Chefferie d’Abadjin Kouté-3 ans de palabres: voilà  pourquoi le retour à la paix souffre de manœuvres présumées du chef du village

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Divisés en trois clans depuis trois ans parce qu’ayant des avis divergents sur le choix du chef de leur village, Banan Calixte, les membres de la génération au pouvoir à Abadjin Kouté, les Tchagba, ont organisé une Assemblée générale extraordinaire, devant le palais dudit village, le samedi 27 janvier 2024. Une rencontre pour se réconcilier entre eux et par ricochet ramener la paix et la cohésion au sein du reste de la communauté villageoise. Mais seulement  voilà !

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Cette réconciliation bien accueillie par une majeure partie de la population de ladite localité, semble éphémère et sera guettée avec beaucoup d’intérêt par l’opinion publique. Ce, en fonction de constats et certaines informations recueillies sur place.

C’est trois ans de belligérance dans le village que ce processus de réconciliation intervient. A l’époque le choix du chef actuel avait créé la division au sein des membres de la génération au pouvoir (Tchagba). Le chef désigné par les Tchagba selon les us et coutumes en vigueur pour diriger le village était Aké Nimba Gervais mais pour finir c’est Djoman Banan Calixte qui a été imposé comme chef officiel par la génération sortante, c’est-à-dire les Dougbo.

Ce qu’en dit le secrétaire général

Interrogé pour avoir plus de détails sur l’événement, le secrétaire général de la génération Tchagba d’Abadjin Kouté, Mobio Nimba Charles, est revenu sur le contexte, les circonstances, le climat et les conditions dans lesquelles s’est tenue l’AG extraordinaire de cette génération au pouvoir.

« Le lundi dernier, le 22janvier 2024, le griot s’est exécuté en criant dans tout le village pour annoncer la nouvelle.  Alors qu’il devrait poursuivre cet exercice chaque jour jusqu’à la veille de l’Assemblée Générale en question, ce griot a cessé de véhiculer cette nouvelle dès le mardi suivant.

D’après le chef résident, c’est le chef du village, Djoman Banan Calixte qui aurait ordonné au crieur d’arrêter son action parce que, lui n’était pas informé en amont de la tenue d’une telle activité dans le village », a-t-il expliqué.

Et d’ajouter :

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« Au lieu d’être heureux de cette initiative engagée pour le retour à la paix et de l’accompagner, le chef du village a intimé au griot de crier hier vendredi pour demander à tous les membres de la génération Tchagba de se rendre dans le village voisin, Abadjin Doumé, aujourd’hui samedi, jour de notre rencontre de réconciliation; ce, prétextant que nous devons tous nous y rendre pour l’enterrement de l’aîné du ministre Laurent Tchagba.

Ce n’est pas par manque de compassion encore moins dans l’esprit de déshonorer la mémoire du défunt frère du ministre. Mais sauf que d’abord, nous ne sommes pas du même village. Et puis le chef n’est pas habilité à annuler ou reporter sans nous concerter cette AG extraordinaire initiée en faveur de l’union du village. Car il y a des voix de recours en la matière, des démarches que prescrivent nos us et coutumes en pareille circonstance ».

Poursuivant, Mobio Nimba Charles a fait savoir que la génération Tchagba sinon dans sa quasi-totalité n’a pas répondu à ce rendez-vous d’Abadjin Doumé et qu’ils se sont tous mobilisés au palais du village pour prendre part à l’AG extraordinaire de réconciliation.

Le secrétaire général de la génération au pouvoir a relevé d’autres difficultés rencontrées pendant l’organisation de la rencontre. « Le chef avait fait fermer la salle où la réunion devait initialement avoir lieu. Il a ordonné également aux différents points de location de chaises et bâches de ne pas nous livrer le matériel. Cela, visiblement, pour ne pas que la rencontre se tienne.

Nous sommes allés louer tous ce matériel pour créer le cadre devant le palais afin mener à bien notre activité » révèle-t-il.

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A cette occasion, les représentants des trois parties jadis divisées ont fait des discours matérialisant l’adhésion à l’union retrouvée. A travers une libation, les mânes des ancêtres du village ont été sollicités pour veiller au respect de cette nouvelle alliance scellée au sein des Tchagbas d’Abadjin Kouté.

A la suite de cela, une procession a été faite dans le village pour rendre public l’effectivité du retour de la paix. Les femmes sont sorties de tous les coins pour manifester leur joie par des cris et des chants de réjouissance.

Cette réconciliation est censée assurer le retour de la cohésion au sein de tous les villageois parce que la situation conflictuelle avait plongé tout le reste de la communauté dans un état de belligérance. A l’église, comme dans le reste du village, les clans s’étaient formés pour se braquer les uns contre les autres.

Selon les organisateurs :

Le sous-préfet de Songon, Seri Balé Jean Marc, a été informé de la tenue de l’événement via une convocation. Pour marquer son accord à ce processus de réconciliation, celui-ci s’est fait représenter par son assistant nommé Coulibaly Sirata pour à la fois le superviser.

Dans ce même élan de supervision, le commissaire de justice de cette génération Tchagba d’Abadjin Kouté, maître Assin Germain, a dit avoir lui aussi constaté la fermeture de la salle du palais où devrait initialement se tenir l’AG extraordinaire.

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Partant du fait que le chef officiel du village, Djoman Banan Calixte en tant qu’auxiliaire de l’administration a brillé de son absence sans se faire représenter à une activité ayant lieu sur son territoire quand bien même que le corps préfectoral était présent.

En plus de ce que cela ressemble à un boycott du président de la République, tout porte à croire que les accusations concernant ses manœuvre pour ne pas que la cérémonie de réconciliation se déroule sont fondées.

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DJIBRIL PARKER

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