La révolte des Députés Suppléants Ivoiriens-Exclusif : « Nous réclamons un Statut, des mesures spéciales d’urgence…»-le 1er vice-président du Conseil, AMANI Stane Evariste 

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Ils sont sans statut et pourtant élus de la nation. Représentants du peuple mais sans statut. Compréhensible ? Il est le  1er  Vice-Président du Conseil des Députés Suppléants de Côte d’Ivoire, Chargé des Relations Extérieures. L’élu AMANI STANE ÉVARISTE a été  élus depuis le 6 mars 2021 tout comme  l’ensemble dudit Conseil.

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« Nous continuons notre plaidoyer pour l’acquisition d’un STATUT », confie-t-il au micro de LE DEBAT IVOIRIEN devant  cette situation des plus incongrues, des députés suppléants en Côte d’ivoire.

Il n’envisage absolument plus se représenter dans  l’ombre d’un élu de la nation, en qualité de Députés Suppléant de Côte d’Ivoire, « pour vivre une situation d’humiliation et d’insatisfaction à laquelle il faut mettre un terme », lance-t-il. Dans la tête d’un élu révolté et bien  flaqué de titre de Député Suppléant en Côte d’Ivoire. Une menace de sit-in plane. Suivez..

LDI : Quelle est la situation du député suppléant aujourd’hui en Côte d’Ivoire ?

AMANI STANE ÉVARISTE : Merci de nous donner l’occasion d’en parler. Aujourd’hui en Côte d’Ivoire, la fonction de Député Suppléant n’est régie par aucun statut. Ainsi, le quotidien : juridique, civil et politique, de l’Élu suppléant est rythmé par de nombreuses difficultés découlant de la vacuité et du mutisme de la loi N°2004-495 sur son statut. Les suppléants sont, subséquemment, livrés à eux-mêmes.

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La loi qui encadre la suppléance ne prévoit ni prise en charge financière, sociale ni médicale pour le député suppléant. Le saviez-vous avant de vous engager dans l’élection? Si oui, pourquoi vous revendiquez ces avantages aujourd’hui ?

A.S.E : Oui, nous savions que cette loi ne prévoit rien pour l’Élu suppléant. Pourquoi revendiquons-nous aujourd’hui ? Nous répondrons à cette question sous deux axes principaux :

Premièrement, du point de vue légal, les dispositions imposent une double candidature aux élections législatives. En d’autres termes, tout dossier de candidature au poste de Député Titulaire qui n’est pas associé à un dossier de candidature au poste de Député Suppléant est irrecevable.

Vous conviendrez donc qu’en acceptant de candidater à la suppléance, malgré l’absence de statut clair, nous avons plutôt fait preuve de patriotisme pour permettre à notre pays d’être doté d’une Assemblée Nationale. Et nous pensons qu’après plus de dix ans de sacrifices, il est grand temps que l’État se penche sur notre situation.

Deuxièmement, la lutte des Députés Suppléants ne date pas d’aujourd’hui.  En effet, depuis l’entrée en vigueur de la loi sur la suppléance en 2011, les suppléants luttent pour l’amélioration de leurs conditions. Si l’on a l’impression que c’est maintenant que notre lutte a commencé, c’est justement parce qu’ayant beaucoup appris des péripéties de nos démarches précédentes, nous nous sommes davantage renforcés aux plans organisationnel et fonctionnel; toutes choses qui confèrent à nos activités leur notoriété actuelle.

Que réclament exactement les députés suppléants aujourd’hui à propos de leur situation?

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Les Députés Suppléants de Côte d’Ivoire réclament un cadre juridique et un statut qui emprunte des éléments à celui du Titulaire comme mentionné dans une résolution de l’Assemblée Parlementaire de la Francophonie dont est membre notre Pays.

Le Député Suppléant est, à ce jour, le seul Élu dépourvu de Statut en Côte d’Ivoire. Il faut très rapidement y remédier.

Quelles sont les actions menées par le Conseil des suppléants députés de Côte d’Ivoire auprès des autorités étatiques pour que la situation que vous décriez soit résolue ?

La première action menée par les Élus Suppléants est la création du Conseil des Suppléants Députés de Côte d’Ivoire (CSD-CI) qui regroupe l’ensemble des Députés Suppléants de la présente législature. Sous la bannière du CSD-CI, nous avons fait le tour des Institutions de la République et de certains Ministères à qui nous avons présenté notre plaidoyer et nos propositions.

Nous avons également animé une conférence de presse le Mercredi 13Avril 2022 dont la presse dans toutes ses composantes ne cesse de faire écho.

Est-ce que dans ce combat que vous menez, vous avez le soutien des députés titulaires? En d’autres termes, quels sont vos rapports avec les députés titulaires ?

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Bien sûr que nous avons le soutien des Députés Titulaires. Plusieurs nous encadrent et nous orientent. Et lors du dialogue politique national que nous continuons de saluer, l’ensemble des participants ont unanimement marqué leur accord pour la résolution rapide de la question des Élus Suppléants.

Au-delà des Titulaires, c’est donc tous les acteurs politiques et de la société civile qui trouvent pertinent notre plaidoyer et le soutiennent.

Est-ce que vous réclamez aujourd’hui une révision du code électoral ?

Bien entendu, notamment les dispositions relatives aux cas d’incompatibilité qui, à notre sens, doivent être élargis. Il faut par exemple que l’Élu Suppléant puisse siéger en cas de démission du Titulaire au lieu de recourir à l’organisation d’une élection partielle.

Récemment lors d’une conférence de presse  vous avez lancé un cri du cœur au président de la République. Qu’attendez-vous  exactement de lui?

Effectivement, nous avons lancé non seulement un appel du pied au Parlement, mais, surtout un cri du cœur à Son Excellence Monsieur le Président de la République. En adressant un cri du cœur au Chef de l’État qui est la plus haute autorité du pays, nous nous en remettons à ses pouvoirs exceptionnels, afin de nous faire bénéficier de mesures légales spéciales d’urgence. Nous attendons qu’il prenne la décision qui donne au Suppléant sa dignité et qui honore l’hémicycle.

LDI : A l’état actuel des faits, êtes-vous prêt, monsieur le député AMANI STANE ÉVARISTE  à vous  représenter comme suppléant après cette législature ?

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Absolument pas, si la situation que nous combattons et dénonçons ne change  pas. Car les Députés Suppléants de Côte d’Ivoire vivent une situation d’humiliation et d’insatisfaction à laquelle il faut mettre un terme.  

Mais vu que, depuis juin 2021, notre plaidoyer et toutes nos démarches ne connaissent pas de suite favorable, alors que  tous trouvent pertinent, nous projetons un sit-in à l’Assemblée Nationale dans les prochaines semaines, voire jours. Et là,  pour appeler l’attention sur la situation intenable que vivent les Députés Suppléants de Côte d’Ivoire.

Oui, la situation que vivent les députés suppléants n’est pas digne de notre pays. Il faut doter les députés suppléants d’un cadre juridique et leur accorder un statut. La Loi sur la suppléance n’est pas bonne; elle est incomplète,  elle est lacuneuse et opaque. Il faut la réviser.

Nous lançons un cri au Président de la république pour qu’il se penche sur la situation des députés suppléants. Les députés suppléants sont les seuls élus en Côte d’Ivoire à ne pas avoir de Statut. Notre plaidoyer est que le président de la république qui est la plus haute autorité du pays use de ses pouvoirs afin de faire bénéficier aux élus suppléants de mesures légales spéciales d’urgence.

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Il faut enfin faire droit au plaidoyer des députés suppléants en prenant en compte la résolution de l’assemblée parlementaire de la francophonie et les recommandations du dialogue politique national. Les députés suppléants de côte d’ivoire projettent un sit-in dans les tout prochains jours pour appeler l’attention sur la situation qu’ils vivent.

Je vous remercie pour cette interview qui contribue  à attirer l’attention du gouvernement et l’Assemblée nationale sur la situation des Députés Suppléants. Nous menons actuellement le combat  pour  le futur. D’autres après  nous devront jouir des prérogatives qu’offre le  poste d’élu de la nation, qu’est le Député suppléants, sans lequel le Député titulaire ne peut être élu au regard du code électoral. Il faut que cette situation change et  nous comptons sur  le regard bienveillant du Président de la République.

LDI : Merci  à  vous, le  1er  Vice-Président du Conseil des Députés Suppléants de Côte d’Ivoire, Chargé des Relations Extérieures.

Ledebativoirien.net

Par HERVE MAKRE


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