terrain.

C’est le même cas pour l’ex quartier Gobelet de Cocody. Aujourd’hui des immeubles ont poussé sur l’espace dit à risque. Nous avons de façon bénévole décidé de défendre les libertés publiques et le respect des droits humains. Et tous nos déplacements étaient pris en charge par nous-mêmes. Aucun je dis bien aucun des riverains des quartiers ne nous soutenait dans les dépenses.

Ce qui va peut-être donner l’impression que nous trions les luttes, c’est si nous ne savons pas. Il faut le reconnaître, nous ne pouvons pas être informés de tout. Ce qui  me fait souvent pitié, c’est que les populations désespérées pensent que dès que nous sommes là, automatiquement la solution est trouvée. Mais non… non…

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Nous, en qualité de société civile, nous organisons avec les populations la lutte sociale et comme nous sommes plus ou moins suivis, nous faisons la communication afin d’alerter l’opinion publique des situations que vivent les populations dans une zone donnée.

Malheureusement les populations en difficultés ont tendance à abandonner le combat ou certains font allégeance à l’oppresseur parce qu’elles ne croient pas en la lutte. C’est d’ailleurs ce qui a encouragé les autorités à généraliser les accaparements. Elles ne trouvent pas de véritable résistance en face d’elles.

Les populations ne croient pas en leur force et la plupart ne connaissent pas leurs droits. Autre aspect qui complique la mission de la société civile en Côte d’Ivoire, c’est que l’oppresseur va faire croire aux populations en souffrance que ce sont les hommes de l’opposition qui viennent pour empêcher tel ou tel président de gouverner; et du coup, les sympathisants ou militants du parti politique au pouvoir qui bien qu’étant impactés comme les autres, vont se retirer et s’opposer à la résistance. Sinon, le CICI reste déterminé à jouer sa partition dans ce énième combat.

Votre message aux populations…                                                                                    

Et Si j’ai un message à l’endroit des populations et de la jeunesse, c’est de leur demander de s’intéresser aux débats publics et à la politique car c’est la politique qui décide de tout.

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DJIBRIL PARKER

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